À cinq ans de la Coupe du monde 2030, le Maroc franchit un cap stratégique dans la modernisation de ses infrastructures aéroportuaires. Avec un financement de 270 millions d'euros accordé par la Banque africaine de développement, le Royaume engage un vaste programme pour rénover ses principaux aéroports, améliorer l'expérience des voyageurs et renforcer sa compétitivité logistique. C'est une nouvelle étape franchie pour moderniser les portes d'entrée du Maroc. À quelques années de l'accueil de la Coupe du monde 2030, le Royaume prépare ses infrastructures aériennes pour répondre à un double enjeu : accompagner la croissance du trafic aérien et renforcer sa place sur l'échiquier logistique international. Le 12 décembre, le Conseil d'administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 270 millions d'euros au profit du Maroc pour soutenir la mise en œuvre du Programme d'extension et de modernisation des infrastructures aéroportuaires (PEMIA). L'objectif ? Accroître la compétitivité du transport aérien national à travers la modernisation des principales plateformes aéroportuaires du pays. Quatre grands aéroports ciblés Le programme PEMIA se concentrera sur les aéroports de Marrakech, Agadir, Tanger et Fès, qui feront l'objet d'importants travaux d'agrandissement et de réaménagement. À Marrakech, il est notamment prévu de construire une nouvelle tour de contrôle, tandis que les quatre sites bénéficieront de l'agrandissement de leurs aérogares, de l'aménagement de 1,5 million de mètres carrés de parkings avions, ainsi que de 7,6 kilomètres de nouvelles voies de circulation. Ces infrastructures visent à anticiper une hausse significative du trafic aérien à l'horizon 2030, en particulier dans la perspective de la co-organisation par le Maroc de la Coupe du monde de football. Expérience voyageur et sécurité au cœur du dispositif Le programme ne se limite pas à la seule extension physique des terminaux. Il entend également transformer l'expérience passager grâce à des équipements de sûreté de dernière génération, des systèmes automatisés de traitement des bagages, ainsi que des dispositifs de mobilité modernes. L'ensemble sera intégré dans une logique de numérisation des services, de fluidité des parcours voyageurs, et de conformité aux standards internationaux en matière de sécurité, de qualité et d'efficacité. «Développer encore plus la destination Maroc et renforcer sa compétitivité logistique pour préparer un événement d'ampleur mondiale comme la Coupe du monde de football 2030 reste notre priorité stratégique», a déclaré Achraf Hassan Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, cité dans le communiqué officiel. De son côté, Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain du Groupe de la Banque, a souligné que «ce projet contribuera à propulser la dynamique touristique du Maroc et à moderniser sa logistique aérienne». Un levier économique et social Outre l'impact attendu sur la connectivité internationale et la qualité des services aéroportuaires, le programme PEMIA devrait également générer plusieurs milliers d'emplois à court terme, notamment pour les jeunes et les femmes, dans les secteurs du BTP, de la sécurité, et des services aéroportuaires. À moyen terme, la modernisation des infrastructures aura un effet d'entraînement sur l'ensemble de l'économie, en stimulant le tourisme, le commerce et l'investissement, public comme privé, dans les filières liées au transport aérien. Enfin, à l'horizon 2030, les capacités d'accueil devraient être nettement renforcées : 14 millions de passagers pour Marrakech, 5 millions pour Agadir, 3,6 millions pour Tanger et 3 millions pour Fès. De quoi consolider le positionnement du Maroc comme plateforme aérienne régionale et soutenir son ambition de devenir un hub entre l'Afrique, l'Europe et le monde arabe.