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Les youtubeurs marocains : Questions à Mustapha El Fekkak, Alias Swinga, youtubeur et créateur de séries web
Publié dans La Vie éco le 13 - 09 - 2017


On ne peut pas gagner sa vie avec Youtube»
La Vie éco : Pourquoi avoir choisi comme nom professionnel Swinga ?
C'est un nom qui a un rapport avec le cirque. Car en plus du podcast, je suis également diplômé des arts du cirque. Swinga est un mouvement qui a été inventé par le cirque traditionnel de Marrakech. En adoptant ce mot, je voulais également rendre hommage à cette grande tradition du cirque de Marrakech qui a influencé le cirque mondial.
Racontez-nous votre aventure avec Internet et Youtube en particulier ?
J'étais tout le temps passionné par la production artistique. Internet s'est avéré être le support de ceux qui n'ont pas de support. Internet, et donc Facebook, Youtube... nous ont permis d'exposer gratuitement notre production artistique. Une création qui n'avait pas droit de cité dans les supports classiques que sont les télévisions nationales.
Quels sont vos chaînes sur Youtube ?
J'ai commencé en 2012 par lancer une première série sur Youtube, Hormoz, une sorte de parodie sérieuse de l'histoire. C'était mes premiers pas dans la vidéo sur le web. Je suis une personne qui s'est formée sur le tard. Un pur autodidacte de la vidéo. Là encore, Internet, avec tous les modules que l'on peut consulter, a été pour moi une école. En 2013, avec Abdellah Abujad, nous avons lancé trois autres séries autour de l'éducation. Puis après, j'ai mis en ligne la série «Aji Tafham», afin d'expliquer à mes abonnés des événements comme les élections communales, la COP 22. Une série qui a eu un grand succès. C'est ainsi que j'ai commencé à avoir des offres. En 2015, j'ai créé ma propre structure de création de contenu internet. Je compte actuellement parmi mes clients des ministères, l'Union européenne, des entreprises privées...
Peut-on dire que l'on assiste au Maroc aujourd'hui à un phénomène Youtube comme en France ou aux Etats-Unis ?
La consommation des vidéos sur Youtube au Maroc est importante. Mais, en termes de production, nous sommes encore à la traîne si on se compare à des pays occidentaux. Parce que la production, c'est de l'argent. Au Maroc, on a des youtubeurs qui sortent un contenu de bonne qualité. Mais la technicité reste modeste.
Est-ce qu'on peut vivre et gagner sa vie de Youtube ?
Non, on ne peut pas vivre seulement de Youtube. Pour toute ma production vidéo, je n'ai reçu que 10 000 DH de la part de Youtube. Alors que ma série «Aji Tfham» a enregistré 4 millions de vues et 139 000 abonnés. Le problème réside dans les sponsors qui n'ont pas encore misé sur Youtube et passent encore par les canaux classiques. Puis il y a aussi l'usage de la langue : la darija nous cantonne au seul marché marocain. Par contre, Youtube peut être une vitrine qui permet de se faire connaître. En cela, ce canal peut te permettre de gagner indirectement ta vie.
Quel conseil donner à tous ces jeunes qui veulent faire de Youtube leur avenir ?
Il faut être original, ne pas se limiter à imiter les autres. Oser des risques artistiques, s'armer de patience et être à jour avec la technique.


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