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Les femmes, premières victimes de violences psychologiques
Publié dans Les ECO le 25 - 11 - 2010

Au moment où le gouvernement s'active à mettre progressivement en œuvre son programme visant à assurer l'égalité entre les genres, la réalité sur le terrain dénote de l'ampleur des défis à relever. Au premier plan, les violences dont sont victimes les femmes qui, incontestablement, constituent la pierre d'achoppement de toute la stratégie envisagée dans ce cadre. Le rapport annuel 2010, le deuxième du genre, publié mercredi par l'Observatoire marocain des violences faites aux femmes «Oyoune nissaiya», en mettant en lumière l'état des lieux de la situation au Maroc, interpelle à plus d'un titre.
Des chiffres inquiétants
Le rapport qui couvre l'année 2009 présente les données et statistiques recensées et traitées au sein des centres d'écoute implantés au niveau de plusieurs régions du territoire national par les dix associations membres de l'observatoire fondé en mars 2006. Il analyse également les réponses institutionnelles apportées jusque là par les pouvoirs publics et décline ses recommandations visant à améliorer le sort des milliers de femmes, qui en milieu rural comme en milieu urbain, paient chaque jour le lourd tribut de la méconnaissance de leurs droits fondamentaux les plus élémentaires. En 2009, 26.077 actes de violences ont ainsi été recensés au niveau des centres d'écoute, touchant plus de 4.044 femmes, soit une moyenne de 6 cas de violence par femme, ce qui n'est en rien surprenant, car une seule femme peut faire l'objet de plusieurs types de violences, ce ne sont pas les scénarios qui manquent. Parmi les cas répertoriés, les violences psychologiques figurent en tête avec une prévalence de 13.174 cas constatés, suivi des menaces de mort, avec 1.064 cas, les violences physiques pour 5.539, celles dites économiques ou juridiques, avec respectivement 3.882 et 2.200 cas et les cas de violences sexuelles avec 1.282 cas. À cela s'ajoutent 170 cas de viol conjugal enregistrés,une femme décédée et deux cas de suicide (111 femmes ont affirmé y avoir pensé), 47 cas de femmes handicapées parfois à vie, 80 autres qui ont contracté des maladies sexuellement transmissibles, ainsi que 53 cas d'avortement. Une lecture approfondie du rapport fait ressortir que dans 37,39% des cas, l'âge des femmes victimes de ces violences se situent entre 19 et 28 ans et près de 72% sont des mères (moins d'un tiers en effet ne disposent pas encore d'enfants). Autre révélation, c'est surtout en milieu urbain et périurbain que les femmes sont le plus violentées, avec une prévalence de 80,54% des cas enregistrés (52,99% des femmes battues habitent dans des bidonvilles) alors que le taux n'est que de 11,05% en milieu rural. Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'en milieu urbain les femmes sont plus disposées à s'adresser aux centres mis à leur disposition alors qu'en milieu rural, le poids des traditions et des tabous sociaux constitue un frein dans la dénonciation des actes de violence. La proportion des femmes mariées s'élèvent à 55,32% contre 29,90% pour les mères-célibataires et 32,64% des femmes battues sont analphabètes. Selon toujours le même rapport, 60% des femmes victimes de violences vivent en dépendance économique avec une prépondérance de 43,62% de femmes au foyer. Enfin, les données dévoilent que la plupart des auteurs de ces actes de violence se recrutent parmi les proches des victimes. Les femmes sont dans 50,12% des cas battues par leurs conjoints.
Partie visible de l'iceberg
Ces chiffres alarmants ne représentent pourtant que la partie visible de l'iceberg. En effet, ils ne prennent en considération que les cas des femmes qui se sot adressés aux centres d'écoute mis en place par le collectif associatif. Cela donne un aperçu de la situation au niveau de l'ensemble de la population, car la majorité des femmes victimes de violences préfèrent vivre leur martyre que d'affronter les conséquences imprévisibles d'une action allant dans le sens de la dénonciation. La plupart du temps, elles sont obligées de traîner des années durant les séquelles de ces violences. C'est pourquoi le collectif a émis un certain nombre de recommandations, à l'endroit surtout des pouvoirs publics et des instances locales, afin que cette question soit véritablement au cœur des politiques publiques. À ce titre, le gouvernement est appelé à harmoniser dans les plus brefs délais les lois marocaines avec les mécanismes universels en la matière et ainsi honorer les engagements internationaux pris par l'Etat marocain. Le gouvernement devrait en outre s'atteler à rendre effective l'application des lois positives adoptées jusque là et à réviser les lois à caractère jugé discriminatoire de la Moudawana, tout en poursuivant l'effort de sensibilisation et de soutien à l'endroit des femmes victimes de violences.


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