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Les barons marocains impliqués
Publié dans La Gazette du Maroc le 11 - 04 - 2005


Affaire de blanchiment d'argent en Espagne
L'affaire de blanchiment d'argent qui a éclaté en Espagne livre ses secrets. Parmi les personnes interpellées, figurent également de gros narcotrafiquants marocains. Il s'agit de Hicham Harbouli, Abdelouahed El Achkar Mohamed, Bel Kébir, Chérif Belouidane, Larbi Galoune et Mohamed Echeeri. Alors que certains ont été mis hors d'état de nuire, d'autres ont levé l'ancre pour d'autres destinations.
C'est une grosse histoire à tiroirs. Qui commence par une banale affaire de crime organisé pour se transformer en un démantèlement d'un réseau international de blanchiment d'argent dont les connexions remontent jusqu'aux gros bonnets de la drogue au Maroc.
Une dangereuse mafia, qui compte parmi ses membres des barons de drogue marocains à la fortune considérable, neutralisée au sud de l'Espagne. Tout a démarré avec l'arrestation, au début de mois de mars dernier, de l'avocat chilien Fernando Del Valle, à la Costa Del Sol, au sud d'Espagne, qui a tout déballé. Ses aveux ont conduit les enquêteurs sur les traces de plus gros poissons.
S'ensuit alors une vague d'interpellations de gros délinquants économiques de "malversateurs" et autres trafiquants de haut vol qui ont trouvé refuge en Espagne. Des Russes, des Ukrainiens, des Finlandais, des Français, des Espagnols et des Marocains qui donnaient l'insomnie à plusieurs polices européennes.
L'affaire avait comme code, un nom : "baleine blanche" et avait permis de mettre la main sur une quarantaine de criminels en cols blancs impliqués dans le trafic de drogue, la prostitution, l'extorsion de fonds et la vente d'armes. Un coup spectaculaire jamais réalisé en Europe, puisqu'il a permis de mettre la main sur une grosse fortune estimée par la police espagnole à 250 millions d'Euros. Le pactole comprend également 250 immeubles, saisis, ainsi que des voitures de luxe, des yachts, des avions, des œuvres d'art, des bijoux et de l'argent liquide. Les premiers éléments de l'enquête prouvent tout d'abord qu'on est en face de plusieurs réseaux qui fonctionnent en "cellules" pour faire blanchir des fonds d'origine mafieuse et les investir dans le secteur de l'immobilier ou le luxe sans laisser aucune trace. Ces colossales sommes d'argent transitaient par des paradis fiscaux - Luxembourg, Ïle de Man, Gibraltar, Andorre... - par le biais de quelque 500 sociétés écran, pour atterrir dans la région de Marbella.
Celui par qui le scandale arrive
Au fur et à mesure que l'enquête avance, on voit apparaître des noms de dangereux barons de la drogue marocains exilés à la Costa del Sol, la terre de prédilection des mafieux et autres richissimes criminels au col blanc.
Dans ce réseau figure un bon nombre de barons de drogue, une dizaine à peu près, dont certains ont été arrêtés et présentés au juge d'instruction du tribunal de Marbella, Miguel Torres Segura, qui a ordonné immédiatement leur incarcération. Il s'agit de Hicham Harbouli, condamné à perpétuité au Maroc, Abdelouahed El Achkar (alias Bounitou ) et Mohamed Bel Kébir ( alias Sehfoud ). Le magistrat a également lancé des avis de recherche à l'encontre de Chérif Belouidane, Larbi Galoune et Mohamed Echeeri. Tous de la nationalité espagnole et détiennent de multiples résidences et quelques sociétés écrans à la Costa Del Sol où ils fréquentent la "haute société" locale.
