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Jean-Pierre Cantarel/ L'immobilier, le rugby et l'automobile. Un siècle des Cantarel
Publié dans La Gazette du Maroc le 24 - 04 - 2009

Leur grand oncle est arrivé à Casablanca en 1909, son grand père Lucien le rejoindra dès 1920. Et depuis un siècle, les Cantarel sont des Marocains à part entière. Jean-Pierre Cantarel, l'agent immobilier, le rugbymen et l'automobiliste, nous raconte cette belle aventure.
Comment la famille Cantarel a atterri au Maroc ?
Si son grand père Lucien Cantarel a débarqué à Casablanca en 1920 avec sa grand-mère, ils travaillaient dans la mine de Decazeville en France. Son grand oncle George, lui, était au Maroc depuis une dizaine d'années. Précisément en 1909, année de naissance du Roi libérateur Mohammed V. Du temps où le Maroc vivait sous l'ère du Sultan Moulay Hafid, trois années après la conférence d'Algésiras de 1906 qui se proposait d'imposer le colonialisme en Afrique et dans le monde arabe, et dans la foulée, des tractations qui conduiront trois années plus tard à la proclamation du protectorat français sur le Maroc. Les Cantarel et le Maroc, c'est donc une histoire d'amour qui boucle son premier siècle en cette année 2009. C'est d'ailleurs le grand père des Cantarel qui a découvert les mines de Phosphates de Khouribga ainsi que celles d'Imini dans la région de Ouarzazate et qui fournissait le plomb et le Cobalt. Un autre aspect qui fait des Cantarel une famille de pionniers des français du Maroc.
Au cours des premières années du protectorat, le Maréchal Lyautey, premier président français au Maroc, avait affecté le grand père Lucien Cantarel aux travaux du plan d'aménagement de la ville de Casablanca et qui comprend les principaux édifices qui font la gloire de la capitale économique : On citera notamment la Grande poste, la Wilaya de Casablanca, le tribunal, l'actuelle place Mohamed V et son quartier administratif, la Banque du Maroc et sans doute aussi le Théâtre de Casablanca ( aujourd'hui rasé et remplacé par un jardin public situé face à la Wilaya). C'était du temps des premiers bâtisseurs de Casablanca sous la houlette du célèbre architecte d'origine belge Proust, considéré alors comme l'un des meilleurs urbanistes du monde. Quant à la grand- mère Zélia, elle exerçait pour sa part dans les services du cadastre.
C'est ce qui explique dans une large mesure, l'orientation précoce de la famille Cantarel vers le secteur de l'immobilier. Ainsi, le grand père Lucien créa l'agence Immobilière Cantarel, dont le siège était d'abord situé au numéro 47 de la rue Nationale avant d'être transféré à la rue Tata ( ex-rue Poincaré ). Le Père de Jean Pierre Cantarel fut engagé dans les années cinquante, en tant qu'encaisseur d'immeubles qui leur avaient été confiés par des propriétaires français.
Le père Roger est né à Casablanca en 1926 et prendra dès les années cinquante, la suite de son père dans l'agence qu'il développa à travers des lotissements confiés par de riches propriétaires terriens marocains : les familles Cherradi à Khouribga, Sebti, Bennani-Smires, Sefrioui, le père de l'actuel patron d'Addoha, Tazi de Tanger etc.
Dans les années cinquante, ils développèrent l'agence à travers les lotissements, les gérances, les ventes de terrains et d'immeubles ( villas, fonds de commerce, etc… ). Dans les années 70 , l'ouverture sur d'autres villes du Maroc avec des agences régionales, notamment à El Jadida, Meknès, Marrakech , Tanger et Rabat. Puis il y a eu la création de lotissements balnéaires à Mohammèdia avec la fameuse SIESTA et dans la foulée d'autres projets dans le cadre du plan d'aménagement de Bine El Ouidane dans la région de Beni Mellal-Azilal avec l'acquisition d'une soixantaine d'hectares où sont édifiés aujourd'hui des villas et appartements.
Né à Casablanca en 1947, Jean Pierre Cantarel ne sera pas seul. Avec son frère Gérard né en 1948 ils collaborent aussi avec leur père pour assurer l'extension de l'agence. Mais avant d'en arriver là, Jean Pierre était un Casablancais de la belle époque. Après avoir fait ses études au Lycée Lyautey, il part en France poursuivre des études supérieures commerciales à l'Ecole des cadres spécialisée dans l'immobilier. «A notre retour de France, se rappelle encore Jean Pierre» Cantarel, mon père nous a pris , mon frère et moi, sous sa coupe, avec notre mère née en 1928 à Bordeaux et nous avons continué à développer l'agence.
