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Marché de gros des fruits et des légumes : L'activité en baisse
Publié dans Les ECO le 08 - 06 - 2017

Les commerçants du marché de gros de Casablanca déplorent une baisse d'activité d'environ 50% pendant le mois de ramadan. L'arrivée sur les étals de grandes quantités de fruits a entraîné une chute des prix. Une tendance amenée à perdurer les prochains mois.
Au sein du marché de gros des fruits et des légumes de Casablanca, les commerçants sont déçus. L'avènement du mois sacré, attendu pour apporter une embellie à l'activité, n'a pas eu l'effet escompté. Certains commerçants déplorent jusqu'à 50% de baisse des ventes, comparé à l'année dernière.
Le commerçants parlent de repli progressif de l'activité depuis le début du ramadan. À ce titre, les explications se multiplient mais convergent néanmoins: une grande offre, qui a influé logiquement sur les prix, et une demande qui n'a pas suivi. «Pendant le ramadan, les dix premiers jours sont les plus importants. Or, les ventes ont connu une grande baisse au cours de cette période. Je crains que l'activité continue à baisser», nous explique ce grossiste de légumes. La tomate, un des fruits les plus consommés, ne connait pas le même engouement que d'habitude. C'est ce que nous confirme le premier grossiste spécialisé en tomates. «Habituellement, j'en vends entre cent et cent-cinquante caissons par jour. Actuellement, je ne dépasse pas quarante caissons, avec tout le manque à gagner qui en découle», souligne-t-il, sans nous renseigner de manière précise le prix de cette denrée. «Cela peut aller jusqu'à 180 DH le caisson, mais le prix n'est pas fixe. Il fluctue sans cesse au cours d'une même journée», lâchera-t-il.
Cette baisse des ventes des tomates, un autre grossiste l'explique par le changement dans les habitudes de consommation des Marocains, conjugué à la chaleur. Entre les murs du marché toujours, cet autre commerçant se tient debout près de sa camionnette, la porte de la benne entre-ouverte. Il semble peiner à liquider son stock de choux verts. À 50 centimes le kilogramme, il déclare avoir du mal à trouver des clients. «Mes ventes ont baissé de près de moitié durant ce ramadan, même à un prix aussi bas», nous confie-t-il. Un autre grossiste, venant de la région Oulad Said, partage avec nous une autre problématique. Le fait d'acheter ses oignons avant la récolte, lui impose des frais supplémentaires de main d'oeuvre, impactant ainsi ses coûts. «Je vends le kilogramme d'oignons à près de 3,50 DH, un prix de gros élevé», avoue-t-il. De son côté, un grossiste de fruits déclare être obligé de vendre parfois à perte. «Nous perdons parfois jusqu'à 4 DH par kilo, surtout en ce qui concerne les fruits importés comme l'avocat ou la mangue. En ce qui concerne les bananes, les prix ont aussi baissé malgré une demande constante», lance-t-il. Devant le magasin frigorifié, un acheteur charge une grande commande de bananes qu'il a payée 5,5 DH le kilo. Un prix -au minimum- deux fois moins cher que le prix de détail en vigueur à Casablanca. Par ailleurs, la concomitance de la cueillette de plusieurs fruits et fruits exotique est pointée du doigt.
Les commerçants indiquent qu'elle a été pour l'inondation des marchés de gros en ces produits. Ce phénomène a chamboulé le cycle de mise sur le marché habituel. «Entre 600 et 700 tonnes de pastèques entrent chaque jour au marché actuellement. Aussi, il n'y a pas eu de décalage dans la cueillette et la récolte des fruits, comme la pêche et les abricots. De grands quantités en sont donc arrivées d'un coup, ce qui n'est pas habituel», souligne Jaâfar Essabane, directeur BU marchés de gros.
«L'augmentation de l'offre va perdurer en 2017»
Jaafar Essabbane, directeur BU marchés de gros, fruits et légumes, Casa Prestations
Le directeur du marché de gros des légumes et des fruits de Casablanca explique ce que les commerçants qualifient de baisse d'activité au cours du mois sacré. L'arrivée en grandes quantités de récoltes de fruits a fait exploser l'offre qui a connu également une baisse des prix plus rapide que d'habitude.
