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C'est à y perdre le Nord…
Publié dans La Gazette du Maroc le 15 - 03 - 2004


Affaire Erramach
On va de surprise en surprise. Le mercredi 10 mars courant aura été le début d'un autre feuilleton de la série burlesque Erramach and Co.
Cette fois-ci, la Cour spéciale de justice de Rabat, qui a finalement vu l'ombre de Mounir défiler dans son enceinte après deux semaines d'absence litigieuse, a clairement signifié que la police s'était
“trompée” dans ses enquêtes. Un rejet pur et simple des procès-verbaux vient sceller le sort d'un procès kafkaïen dont on ne pouvait prévoir l'épilogue. Retour sur une séance fantastique où la stupéfaction le disputait à l'invraisemblable.
Depuis ses débuts, l'affaire Erramach n'a pas arrêté de perdre le pôle. C'est à n'y rien comprendre. Dernier fait marquant : la justice, cette semaine, ne croit plus en la police. Aussi simple et sans appel. “Une affaire folle” comme le laissaient entendre plusieurs spécialistes du dossier ce 10 mars à Rabat. De séance en séance, l'affaire Mounir Erramach et compagnie prend des allures pour le moins imprévisibles. La justice semble suivre des tournants et des tournures tout aussi rocambolesques et inédites que l'est ce dossier dont le maître-mot restera les multiples rebondissements qui s'enchaînent. Comme l'a souligné un autre analyste, certaines affaires juridiques ressemblent à des coups d'essai, pour comprendre jusqu'où la justice peut aller et ce qu'elle peut bien dénicher au fond du trou. Mounir Erramach était sous le coup d'autres inculpations, d'autres sentences par le passé qui sont passées inaperçues durant des années et qui avaient finalement été jetées aux oubliettes. Des inculpations et des sentences qui ne figuraient pas dans les procès-verbaux de la police présentés à partir d'août 2003 au moment où ce dossier avait éclaté au grand jour.
Les 10 ans oubliés
Comment et pourquoi ? Selon le parquet, qui tente de justifier le comportement de la justice de ces deux dernières semaines et sa décision d'envoyer à Tétouan Erramach et deux autres prévenus, une vieille affaire de drogue avait été jugée, il y a des années par contumace en prévoyant dix années de prison pour Erramach, demeuré introuvable à l'époque.
Selon le parquet, cette sentence était restée dans les tiroirs de l'administration du tribunal de Tétouan et n'avait jamais été révélée, ni soumise aux autres instances juridiques.
Erramach était invisible aux policiers et juges chargés de cette étrange affaire qui vient à point nommé, bien qu'il ait continué à vivre durant ces dernières années entre Tétouan et Sebta, à fréquenter ses lieux habituels et surtout à investir sur la côte tétouanaise en achetant biens immobiliers, sociétés et autres négoces qui permettaient le blanchiment d'argent.
Et Erramach devient
baron de la drogue
Donc, le sort de Mounir Erramach est scellé et il devra maintenant répondre de trois affaires : cette première condamnation de dix ans, l'affaire de drogue et de tentative de meurtre en août 2003, enfin celle de corruption qui le lie à de hauts responsables de l'autorité et de la justice. Des sources proches du dossier affirment que plusieurs autres vieilles affaires juridiques, dont Mounir Erramach est le principal accusé, viendront bientôt alimenter les thèses de la justice pour enfoncer encore plus le prévenu. Mais cette ancienne affaire et le jugement de dix ans de prison ferme seront rejetés par la défense de Mounir Erramach, comme le permet la loi, et un nouveau procès devra commencer à Tétouan. Par ailleurs, comme le stipule cette même loi, Mounir Erramach connaîtra une seule condamnation à la fin des trois procès, la plus longue d'entre elles.
Si Mounir Erramach et son compagnon El Néné ont pu revenir au bercail (Rabat qui les attendait depuis ce fameux matin où ils étaient embarqués pour un autre tribunal), mercredi 10 mars courant, après deux semaines d'escapade pour être jugés devant le tribunal de première instance de Tétouan pour d'autres affaires, c'est pour assister à un procès qui vire à 180° à chaque nouvelle étape de sa progression depuis son ouverture. Et pour cause, après le charivari provoqué par les avocats qui avaient accusé ouvertement la justice de manquement au devoir national durant les dernières semaines, voilà que le torrent se calme et que les eaux deviennent plus sereines pour la défense. Le forcing n'a plus de raison d'être dans l'enceinte de la Cour spéciale et celle du parquet.
Première grosse surprise de la matinée, ce mercredi 10 mars, alors que personne ne s'y attendait, le juge chargé du dossier annonce que les procès-verbaux des principaux accusés dans le dossier de corruption ne seront pas pris en compte par le tribunal. Ce qui veut dire tout simplement que le parquet a considéré que désormais ils sont non recevables. En un mot : dorénavant ce qui sera pris en compte relèverait uniquement des preuves concrètes que détient le parquet, comme les relevés bancaires, la liste des numéros de téléphone des prévenus et certains témoignages concordants qui pourraient charger les accusés. D'un autre côté, cela équivaudrait à une manœuvre tactique du parquet qui ne laisserait plus d'arguments à la défense basés en partie sur les récusions des procès-verbaux de la police. Quoi qu'il en soit cette nouvelle donne laisse présager de l'avenir du dossier Erramach. Maintenant, nous nous acheminons petit à petit vers un isolement du principal accusé, Mounir, dont l'évolution des dossiers se fera séparément des autres inculpés. Preuve en est, après les charges tonitruantes du parquet, le voilà qui décide d'accorder la liberté provisoire à quatre nouveaux détenus, après ceux remis en liberté ces derniers mois, complétant une liste qui inclut des hommes d'affaires et des responsables du pouvoir et de la justice. Erramach, le “baron de la drogue”, devra faire avec sa nouvelle identité gagnée depuis cette mystérieuse sentence de dix ans qui lui colle désormais à la peau.
Dans ce tumulte de va-et-vient incessant, il paraît très clair que le parquet peut reculer en avançant et produire des preuves qui ne seront pas prises en compte par la justice. Ou l'inverse selon l'évolution du procès et le bon vouloir du déroulement des faits entre hier et aujourd'hui. C'est dire qu'un pas en avant peut ramener une société à trois pas en arrière, en la privant du plus précieux, à savoir la conviction du vrai ou l'acheminement vers ce dernier. Car au-delà de toute cette affaire qui semble tenir toute la société marocaine en haleine, après un tapage médiatique somme toute voulu, c'est l'avenir de la justice, de son sens de l'équité et du discernement qui est en jeu. Que l'on donne une leçon d'assainissement ou que l'on voue ledit dit baron de la drogue à l'échafaud, l'opinion publique marocaine n'oubliera pas de sitôt toutes ces manœuvres qui l'ont déroutées à défaut d'un procès clair et sans trop d'ambiguïté.
Erramach était invisible aux policiers et juges chargés de cette étrange affaire qui vient à point nommé, bien qu'il ait continué à vivre durant ces dernières années entre Tétouan et Sebta, à fréquenter ses lieux habituels et surtout à investir sur la côte tétouanaise en achetant biens immobiliers, sociétés et autres négoces qui permettaient le blanchiment d'argent.


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