Au-delà du constat en lien avec plusieurs contraintes, l'entité constitutionnelle propose, dans le cadre d'une Stratégie nationale de recherche et d'innovation, plusieurs recommandations, que l'on peut regrouper en six axes. Suivez La Vie éco sur Telegram Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié récemment son avis, élaboré suite à la saisine de la Chambre des conseillers, intitulé «Contribution de la recherche scientifique à l'innovation, au développement et au renforcement de la compétitivité de l'économie nationale, urgence d'une stratégie nationale coordonnée et intégrée». L'entité relève que le Maroc a enregistré des avancées significatives dans la structuration de son système national de recherche et d'innovation, avec un réseau d'acteurs publics et privés de plus en plus diversifié, une progression du nombre de chercheurs et de doctorants et une densification de la production scientifique indexée, qui demeure néanmoins bien en deçà des standards internationaux. Un ensemble de propositions Au-delà du constat en lien avec plusieurs contraintes, l'entité constitutionnelle propose, dans le cadre d'une stratégie nationale de recherche et d'innovation, plusieurs recommandations, notamment six axes. Tout d'abord, pour le CESE, il y a lieu d'accélérer la refonte en cours de la loi n°01.00 portant sur la réorganisation de l'enseignement supérieur et adopter ses textes d'application. Et ce, afin de renforcer l'autonomie des universités aux plans administratif, financier, pédagogique et scientifique. Ensuite, les experts suggèrent d'assurer un financement durable et renforcé de la recherche, avec une cible proposée de 3 % du PIB d'ici 2030, tout en exhortant le secteur privé à accroître ses investissements dans ce domaine. En troisième lieu, il est indiqué la nécessité d'établir un cadre spécifique pour les chercheurs à temps plein, y compris les doctorants et les postdoctorants. Ce cadre devrait compléter le statut existant des enseignants-chercheurs, en définissant des mécanismes d'incitation à la recherche à temps plein et de rétribution au profit des chercheurs les plus productifs. Autre axe : le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles du Conseil national de la recherche scientifique pour qu'il puisse valablement jouer son rôle de suivi de la stratégie nationale de recherche et d'innovation ainsi que de coordination entre les différentes parties prenantes intéressées, publiques et privées. Le cinquième levier a trait à la valorisation de la recherche et de l'innovation entrepreneuriale. Et ce, en consolidant les missions dévolues aux universités en matière d'entrepreneuriat, de création de filiales et de partenariats avec les entreprises, et en promouvant, en parallèle, le développement de structures autonomes de type consortium public-privé, à l'image de MAScIR, en mesure de transformer les résultats de la recherche en solutions innovantes commercialisables. Enfin, le Conseil recommande la nécessité de renforcer l'implication des régions dans le développement de la recherche scientifique appliquée, au-delà de la seule mise à disposition d'infrastructures. Et ce, en soutenant la création de structures régionales de transfert technologique chargées de valoriser les résultats de la recherche, d'accompagner la protection de la propriété intellectuelle, de soutenir l'incubation de start-up issues de la recherche et de favoriser, en collaboration avec le secteur privé, la maturation des projets innovants.