Les Inspirations ECO : Comment expliquez-vous ce que les commerçants qualifient de baisse d'activité ?
Jaafar Essabbane : Depuis le début du mois de dernier, il y a une augmentation de près de 50% dans les quantités de fruits acheminées au marché, comparativement à mai 2016. En ce qui concerne les légumes, le mois courant a enregistré une légère baisse d'environ 6%. Globalement, le tonnage général a augmenté de 17% au cours de ce mois. Les raisons sont simples: Il y a eu abondance de la production cette année et concomitance de la cueillette et de la récolte de plusieurs fruits et légumes, ce qui explique que le marché a été inondé. L'évolution normale des prix a été chamboulée cette année. Normalement, les prix chutent de manière progressive au fur et à mesure que la saison estivale approche et avance. Cette année, la chute des prix a été très rapide et a coïncidé avec le ramadan.
Est-ce que Casa Prestations peut intervenir dans ce genre de situations ?
Non. Notre rôle consiste à garantir une très bonne qualité de service aux commerçants et à améliorer les recettes. C'est ce que nous essayons de faire depuis juillet 2015, date à laquelle la gestion du marché de gros de fruits et légumes a été confiée à Casa Prestations. Maintenant, il faut dire que cette tendance d'augmentation de l'offre va perdurer en 2017. Soulignons aussi qu'aux premiers jours du ramadan, les ventes ont connu tout de même une grande accélération, probablement mues par l'engouement que suscite le mois sacré. Cette tendance n'a pas duré car la demande de la vente en détails n'a pas suivi.
Comment gérez-vous un tel rythme d'activité ?
Nous avons un plan d'actions que nous respectons à la lettre. Le premier axe de ce plan est l'amélioration des services au profit des commerçants. Cela passe par l'éclairage, la sécurité et l'hygiène. En ce qui concerne ce dernier aspect, nous œuvrons en collaboration avec notre partenaire SITA afin d'améliorer une situation qui est difficile. Nous avons deux problèmes majeurs : le marché est ouvert en permanence et l'activité est productrice de déchets, ce qui nécessite une mobilisation continue des équipes. Nous tenons donc à accompagner les équipes de SITA afin de gérer la question de l'hygiène.
Quelles sont les mesures prises dans ce sens ?
Nous avons essayé d'imposer une limitation des horaires d'ouverture mais en tenant compte du volume d'activité et de la campagne agricole de cette année, cela n'a pas été possible, d'autant plus que cela n'est pas dans notre intérêt. Nous avons plusieurs pistes pour remédier au problème de la propreté, causé en premier lieu par le non-respect des règles d'hygiène par les commerçants. C'est pour cela que nous avons opté pour une démarche de communication qui implique les associations représentatives des commerçants afin de mener des actions de sensibilisation au sein du marché. Notre partenaire nous a proposé un plan de travail qui placera des animateurs de proximité à disposition des commerçants.
Le marché de Casablanca en chiffres
En termes de volume d'activité, le marché de gros de Casablanca représente 40% de l'ensemble de l'offre des marchés de gros du Maroc. Plusieurs régions alimentent le marché de gros qui approvisionne de son côté Casablanca et une grande partie du territoire national. En 2016, 1,3 million de tonnes de marchandises ont transité par ce marché, ce qui lui confère la 20e place mondiale. Une augmentation estimée à 8% est attendue en 2017, compte tenu de la très bonne campagne agricole de cette année. Le marché s'étale sur une superficie de 34 hectares et est composé de 259 magasins exploités en vertu d'une décision d'occupation temporaire. Tous les commerçants, y compris ceux qui utilisent les zones de ventes, payent à l'entrée une redevance qui équivaut à 6% du poids de la marchandise. Ils sont environ 6.000 grossistes. Globalement, le marché est fréquenté par 25.000 personnes chaque jour. Cela comporte les commerçants, les acheteurs et les transporteurs.


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