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Secteur bancaire, quel avenir ?
Publié dans Les ECO le 24 - 06 - 2013

La croissance bénéficiaire des banques cotées à la Bourse de Casablanca est en ralentissement, et ce sous l'effet du resserrement de la liquidité et de la montée du coût du risque qui devrait s'accentuer avec les nouvelles exigences de Bâle III. Analyse.
En dépit de la crise financière internationale, le secteur financier marocain a poursuivi son expansion et fait preuve de sa solidité et de sa résilience. Le secteur bancaire national demeure ainsi l'un des plus structuré et développé du continent africain où les principales banques marocaines, Attajariwafa bank, BCP et BMCE, poursuivent une expansion ambitieuse, tout en veillant à la bonne maîtrise des risques financiers.
Un secteur crucial
Au Maroc, alors que la majorité des secteurs sont en repli en 2012, les banques continuent d'emprunter le chemin de la hausse contribuant, même, de manière positive à l'évolution de la capacité bénéficiaire de la cote de Casablanca. Cette dernière, après un léger repli au cours de 2011, a confirmé sa baisse par un repli de -10% en 2012. L'analyse des réalisations de l'ensemble des secteursrévèle que la balance des participations aux résultats nets est en train de se pencher vers le secteur Finance qui détient de plus en plus de poids, au détriment du secteur des télécoms qui voit sa contribution dans la masse bénéficiaire baisser. Par conséquent, sans la contribution du secteur bancaire,le recul de la masse bénéficiaire aurait été plus prononcé. Malgré cette embellie, on note un ralentissement de la croissance du secteur en 2012, suite à la montée du coût du risque. Lors de l'année dernière, le secteur bancaire a plongé dans un état de sous-liquidité. Son besoin s'est élevé à 62,9 MMDH à fin 2012. Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation. D'une part l'impact de la flambée de la facture énergétique et agricole sur la balance commerciale, et d'autre part la baisse des recettes en devises du tourisme, des transferts des MRE et des investissements directs étrangers. Dans ce contexte, les banques cotées à la bourse de Casablanca ont connu un ralentissement de la croissance. En effet, le résultat net part du groupe du secteur a affiché une hausse annuelle de 3,4% (contre une variation de 7,1% une année auparavant) pour s'élever à 8,9 MMDH à fin 2012 et pour cause. Inévitable dans le contexte actuel, le coût du risque du secteur bancaire coté a marqué un bond de 43,5% pour atteindre 4,6 MMDH contre 3,2 MMDH à fin 2011. De son côté, le produit net bancaire du secteur a réalisé une croissance de 9,3% pour s'établir à 44,4 MMDH à fin 2012. Cette progression résulte des hausses respectives de 7,2%, 14,6% et 10,2% de la marge sur intérêt, la marge sur commissions et le résultat des activités de marché. À noter que ce dernier contribue aujourd'hui à hauteur de 12,1% à la croissance du PNB du secteur bancaire (voir graphique). Considérées comme étant des éléments cruciaux dans la croissance des banques, les activités de marché vont devenir sensiblement moins rentables dans le nouveau cadre réglementaire qui s'applique aux banques.
La réforme Bâle III, quelles conséquences ?
C'est en tout cas la conclusion d'une étude du cabinet de conseil McKinsey, menée sur les treize premières banques d'investissement au monde, qui représentent 60% du marché. Selon cette dernière, le rendement des métiers de marché va passer d'une moyenne de 20% de rendement des fonds propres (RoE), à 7 % après application des normes de Bâle 2,5 et 3. Selon le cabinet de conseil, les normes édictées par le Comité de Bâle ont alourdi considérablement la charge en capital de certains métiers de marché. Les produits les plus affectés sont les structurés de crédit, dont la rentabilité va chuter de 85% pour tomber à 3%. Sont aussi affectés lourdement les structurés de taux, dont le RoE recule de 80%. En revanche, les produits simples, comme les actions ou les devises, sont relativement peu affectés. Face à ces évolutions dont l'impact n'avait pas été mesuré jusque-là, McKinsey estime que les banques peuvent regagner quelques points de rentabilité en prenant des mesures correctrices, notamment en améliorant la gestion du risque et des fonds propres. L'enjeu immédiat des normes du comité de Bâle étant le renforcement des fonds propres, la réforme implique, en l'état actuel des choses, une hausse des fonds propres pour un nombre important de banques marocaines. Devant faire face aux nouvelles exigences de Bale III, les banques s'y sont conformées par une distribution limitée des dividendes et davantage de mises en réserve du résultat, soit par des augmentations de capital. Toutefois, les impacts pour les banques pourraient s'avérer encore plus importants à terme. La réforme implique que pour un risque lié à un prêt ou à une créance quelconque, la banque devra mobiliser davantage de fonds propres. Par conséquent, il est à prévoir une réallocation nouvelle des fonds propres vers les métiers les moins risqués.
