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Textile : les exportateurs vers la Grande-Bretagne au bord de l'asphyxie
Publié dans La Vie éco le 18 - 04 - 2008

La dépréciation de la livre sterling a porté un coup dur à leur rentabilité.
Plusieurs entreprises sont à l'arrêt et celles qui font face à la crise sont obligées de réduire le temps de travail et les effectifs.
Pour compenser, elles se tournent vers la France, mais il faudra du temps pour rattraper les pertes…
Les temps sont durs pour les entreprises textiles de la région de Rabat-Salé. Tous les opérateurs qualifient la situation de catastrophique. Baisse du chiffre d'affaires, absence de commandes, réduction du personnel et du temps de travail. Pire, plusieurs entreprises ont arrêté leur activité ou sont en passe de le faire.
Le nombre d'unités qui ont fermé n'est pas communiqué, mais à l'antenne rbatie de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith), on précise qu'elles «sont nombreuses et il s'agit notamment d'entreprises structurées et qui ont joué le rôle de locomotive dans le développement des exportations sur le marché britannique».
Si les industriels préfèrent rester discrets sur le nombre des unités à l'arrêt, ils n'hésitent cependant pas à déclarer que «pour continuer à tourner, certaines entreprises ont procédé à des réductions de leurs effectifs et plusieurs d'entre elles ne travaillent qu'en demi-journée».
Comment les textiliens de Rabat-Salé en sont-ils arrivés là ?
A l'origine de cette crise, la dépréciation de 14% de la livre sterling par rapport au dirham sur les six derniers mois. Aujourd'hui, la livre sterling est à 14,30 DH contre 16,70 DH en septembre 2007. Une baisse qui a frappé de plein fouet des entreprises textiles, et en particulier les unités implantées dans la région Rabat-Salé qui travaillent, depuis plus de 20 ans, avec des donneurs d'ordre britanniques. Ces entreprises exportent aussi vers d'autres marchés, notamment la France, mais dans une moindre mesure, et vers les USA depuis l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange entre les deux pays. Mais leur débouché principal, en raison d'une segmentation des exportations textiles, demeure le marché britannique sur lequel a été réalisé un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dirhams en 2007. Un chiffre qui a enregistré, selon l'Amith, une baisse de l'ordre de 17%. Selon les chiffres des deux premiers mois de 2008, les exportations ont atteint 698 millions de dirhams.
La concurrence empêche une renégociation des prix…
Les exportateurs pourront-ils rattraper les pertes enregistrées au cours du premier trimestre 2008 ? «Cela sera très difficile et, d'ailleurs, valeur aujourd'hui, nous n'avons aucune visibilité. Car la dépréciation de la livre sterling se poursuit et, malheureusement pour nous, elle coïncide avec l'intersaison pendant laquelle l'activité baisse habituellement jusqu'au mois de juin», explique Abdelhay Bessa, patron du groupe Somitex. Il craint, à l'instar des autres industriels de la zone, une prolongation de l'intersaison car «les donneurs d'ordre n'ont toujours pas passé de commandes ; ils sont dans l'expectative en raison de la récession et de la baisse de la consommation sur le marché britannique».
Si Somitex a tourné à plein régime les six derniers mois pour livrer les commandes passées en septembre 2007, cela ne l'a pas empêché de perdre de l'argent en raison de la dépréciation. Le manque à gagner est estimé à 2 MDH. Elle a aussi dû, en vue de réduire ses frais, se séparer de 400 salariés sur les 1 300 qu'elle employait. L'entreprise a par ailleurs réduit de 75% son temps de travail.
La Grande-Bretagne paie mieux et plus rapidement que la France
Somitex, qui compte deux unités de confection pour filles (1 à 12 ans) et pour femmes, a réalisé un chiffre d'affaires de 115 MDH dont 85 millions sur le marché britannique. Elle travaille avec plusieurs donneurs d'ordre britanniques, notamment Adams, Next et Marks & Spencer.
Outre le travail à façon, le groupe a également, pour renforcer son positionnement, développé sa propre marque, Amacello. Ses prévisions pour 2008, soit 90 à 100 MDH, sont compromises même si, indique M.Bessa, «nous avons bien démarré et réalisé, entre septembre et fin février, un chiffre d'affaires de 30 millions de DH». Le patron de Somitex précise par ailleurs qu'il est difficile de combler le manque à gagner en renégociant les prix avec les donneurs d'ordre.
