Avec 818 MDH de recettes en 2025, en hausse de 61% depuis 2022, la Commune d'Agadir dégage un excédent réel net de 235 MDH en 2025, soit près de 29% de ses recettes annuelles. Elle confirme une trajectoire financière maîtrisée et résolument orientée vers l'investissement Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le vote de l'excédent réel au titre de l'exercice 2025 a constitué l'un des points phares d'une nouvelle séance de la session de février du Conseil communal d'Agadir, tenue ce jeudi après-midi. Bien plus qu'une formalité budgétaire, la programmation de cet excédent s'inscrit dans une dynamique financière enclenchée depuis 2022, marquée par un redressement méthodique des ressources propres et une montée en régime de l'investissement. Les débats sur le sujet se sont articulés autour de trois volets structurants : l'évaluation de la politique monétaire 2022-2027, l'analyse des résultats financiers de 2025 et l'impact des contraintes introduites par la loi 14/25. Au terme des discussions, après un vote à la majorité des élus présents, la commune affiche un excédent réel net de l'année 2025 de 235 millions de DH à affecter. La trajectoire des recettes résume à elle seule le changement d'échelle. En trois ans, les recettes globales sont passées de 500 millions de DH en 2022 à 818 millions de DH en 2025, soit 300 millions de DH additionnels et une progression de 61%. Cette dynamique repose sur un plan de mobilisation des recettes articulé autour d'un meilleur recouvrement et d'une optimisation de l'assiette fiscale. Fait notable, les recettes gérées directement par la Commune ont progressé de 9%, tandis que celles collectées par les services financiers de l'Etat ont reculé de 11%, soit plus de 40 millions de DH en moins. Malgré ce différentiel défavorable, la collectivité a maintenu un niveau global équivalent à 2024, preuve d'une maîtrise accrue de ses leviers internes. La valorisation du patrimoine communal a constitué le deuxième pilier de cette stratégie. Deux opérations majeures ont marqué l'exercice : la vente du parc communal pour 82 millions de DH à plus de 7.000 DH le m2, et celle du terrain du camping pour 307 millions de DH, à plus de 11.000 DH le m2. À ces montants s'ajoutent des recettes patrimoniales issues notamment de cessions d'appartements de l'Immeuble A et de magasins dans le voisinage de Souk Al Had. Au total, près de 500 millions de DH ont été dégagés pour absorber les dépassements enregistrés sur certains projets du Programme de Développement Urbain (PDU). Une monétisation ciblée, pensée non comme un désengagement patrimonial, mais comme un levier d'investissement. Sur le front du financement, la Commune a innové avec une émission obligataire d'un milliard de DH, une première au niveau des collectivités territoriales marocaines, complétée par 540 millions de DH mobilisés auprès du Fonds d'équipement communal. Ce montage a permis d'honorer près de 2 milliards de DH d'engagements inscrits dans la convention-cadre du PDU. Au début du mandat, la capacité d'endettement constituait pourtant un frein. Trois ans plus tard, Agadir affiche un budget d'investissement supérieur à son budget de fonctionnement, situation inverse à celle observée en début de mandat et rare dans le paysage communal, souligne Bachir Benhmade deuxième vice-président du Conseil communal en charge du volet financier. La modernisation des outils de gestion complète le dispositif. Base de données des contribuables, suivi taxe par taxe, déploiement d'un système d'information géographique : la digitalisation vise à sécuriser durablement les ressources propres, à commencer par la Taxe sur les Terrains Non Bâtis et l'occupation temporaire du domaine public. Dans un contexte marqué par la promulgation de la loi 14/25, l'exercice 2025 se solde par 818 millions de DH de recettes, 416 millions de DH engagés et un excédent global de fonctionnement de 402 millions de DH. L'excédent prévisionnel estimé à 231 millions de DH, et l'excédent réel de la première partie à 171 millions de DH plus des recettes patrimoniales de 83 millions de DH, portent l'excédent réel net à 235 millions de DH. Sur ce montant, 80 millions seront affectés au PDU, le reliquat financera les projets du Plan d'Action Communal. Au-delà des chiffres, le vote de cet excédent consacre un changement de paradigme : passer d'une gestion sous contrainte, centrée sur l'équilibre de fonctionnement, à une gestion proactive orientée vers l'investissement, expose Bachir Benhmade À Agadir, la politique financière 2022-2027 revendique ainsi désormais une maturité assumée, où l'excédent n'est plus une exception mais un instrument stratégique au service du développement.