Vers un changement du «business-model» ?
Cette réforme pourrait donc à terme impliquer une mutation des groupes bancaires. La banque de détail qui regroupe les crédits à l'immobilier et aux professionnels verra son rôle renforcé dans les activités bancaires. A contrario, les activités comportant des «risques importants» seront particulièrement affectées par la nouvelle pondération. Ces effets pourraient concerner les activités de commerce international. Les crédits les plus volatils et les plus sensibles au risque notamment le crédit à la consommation et les PME, seront affectés. Pour leur bonheur, les TPE et PME, en particulier celles opérant dans le secteur de l'industrie et à l'export, vont bénéficier de la récente décision de Bank al-Maghrib de mettre en place un nouveau programme destiné à encourager leur financement bancaire. Le crédit à la consommation n'a pour l'heure profité d'aucune mesure d'encouragement, alors qu'il constitue un des moteurs essentiels de certains secteurs comme l'automobile. À noter que de nouvelles concentrations de métiers à risque avec des marges réduites telles les plateformes de crédit à la consommation et de gestion d'actifs pourraient éventuellement voir le jour.
La banque de détail est en retrait
Au final, on ira vers un renforcement de la banque de détail dans les activités bancaires. Toutefois, dans un contexte économique national défavorable conjugué à l'assèchement de la liquidité, le rythme de croissance du secteur bancaire national a connu un fléchissement. À titre d'exemple, l'activité bancaire a été caractérisée par une hausse modérée des dépôts à la clientèle de 2,4% qui s'établissent à 661,9 MMDH au terme de l'exercice 2012 (contre 646,7 MMDH en 2011) et une croissance de 5% des crédits à l'économie qui s'affichent à 722,8 MMDH contre 688,6 MMDH une année auparavant. À noter que le secteur est toujours concentré autour de trois opérateurs de référence à savoir : Attijariwafa bank, Banque Centrale Populaire et BMCE Bank, qui s'accaparent près de 65% de part de marché. Cet ainsi que la banque centrale du Royaume «Bank Al-Maghrib» est intervenue en injectant des fonds pour palier à cette situation et maintenir l'équilibre du marché, par le biais des avances à 7 jours et des opérations de pensions livrées, tout en remplissant parfaitement son rôle de régulateur.
L'Afrique, eldorado des banques
À l'analyse des dépôts de la clientèle, le groupe Banque Centrale Populaire se place comme le premier collecteur de dépôts avec une part de marché de 27,9%, suivie du groupe Attijariwafa bank qui s'accapare une part de marché de près de 25,6%. BMCE Bank, quant à elle, détient 15,2% des parts de marché. S'agissant des crédits à l'économie, le groupe Atijjariwafa Bank occupe la 1ère position avec 25,8% de part de marché, talonné par le groupe Banque Centrale Populaire qui détient 23,8% de part de marché, le 3e rang revient encore à BMCE Bank avec une part de marché de 14,3%. Toutefois à l'analyse des résultats des différentes banques, le groupe CIH ressort comme le premier contributeur à la hausse de la masse bénéficiaire du secteur. Ce dernier a vu son RNPG augmenter de 32,3% à 487,4 MDH grâce à l'assainissement opéré par son PDG Ahmed Rahhou. Mais le plus intéressant dans cette analyse est que c'est BMCE Bank qui vient en 2e position avec une contribution de 25,1% à la croissance du RNPG du secteur bancaire. Une évolution qui trouve son origine principalement dans la forte augmentation des activités à l'international qui ont contribué à hauteur 49% au RNPG. Aujourd'hui, le secteur bancaire est tenu plus que jamais d'emprunter la voie de la croissance externe, opérée en particulier sur le continent africain pour assurer et pérenniser la croissance de ses résultats.


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