Une solution qu'a aussi tentée Abdelhak Khattar, patron de Mac International, autre entreprise qui a fait les frais de la dépréciation de la livre sterling. «Depuis août 2007, nous avons essuyé une diminution du chiffre d'affaires de 1,4 MDH à cause de la baisse de la parité. Et la tendance s'accentue. Nous avons alors essayé de revoir nos prix à la hausse, mais impossible de se positionner face à la concurrence des pays asiatiques et de l'Egypte», avance M. Khattar qui souligne que 2007 s'est terminé sur une mauvaise note puisque son chiffre d'affaires a baissé de 12% par rapport à l'année précédente. Et 2008 a plutôt mal commencé. Sur les quatre premiers mois, Mac International a enregistré une chute du chiffre d'affaires de l'ordre d'un million de DH. S'il n'y a pas de reprise d'ici juin, cette société sera, selon son patron, dans l'obligation de réduire de 50% son personnel.
Pour Beltrame, une autre entreprise de vêtements pour filles (1 à 12 ans), le manque à gagner est de l'ordre de 650 000 DH. Un manque très difficile à combler toujours à cause de l'impossibilité de réviser les prix, souligne son responsable, Aziz Ibn Ghazala.
Que faire pour s'en sortir ? Une réorientation des exportations vers d'autres marchés est-elle envisageable ?
«Une diversification ? Facile à dire mais difficile à faire. Car il faut beaucoup de temps pour se positionner sur un marché», explique M. Khattar qui n'exclut toutefois pas la possibilité de travailler sur des marchés plus stables comme l'Espagne ou la France. De son côté, Beltrame, qui exporte 14,5 MDH, soit 96% de sa production, sur la Grande-Bretagne (Mark&Spencer et Laura Ashley), envisage de renforcer sa présence sur le marché français sur lequel elle oriente 4 à 5% de sa production.
La baisse du dollar limite les possibilités de diversification géographique
Apparemment, la réorientation vers l'Hexagone ne se fera pas facilement. Selon Alae Eddine El Bahraoui, DG de Marcotex, qui exporte déjà 30% de sa production sur le marché français, «il faut du temps pour approcher de nouveaux clients et surtout avoir une trésorerie solide car les Français observent un délai de paiement de 90 jours contre 30 jours pour les Anglais». Son entreprise, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 13 MDH sur le marché britannique en y expédiant 70% de sa production, a perdu un million de DH suite à la dépréciation de la livre sterling. Et, sur les quatre premiers mois de 2008, Marcotex estime à 20% la baisse du chiffre d'affaires.
Autre facteur qui a toujours rendu plus attractif le marché britannique : le prix de la minute de travail payé par le donneur d'ordre. «En France, la minute est rémunérée à 0,90 centime contre 1 à 1,50 DH en Grande-Bretagne. Donc, pour nous, le marché britannique demeure intéressant», avance M. Khattar qui ajoute que le courant d'affaires avec la GB est plus important : les commandes se situent autour de 500 000 pièces alors qu'avec les donneurs d'ordre français elles se limitent à 100 000 pièces.
Outre le marché français, certains opérateurs ciblent le marché américain. C'est le cas de Cristal Martin qui a toujours exporté 85 % de sa production (lingerie et maille fine) en Angleterre. Les exportations sur ce pays ont atteint 242 MDH en 2007 contre 54 millions en 2006.
«Cette progression s'explique par une diversification de notre offre puisque nous avons développé le sport's wear», explique Hammani Amahzoune, son DG. Mais, sur les 6 derniers mois, le repli de la livre s'est traduit par une perte de recettes de 17 MDH. Pour faire face à cette crise, M. Amahzoune compte se positionner sur le marché américain. «Malgré le mauvais comportement du dollar, nous avons déjà noué des contacts avec des marques américaines, notamment Gap, qui est intéressée par nos articles de lingerie», déclare-t-il. Aujourd'hui, l'entreprise travaille sur les échantillons. Les premières commandes devraient être passées durant l'été prochain.
Pour Somitex, l'expérience américaine a, en revanche, été très courte. L'entreprise a décidé, suite à la baisse du dollar, de fermer son bureau dans ce pays vers lequel le groupe a exporté 5 MDH en 2007. «Les 36 MDH de chiffre d'affaires projetés sont tombés à l'eau. Nous avons alors décidé d'arrêter nos exportations sur ce marché qui reste tout compte fait peu intéressant pour nous», déclare, amer, Abdelhay Bessa.
A noter que les entreprises casablancaises et tangéroises sont moins concernées par la dépréciation de la livre et du dollar par rapport au dirham. La région casablancaise travaille surtout avec la France et un peu avec l'Espagne, tandis que les unités de Tanger sont tournées essentiellement vers l'Espagne.


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