Hamid Bentahar Président du CRT de Marrakech Les Echos quotidien : Combien de touristes espérez-vous accueillir à Marrakech en 2012 ? Hamid Bentahar : 2012 sera une année très compliquée. Les mois qui viennent seront certainement en légère progression, mais nous n'avons pas assez de visibilité pour annoncer des chiffres avant l'heure. Il y a trop de paramètres qui entrent en jeu cette année, avec notamment les diverses élections en Europe, pour que je puisse annoncer un objectif chiffré pour cette année. Quelles sont vos priorités pour votre nouveau mandat ? Les enjeux sont toujours les mêmes. Avec les nombreuses ouvertures d'hôtels qui sont prévues dans les prochains jours et prochains mois, notre défi, humainement parlant, est de fédérer l'ensemble de ces acteurs, anciens et nouveaux. Cependant, nous avons également un défi commercial à relever. Il s'agit pour nous d'absorber toute cette nouvelle capacité en attirant de nouveaux marchés émetteurs. Pour cela, nous misons sur les touristes britanniques, allemands et d'Europe de l'Est. Nous visons également des marchés plus lointains, comme les Etats-Unis et le Moyen-Orient. Mais là encore, un autre défi s'ouvre à nous avec l'aérien, la problématique essentielle pour notre destination. Justement, quelle est la situation des liaisons aériennes depuis et vers Marrakech ? Au départ, le modèle aérien pour Marrakech ne connaissait que les vols réguliers. Puis sont venus les charters - Enfin, les low-cost ont bouleversé la donne. Cela aura pris le temps, mais la destination Marrakech a désormais atteint la taille critique et la maturité nécessaire pour que ces trois segments cohabitent. À l'image d'autres grandes destinations, ils sont rentables car pour chacun de ces modes de transport, il y a un touriste. Néanmoins, le travail de ces trois années qui viennent portera essentiellement sur la création de vols réguliers vers les nouveaux marchés émetteurs, que nous souhaitons attirer, comme la Russie. Certains tours opérateurs russes programment déjà la destination Marrakech. Comment comptez-vous vendre la destination Marrakech ? Marrakech n'a rien à envier à d'autres grandes destinations dans le monde. Jusque-là, le Maroc était une destination généraliste mais j'aime à dire qu'elle est devenue une destination «offre multiple». Toutes les catégories de touristes peuvent trouver leur bonheur dans la ville ocre, qu'il s'agisse de famille, de professionnels ou d'amateurs de golf. Aujourd'hui, la destination Marrakech dispose de toutes les infrastructures nécessaires pour son tourisme. Dorénavant, les moyens engagés doivent surtout être destinés à la promotion de la destination. Il faut également noter que 20% de nos visiteurs actuellement sont marocains. D'ici les cinq prochaines années, notre objectif est de porter cette part à 30% et à 40% d'ici 10 ans. Avec un marché intérieur solide, le tourisme ne peut que résister à des facteurs de crise. Si on s'occupe bien du secteur, le tourisme est celui le plus rentable au monde.