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Société : le lien social sous tension
Publié dans Les ECO le 26 - 02 - 2025

Quel est l'état du lien social au Maroc en 2023 ? L'Institut royal des études stratégiques (IRES) a mené une enquête approfondie pour répondre à cette question, en s'appuyant sur des données collectées depuis 2011. Ses conclusions révèlent un Maroc contrasté : un pays où les solidarités familiales et traditionnelles demeurent solides, mais où de nouvelles fractures apparaissent, entre individualisme croissant, perte de confiance institutionnelle et impact du numérique sur la cohésion sociale.
Le Maroc évolue au rythme de mutations profondes qui redessinent les contours de son lien social. Entre attachement aux valeurs traditionnelles et aspiration à un changement sociétal, la société marocaine traverse une phase de recomposition où les repères d'hier ne suffisent plus toujours à structurer le vivre-ensemble.
L'enquête nationale menée par l'IRES en 2023 apporte un éclairage précieux sur ces évolutions en mettant en perspective les dynamiques sociales en cours. Si la famille demeure le pilier central des relations humaines, des tensions émergent sous l'effet de l'individualisme croissant et des nouvelles formes de sociabilité. La confiance entre les individus reste fragile, tandis que les institutions peinent à rassurer pleinement.
En 2016, seuls 5% des Marocains considéraient que la plupart des gens étaient dignes de confiance; en 2023, ce chiffre atteint 20%, témoignant d'une amélioration, bien que la prudence reste la norme pour 80% des citoyens.
Parallèlement, la montée des préoccupations économiques et l'essor du numérique modifient en profondeur les interactions sociales. Cette étude révèle un Maroc à la croisée des chemins, oscillant entre la préservation de son tissu social et la nécessité de s'adapter aux défis contemporains.
La famille, ultime rempart du lien social
Si les formes de sociabilité évoluent, la cellule familiale demeure l'ancrage fondamental du lien social au Maroc. Plus qu'un simple cadre de vie, elle représente un espace de protection et de solidarité où se perpétuent les valeurs de transmission et d'entraide. Plus de 70% des Marocains considèrent la famille comme l'élément le plus structurant de leur lien social, bien devant l'amitié et le voisinage.
Toutefois, cette stabilité apparente masque des tensions. L'augmentation des divorces, la montée des violences domestiques et les conflits intergénérationnels traduisent une recomposition des relations familiales.
La crise sanitaire a renforcé certaines solidarités, mais elle a aussi exacerbé des tensions au sein des foyers. 70% des Marocains estiment que la pandémie a eu un impact sur les relations familiales, oscillant entre rapprochement forcé et stress économique accru.
Une société en quête de confiance
Au-delà du cadre familial, la confiance entre individus demeure un enjeu central du lien social. L'étude met en évidence une amélioration depuis 2016, mais la majorité des Marocains considèrent encore qu'il est préférable de rester sur ses gardes.
Ce climat de défiance s'explique par le poids des inégalités sociales, la crainte des comportements opportunistes et le sentiment diffus d'un affaiblissement des valeurs de solidarité traditionnelle. Cette méfiance se traduit aussi par une perception mitigée des institutions. Alors que les structures souveraines et éducatives conservent un certain crédit, les institutions politiques et démocratiques peinent à regagner la confiance des citoyens.
L'attente de transparence et de justice sociale reste forte, et 55% des Marocains estiment que la diplomatie marocaine pourra renforcer l'influence du pays à l'international, signe d'un espoir mêlé à une exigence de résultats concrets.
Une préoccupation croissante pour les questions économiques
Dans ce contexte de transformations sociales, la question économique s'impose comme une préoccupation majeure. L'enquête met en évidence une montée en puissance des revendications liées au pouvoir d'achat, à l'accès à l'emploi et à la lutte contre les inégalités.
En sept ans, les revendications à caractère matériel ont été multipliées par quatre, témoignant d'une anxiété croissante face aux difficultés financières.
L'érosion de la classe moyenne fragilise la cohésion sociale. De nombreux ménages, autrefois considérés comme stables, se sentent désormais vulnérables. L'incertitude grandit et plus de 70% des Marocains estiment que l'Etat doit jouer un rôle plus actif dans la régulation économique et la protection des citoyens.
L'impact du numérique sur la cohésion sociale
Le développement du numérique et l'essor des réseaux sociaux ont profondément modifié les modes d'interaction. Si ces outils permettent de maintenir un lien entre les individus, ils constituent aussi une source de fragmentation sociale.
71% des Marocains perçoivent l'univers numérique comme une menace pour le lien social, notamment en raison de la montée de l'individualisme et des discours polarisants. La prolifération des fausses informations accentue cette inquiétude.
85% des Marocains estiment que les réseaux sociaux contribuent à la diffusion de fake-news, alimentant un climat de méfiance et de scepticisme généralisé. Pourtant, paradoxalement, ces mêmes plateformes sont aussi perçues comme un outil facilitant l'accès à l'information et la mise en réseau des citoyens.
Entre doutes et espoirs pour l'avenir
Malgré les tensions et les incertitudes qui traversent la société marocaine, l'étude met en évidence un certain optimisme. 37% des Marocains pensent que la situation économique s'améliorera dans les cinq prochaines années, tandis que 45% estiment qu'elle restera stable.
Cette confiance repose notamment sur la capacité du Maroc à s'adapter aux évolutions mondiales et à mobiliser ses atouts économiques et diplomatiques. Par ailleurs, 72% des Marocains considèrent que le pays dispose des ressources nécessaires pour affirmer son rôle de puissance économique régionale. Ce sentiment s'accompagne d'une meilleure perception du positionnement international du pays et de sa diplomatie, qui apparaît comme un levier stratégique de développement.
Toutefois, cet optimisme ne saurait occulter les défis à venir. La cohésion sociale demeure fragile, et les attentes envers l'Etat et les institutions restent élevées. La consolidation du lien social passe par une prise en compte plus fine des aspirations citoyennes, une lutte plus efficace contre les inégalités et une valorisation des nouvelles dynamiques économiques et culturelles.
Faiza Rhoul / Les Inspirations ECO


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