L'immobilier et le sport
D'abord à travers le sport, puisque le père Roger Cantarel était aussi pratiquant assidu du Rugby et président de la section Rugby du Racing Universitaire de Casablanca, une section pionnière dont la création remonte à l'année 1929. Son fils Jean Pierre se retrouvera sur un terrain de Rugby dès l'âge de dix ans et n'a vraiment pris sa retraite qu'à l'âge de 35 ans. Le Père Cantarel était fondateur de la section Rugby du RUC avec le précieux concours de M. Raoul Juet et Abdallah El Glaoui. «Le Rugby, se rappelle J.P Cantarel , était à cette époque la première section sportive du club du RUC, bien avant le Tennis, l'Athlétisme, l'Aviron , le Hockey et l'Haltérophilie. Cantarel est passé à la tête du RUC Rugby, son fils Jean pierre était joueur, et c'est naturellement qu'il lui succédera à la présidence du club comme à la direction de l'agence. Une section dont il demeure jusqu'à aujourd'hui le président d'honneur.
Mais pourquoi pratiquer le Rugby dans un pays où le Football a toujours été le sport Roi ? Jean Pierre Cantarel rappelle à cet égard que ce sont les militaires français qui ont introduit le Rugby au Maroc. Des clubs étaient nés dès les premières années du protectorat notamment à Marrakech, Safi, Khouribga, Rabat, Tanger, Kénitra , Fès et Oujda.
Une famille de sportifs
Autre détail d'importance, «c'est mon grand père maternel, dit-il, Edouard Dexidour, qui a initié mon père au Rugby. C'était juste après le mariage de mes parents. Et il était lui-même arbitre international de Rugby. Il a eu trois fils tous nés au Maroc : André , Bernard et Claude et qui ont tous porté le maillot de l'équipe nationale marocaine de Rugby tout au long des années 60 et 70, aux côtés d'autres français de nationalité et marocains d'adoption à l'image des Tarrusson, Jannik, Cambrera etc».
Tout cela sans compter l'un de ses oncles Claude, qui a pratiqué l'Athlétisme aux cotés de grandes personnalités marocaines de la trempe du Général Housni Benslimane ou encore le commissaire Ali Belkacem ancien préfet de Casablanca, qui, lui, était champion du Maroc du 400 mètres haies. Bernard l'autre beau frère avait aussi été nommé par feu le Général Abdelkader Loubaris instructeur parachutiste de l'équipe des FAR, du temps où la section Football des FAR était entrainée par un certain Guy Cluseau. La passion des sports mécaniques va prendre Jean Pierre Cantarel juste après son mariage avec Mathilde Geraerts, belge née au Maroc en 1946 et grâce surtout à son frère Carlo qui va l'initier aux sports mécaniques dès 1975. Une période marquée par l'organisation de plusieurs manifestations automobiles dont notamment le Rallye du Maroc, le Rallye de l'Atlas et les différents circuits qu'on organisait notamment à Bouskoura, Benslimane, Nouasseur. J.P. Cantarel se rappelle encore qu'il avait commencé avec une SIMCA 1000 Rallye 1 qu'il avait achetée à 11 950 DH avant de passer à l'Austin, Coopper, et la BMW puisque son beau père était aussi importateur de voitures BMW au Maroc chez Univers Motors. Puis il passera de l'automobile à la moto en participant aux différents Enduro dès les années 90. Comment cela est arrivé ? Nommé trésorier général de la section des sports automobiles du RUC qui englobe l'automobile, le motocyclisme, le Karting et le jet Ski , il parvient avec le concours de Mohamed Melhaoui qui était président de la fédération et feu Omar Benomar a animer ce sport mécanique tout au long des années 70.
La famille Cantarel qui croit en le Maroc
Aujourd'hui Jean Pierre Cantarel a trois enfants, les jumeaux Stéphane et Robert nés en 1972 et Charlotte née en 1977.
Il y a aussi celle qui assure aujourd'hui la gestion de l'agence Cantarel : la fille de son frère, Elodie qui n'a pas encore 25 ans. La progéniture des Cantarel est donc là pour continuer l‘œuvre des pionniers. Robert est marié à une marocaine et il a un enfant, Stéphane est marié à une Colombienne et il a aussi un enfant. Quant à Charlotte, elle est mariée à un belgo- italien et attend son premier enfant dans quelques mois inchallah !
Robert travaille sur les articles de cadeau, Charlotte est dans l'ameublement et la décoration, alors que Stéphane vit depuis 12 années à Miami aux Etats-Unis où il travaille chez Mc Donalds. Et puisqu'on parle de suite, les fils de J P Cantarel, Robert a aussi pris sa succession dans les sports mécaniques. «J'ai décidé de me retirer depuis qu'il a pris sur moi 2 secondes au tour dans un circuit à Meknès». Croyez-vous au Maroc ?
«Oui , nous en tant qu'investisseurs, nous avons entièrement fait confiance à ce pays qui nous a beaucoup apporté et où nous sommes considérés comme des marocains à part entière. Ce que nous regrettons, c'est qu'à ce jour, le passeport marocain ne nous a pas encore été accordé. Nous croyons toujours au Maroc , car c'est notre pays d'adoption malgré les périodes difficiles que nous avons passées en 1978 lorsque le Dahir de la marocanisation est entré en vigueur». n


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