Tout d'abord Hicham Harbouli. Celui par qui le scandale est arrivé de l'affaire du baron du nord, Mounir Erramch, condamné en 2004 à 20 ans de prison. En cavale en Espagne depuis l'éclatement de cette affaire, Hicham Harbouli a été finalement rattrapé par la malédiction de la drogue. Sa dernière nuit au Maroc remonte à la première semaine du mois d'août 2003. Lorsque les membres de son gang se sont pris à la bande de Mounir Erramach, dans une boîte de nuit de Kabila au nord du Maroc. Les deux gangs en sont venus aux mains, puis un affrontement à l'arme blanche, pour se disputer les faveurs d'une strip-teaseuse qui dansait dans le cabaret. L'incident s'est compliqué davantage lorsque les personnes blessées dans la rixe et transportées à l'hôpital, ont été rejointes par des membres du gang adverse qui projetaient de les achever. Harbouli a été effleuré par une balle à la tête, mais après une courte hospitalisation à la clinique Rif de Tétouan, il prendra la fuite vers l'Espagne, au lendemain de l'incident.
Faux passeports et armes à feu
C'est ainsi que cet incident a pu mettre à nu les ramifications d'un réseau de trafic de drogue bien organisé qui opérait à partir du nord du Maroc vers l'autre rive méditerranéenne. Fort de ses appuis au Maroc, Hicham Harbouli s'est arrangé pour ne plus émarger à Tétouan ou à Tanger, se contentant de donner des ordres par téléphone et se chargeant d'organiser un trafic qui prenait pour point de départ les deux présides Sebta et Mellilia. Et pour ce faire, le petit parrain avait non seulement réussi à mettre sur pied un réseau qui fonctionnait comme une machine bien huilée, mais en plus il s'appuyait sur la complicité sonnante et trébuchante des autorités aussi bien espagnole que marocaine.
Au moment de son arrestation à Marbella, les limiers espagnols ont trouvé dans son appartement 2,5 millions d'euros, un pistolet automatique "Brita", de faux passeports marocains et espagnols. Les deux autres barons de la drogue, Abdelouahed El Achkar et Mohamed Bel Kébir, ne sont pas des inconnues du bataillon. Plusieurs fois en prison, les deux narcotrafiquants font aussi l'objet de plusieurs avis de recherches lancés à leur encontre par les autorités marocaines. De là où ils sont, ils tiraient les ficelles d'un réseau international de trafic de drogue, haschich, cocaïne, ecstasy, qui inondait toute l'Europe. À leur tour, et au moment de leur interpellation, ils étaient en possession de plusieurs millions d'euros (9 millions à peu près ), de faux passeports et des armes à feu. Les autres Marocains cités dans l'affaire "Baleine blanche", qui semblent inconnus au bataillon, ont levé l'ancre pour une destination secrète juste après l' éclatement de l'affaire.
C'est le cas de Chérif Belouidane qui est l'un des derniers barons les plus puissants de la ville de Tanger. Si puissant qu'il roulait en Mercedes dernier cri au vu et au su de tout le monde alors que toutes les polices nationales et internationales étaient à sa recherche.
Commerce juteux
Chérif Belouidane n'est tout autre que le fameux promoteur immobilier qui a réussi à acheter et détruire le conservatoire national de musique de Tanger, une œuvre architecturale et culturelle de premier ordre.
Tout Tanger, société civile comprise, avait pourtant multiplié les protestations et manifestations publiques pour empêcher la démolition du monument. Il semble que Chérif Belouidane ait le bras trop long et le chéquier particulièrement bien garni. C'est le cas aussi de Mohamed Echeeri, originaire de la ville de Tétouan, un baron incontesté ayant pignon sur rue, aussi bien à Marbella qu'à Cabo Négro.
La nationalité espagnole acquise, il circulait librement jusqu'à une date très récente, entre Tétouan et Marbella avec un pied-à-terre à Sebta.
Trafic de drogue, caisses noires, renseignement, trafic d'armes, les barons de la drogue impliqués dans l'affaire "Baleine blanche" ne sont pas uniquement des passeurs de joints à la demande. Ce sont de gros poissons qui gèrent des fortunes grâce au trafic de la drogue.
Un commerce de cannabis particulièrement juteux qui nécessite forcément une vaste machine de blanchiment d'argent sale. Et c'est justement là où intervient le fameux réseau de la Costa Del Sol démantelé au début de mois de mars 2005.


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