Pour beaucoup, l'année 1993 restera gravée dans les mémoires par quelques faits marquants -politiques notamment- comme l'attribution du prix Nobel de la paix à Nelson Mandela ou encore -et surtout- cette poignée de main historique de Yasser Arafat et d'Yitzhak Rabin sous les yeux de Bill Clinton à Washington. Dans l'automobile, cette même année marque le lancement de la première génération de la Mondeo. C'est avec cette berline que Ford tournait définitivement la page de la vénérable, mais vieillissante Sierra. Une nouvelle aventure sur le marché européen des berlines familiales. Mondeo, acte 1 Première du nom, la Mondeo avait opéré une belle rupture avec sa devancière, sans pour autant afficher des dimensions plus grandes (4,48 m contre 4,47 m). Son design affichait une ligne plus affinée que celle de la Sierra, qui avait pourtant été dessinée par un certain Patrick le Quément avant qu'il ne rejoigne le groupe Renault. Dès l'année suivante, la Mondeo est sacrée «Voiture de l'année 1994» en Europe. Ceux qui l'ont possédée se rappellent encore de la qualité de son habitacle et du tonus de son diesel 1.8 litre de 88 chevaux. Surtout, la Ford frappait fort avec son bon rapport prix/équipement et son arsenal sécuritaire, disposant de série d'un freinage ABS et d'un airbag conducteur. À elle seule, cette première génération aura totalisé 1,4 millions d'exemplaires vendus. Premier lifting L'heure du premier restylage sonne en 1996. Plutôt que de se limiter à une petite mise à jour, Ford opère un profond lifting au sortir duquel sa familiale arbore une ligne encore plus rondouillarde, comme en attestent les feux avant et arrière. La clientèle apprécie son comportement dynamique, servi par un bon châssis et des motorisations plus que suffisantes. Parmi elles, le V6 2.5 de 205 ch anime une version sportive dite ST200 lancée en 1999. Sur la plupart des marchés, l'auto reste plébiscitée grâce à son bon positionnement tarifaire et ses nombreux équipements, surtout que le constructeur enfonce le clou en matière de sécurité passive en installant, en option, des airbags latéraux. Deuxième du nom En 2000, la seconde génération de la Mondeo entre en scène. Elle arbore un look plus pointu et des lignes tendues, dans la veine de l'Edge Design, l'orientation stylistique de Ford à l'époque. Outre l'introduction d'une nouvelle gamme de moteurs diesel (Duratorq) et essence (Duratec), cette Mondeo marque une nouvelle fois le pas avec la concurrence en matière d'équipements de confort et de sécurité, surtout après son restylage en 2003, à partir duquel elle disposait de l'allumage automatique des feux, du capteur de pluie, des sièges avant climatisés et même des sièges arrière chauffants! Le grand luxe pour l'époque. Quant à la version sportive ST220, elle inaugurait un nouveau V6 de 226 ch, capable de croiser à 243 km/h. Mondeo au service de M. Bond Plus proche de nous dans le temps, la troisième génération de la Mondeo a fait ses débuts au cinéma et plus précisément dans Casino Royale, sorti sur les écrans en 2006, soit un an avant son lancement commercial. Dans cet opus de la saga James Bond, ce dernier, interprété par Daniel Craig, prend le volant de cette troisième mouture dont le style évolue en substance. Plus grande que sa devancière (4,87 m de long), elle dispose de l'une des meilleures habitabilités arrière du segment, augmentée d'un vaste coffre. Les aides à la conduite et les sophistications de confort constituent toujours un point important dans le véhicule qui reçoit des technologies encore rares dans le segment, comme le régulateur de vitesse adaptatif, la suspension pilotée (IVDC) et le système anti-erreur de carburant (Ford Easy Fuel). Restylée en 2010 et pétrie de qualités, l'actuelle Mondeo poursuit sa carrière en attendant le lancement commercial de sa remplaçante, prévu d'ici 2015. Au total, Ford aura diffusé plus de 4,5 millions de Mondeo dans le monde en tout juste deux décennies. Un chiffre colossal qui témoigne d'un succès mérité grâce aux nombreuses qualités de cette berline.