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Oued Bouskoura, cette menace qui plane encore sur Casablanca
Publié dans La Vie éco le 13 - 12 - 2010

Au début du XXe siècle, l'oued arrivait encore jusqu'à son embouchure près de Casa-port.
Le tracé historique de oued Bouskoura passe par des points névralgiques de la ville : Route d'El Jadida, Maà¢rif, Twin Center, boulevard Roudani, Parc de la Ligue arabe…
Une rivière finit toujours par reprendre son lit. C'est aujourd'hui le cas de l'oued Bouskoura, à Casablanca. En voyant des photos aériennes de la métropole, il est difficile de croire qu'il y a tout juste un siècle la ville était traversée d'est en ouest par une rivière qui venait se jeter dans l'Océan à l'emplacement actuel de la gare ferroviaire Casa-port. Oui, oued Bouskoura, jusqu'au début du XXe siècle, était encore là. Mais progressivement, au fil des années, sous l'effet de l'urbanisation, le lit a cédé place à la ville. Mais à la périphérie sud de la métropole, oued Bouskoura est toujours présent. Aujourd'hui encore, si l'on voulait dresser une carte des risques majeurs qui menacent Casablanca, cette rivière figurerait incontestablement en tête de liste. Le danger est d'autant plus grand qu'entre-temps le lit de l'oued a été envahi par des constructions et pas seulement à usage d'habitation.
Dans les années 70 et 80, la construction de la route d'El Jadida qui servira de prolongement au périphérique (autoroute urbaine) allait être fatale à l'oued dont le lit sera définitivement obstrué.
Aujourd'hui, nombre d'édifices publics sont construits dans le lit de l'oued. C'est le cas du Parc d'exposition de l'Office des changes, de l'Ecole Hassania des travaux publics. L'imposant siège de l'OCP, non plus, n'est pas épargné. Il n'est pas bâti dans le lit de l'oued mais se trouve dans une zone inondable en cas de crue. Et c'est ce qui s'est passé lors des dernières intempéries. Il en est de même pour des zones résidentielles comme le lotissement Laymoune, entre autres.
Des dépressions naturelles protègent la ville mais ça reste insuffisant
Il faut savoir également que l'ancien aéroport d'Anfa, qui abritera le futur nouveau pôle urbain, se trouve lui aussi dans l'ancien parcours de l'oued au niveau de l'ancienne caserne de l'Armée de l'air. D'ailleurs, une des premières études réalisées par l'Agence d'urbanisation et de développement d'Anfa (AUDA) portait justement sur l'impact d'éventuelles crues de l'oued. Mais les études avaient abouti à l'absence de risque, le site n'étant pas zone inondable. Les dernières inondations l'ont d'ailleurs prouvé puisque le site n'a pas été touché.
Certes, pour le moment, les manifestations de l'oued ne sont pas très fréquentes en raison notamment de «l'existence de plusieurs dépressions naturelles (dayates) dans son bassin versant qui permettent de retenir les eaux de pluie avant leur arrivée vers la ville», explique Hamid El Misbahi, directeur des grands projets à Lydec. Mais rien ne garantit que ces dayates continueront à assurer cette mission de «protection» temporaire. Autrement dit, «une fois ces dépressions naturelles saturées suite à de fortes pluies, l'arrivée des eaux des régions voisines situées en amont (Berrechid et Settat) vers la ville est inévitable, ce qui constitue un risque majeur d'inondation», prévient M. Misbahi.
Inquiétant ! d'autant que les projets de construction vont bon train dans cette région. Récemment, et pour accompagner l'urbanisation galopante, les pouvoirs publics y ont aménagé de grands axes routiers qui traversent le lit de l'oued. Et selon des experts, «encore une fois, les précautions nécessaires n'ont pas été prises, et l'on s'est contenté d'aménager des petites voies à proximité des routes et autoroutes qui s'avéreraient incapables de contenir les eaux en cas de fortes précipitations».
Des projets de lacs artificiels abandonnés au profit de l'urbanisation
Ce qui complique davantage la situation, ajoutent-ils, c'est que même les projets de réalisation de parcs ont été abandonnés. Il en est ainsi de «la zone verte de protection de l'oued Bouskoura contenue dans le premier Schéma directeur d'aménagement urbain (SDAU) de la ville en 1984 et qui prévoyait deux lacs de retenue mais qui n'a jamais vu le jour», déplore l'architecte Ouadie Soubat. A cela s'ajoute le projet d'un parc de 55 ha intégré dans le même SDAU et prévu dans le vaste programme immobilier Nassim de 320 ha destiné à reloger une partie des habitants de l'Ancienne médina dont les maisons sont situées sur le tracé de l'Avenue Royale. D'anciens responsables de la Sonadac se souviennent qu'un vif débat avait été soulevé entre architectes et ingénieurs sur l'importance à accorder au projet du parc en raison, entre autres, du danger que constitue l'oued. Mais, c'est l'avis des ingénieurs qui a prévalu. L'esprit commercial avait pris le dessus sur toute autre considération sécuritaire, écologique… Résultat : une grande partie de l'espace destiné au parc a été amputée au profit des constructions.
Aujourd'hui, à défaut de dégager le lit de l'oued, il faudra trouver tout de même une solution radicale. Cette solution, ce sera le super collecteur ouest. Un canal long de 7 kilomètres qui devrait à partir d'un point situé à proximité de l'actuel Parc des expositions de l'Office des changes réorienter les eaux de crue directement vers le littoral avec un débit maximal de 65 m3/s. Lydec a réactivé, il y a quelques mois, le projet qui était pourtant dans les tiroirs depuis plusieurs années. Mais il reste un gros problème à résoudre : le financement. L'ouvrage coûtera dans les 500 millions de DH et le gestionnaire délégué devra trouver un montage pour le réaliser. Mais il faut croire que même avec un super collecteur de cette taille, les crues du volume de celles provoquées le 29 novembre dernier ne pourront pas totalement être évacuées. C'est dire que la menace de l'oued Bouskoura, bien que moins grande, restera toujours présente.


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