Tournois locaux réduisant les déchets, ligues régionales promouvant l'énergie propre et initiatives jeunesse, ... autant de pistes pour amplifier l'impact climatique via les politiques publiques, les financements et les partenariats intersectoriels. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le sport peut-il devenir un levier de l'action climatique ? En marge de la COP30, la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) ont exploré ce potentiel lors d'un side-event intitulé « À fond pour le climat : mobiliser le sport au service de l'action climatique ». À l'approche de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 et alors que le Maroc se prépare également à co-organiser la Coupe du Monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal, cette session a mis en avant la capacité du sport à faire progresser les objectifs climatiques en Afrique, en Méditerranée et en Amérique latine. Tournois locaux réduisant les déchets, ligues régionales promouvant l'énergie propre et initiatives jeunesse ont été présentés comme autant de pistes pour amplifier l'impact climatique via les politiques publiques, les financements et les partenariats intersectoriels. Au nom de la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement, Ayman Cherkaoui, directeur du Centre international Hassan II de formation à l'environnement, a rappelé l'engagement de la Fondation dans l'appui aux chantiers transformationnels du Royaume. La Fondation, a-t-il souligné, a collaboré avec la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) sur les volets environnementaux du Bid Book présenté par le Maroc, l'Espagne et le Portugal à la FIFA. M. Cherkaoui a également mis en avant les multiples interfaces entre sport et environnement : l'impact des infrastructures et des compétitions, la nécessité de protéger les écosystèmes pour assurer la pérennité de la pratique sportive, et le rôle du sport comme puissant vecteur de sensibilisation grâce à ses valeurs et à son audience large et diversifiée. Youssef Chaqor, vice-président de la Commission Afrique de la CGEM, a rappelé que la Confédération, qui réunit quelque 90 000 entreprises marocaines, voit dans le sport un nouvel espace stratégique pour accélérer la transition climatique. Victime du dérèglement autant que vecteur d'influence, le sport peut, selon lui, devenir un levier majeur pour changer les comportements et soutenir les politiques climatiques. Le secteur privé marocain, a-t-il indiqué, est déjà engagé dans la conception d'infrastructures sobres, la mobilité durable, la gestion circulaire des déchets, l'usage accru des énergies renouvelables et l'intégration de solutions numériques pour rendre les stades plus intelligents et plus efficients. Il a également mis en avant les mécanismes de financement mobilisables, notamment les Partenariats Public-Privé verts et l'Article 6, tout en soulignant le rôle du sport comme outil d'éducation et de mobilisation climatique, en particulier auprès de la jeunesse. Rachid Tahiri, représentant du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, a pour sa part alerté sur la vulnérabilité croissante du secteur sportif face aux dérèglements climatiques : chaleur extrême, montée des eaux menaçant les sites côtiers, perturbation des compétitions. Le sport, a-t-il rappelé, génère également sa propre empreinte carbone à travers les déplacements, la consommation énergétique et les chaînes logistiques. Le Maroc, a-t-il précisé, place désormais la durabilité au cœur de son développement sportif, fort d'infrastructures modernes, d'un mix énergétique renouvelable et d'une expertise reconnue. Cette ambition s'inscrit dans la trajectoire nationale de la CDN 3.0 et de la Stratégie bas-carbone 2050, conciliant décarbonation, compétitivité et résilience territoriale. Il a estimé que la CAN 2025 et le Mondial 2030 constituent une occasion de démontrer un modèle africain de sport durable fondé sur des stades alimentés en énergie propre, la mobilité verte entre villes hôtes, la gestion circulaire des déchets et l'engagement des jeunes.