Le petit fils d'Elvis Presley se suicide    Vols spéciaux : Des tarifs fixes pour la RAM    Pour un soutien gouvernemental juste et équitable à la presse    Report des cérémonies prévues à l'occasion de la fête du Trône    Maroc: le taux de réussite au Bac 2020 est de...    Un juriste japonais tire à boulets rouges sur le polisario    Casablanca à 2M ou l'homicide d'une cité    Rassemblement des artistes autour de «L'art pour l'espoir»    Serie A: l'Atalanta n'en finit plus de régaler    Mali: Un imam rigoriste fait trembler le pouvoir    Quelques réflexions pour une rentrée réussie    Comment booster son système immunitaire    Les plages: ces bombes à retardement?    Vacances. Le soleil c'est bon mais ça peut être dangereux    M2M décroche un marché à Casablanca    Nasser Bourita revient sur les accusations d'Amnesty International    Message du roi Mohammed VI au sultan de Brunei Darussalam    PAM-PJD. Un débat qui risque de mal finir    Aïd Al-Adha: voici le prix du mouton cette année (VIDEOS)    Tourisme : 16 milliards de DH pour relancer le secteur    Aïd Al-Adha : Les préparatifs dans le respect des exigences sanitaires    Urbanisme. La destruction du patrimoine se poursuit    Coronavirus : les autocars bientôt autorisés à transporter jusqu'à 75% de leur capacité    Coronavirus : Chakib Alj appelle les entreprises à plus de vigilance [Courrier]    La deuxième Chambre est dominée par l'opposition : Le PLFR à l'épreuve du feu des conseillers    Coronavirus au Maroc-Situation à 10h: 84 nouveaux cas, 16.181 au total    Chelsea. Une victoire signée Giroud    Covid-19: ce qu'il faut retenir de la réunion Laftit/CGEM    Syndrome de Tanger    Espagne: Arrestation de deux présumés terroristes algériens    Explications    Netflix dévoile les coulisses du tournage de "The Old Guard" à Marrakech    Nouveau programme de diffusion de longs métrages marocains sur le site web du CCM    La famille Travolta en deuil    Retour sur six années de procédure    Les canoë-kayaks reprennent de plus belle au Bouregreg    Stage de l'EN de futsal au Complexe Mohammed VI de football    Le Maroc reconduit à la vice-présidence du comité exécutif du Centre Nord-Sud    Tenue de 362 procès à distance en moins d'une semaine    La Turquie et le monde arabe    Sous conditions : Rentrer au Maroc ou en sortir, c'est possible    Driss Lachguar : Il est grand temps de mettre fin aux agissements électoralistes afin de doter les consultations électorales de la crédibilité nécessaire    France post-Covid-19: Macron décline les priorités de son plan de relance    Liga: le Real Madrid se rapproche du sacre    L'émergence du cinéma digital    Remaniement ministériel en Tunisie    Foot. Le Real se rapproche du titre    Jim Ratcliffe, le milliardaire britannique qui veut s'offrir l'usine Daimler de Moselle    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Regards croisés : A travers deux portes…ouvertes
Publié dans La Gazette du Maroc le 24 - 07 - 2009


À 7 heures et demie du matin, un mardi de ce mois
de juin, un citadin était attablé dans un glacier quelque
part sur le boulevard Mohammed V…
Deux policiers de la circulation prenaient leur petit-déjeuner, casquettes ôtées, à 10 DH : café crème, croissant, jus d'orange et un verre d'eau fraîche. La ville ne se réveillait pas seulement, elle grouillait à cette heure-ci. Les taxis blancs ont déjà déversé les banlieusards par dizaines, devant les portes ouvertes du glacier, d'où les policiers constataient, mais se nourrissaient, ces mêmes taxis qui rechargeaient « des fournées » en partance pour les unités des quartiers industriels. C'étaient des ouvriers et employés qui faisaient escale au centre pour rejoindre l'autre bout de la ville. En face, en arrière plan, l'assistante de la Grande Pharmacie Commerciale levait les rideaux, heureusement pour ses minces bras, électriques. Le camion des Brasseries du Maroc déchargeait les caisses de bières qui allaient être ingurgitées dans la journée par les assoiffés d'une ville en bouillonnement, Casablanca.
Coupe ces regards croisés, un journaliste alourdi par sa sacoche débordante, ses années de scribouillages, ses déceptions quant à un environnement sciemment déséquilibré. Les femmes aux pantalons serrés s'assuraient des rondeurs de leur corps à travers les reflets du verre.
Une fois la place libérée, un couple est arrivé. Le garçon chétif et mal habillé ; la femme vulgairement maquillée. Le citadin n'avait pas besoin de beaucoup de matières, grises ou colorées, pour comprendre les gesticulations de cette femme vulgaire. Elle ne se contentait pas de ce qu'il lui a donné. Sur ses lèvres, il lisait : « Je n'ai pas de quoi aller à la maison ». Le garçon tenait ses sous dans sa poche qu'il gardait avec sa main droite. Il a fini par céder et ce qu'il lui a tendu lui a fait revenir son sourire qui laissait apparaître une vilaine dentition. Le soleil commençait à faire son effet et les émissions des pots d'échappement, surtout des autobus, amplifiaient l'effet de serre en cette matinée de juin. Les plus sensibles, pour traverser cette artère, se bouchaient les narines… Pour beaucoup de Casablancais, le CO2 est le deuxième plat du jour. Toujours ouvertes, les portes du glacier éjectaient les regards croisés des oisifs qu'elles récompensaient avec des bouffées d'air empoisonné.
Le citadin décida alors de se prendre un petit moment de repos. Tous ces va-et-vient le fatiguaient. Il se réfugia dans un autre glacier sans portes ouvertes pour éviter les regards croisés. Le temps de s'asseoir et de faire appel au serveur, qu'un clochard pénètre dans le local et interpelle celui-ci. Vu la canicule qui s'est abattue sur la capitale économique pendant ces trois jours, le clochard avait soif et exigeait qu'on lui serve un verre d'eau fraîche. Sauf que le gars en question n'y est pas allé de main morte. Il voulait son eau et criait pour l'avoir. Sur ce, notre citadin n'a même pas eu le temps de se rafraîchir, plutôt la mémoire qu'autre chose. Le spectacle des regards croisés a fait irruption dans son environnement sans les deux portes ouvertes.
Le Casablancais, en fait, est quotidiennement celui-ci. Heureux qui comme ceux qui s'enferment au prix cher dans un monde où il n'y a ni mendiants ni clochards, ni taxi blanc ni reflet de verre.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.