L'Autorité nationale de régulation de l'électricité (ANRE) intensifie ses efforts pour moderniser le cadre réglementaire et accompagner l'essor des énergies renouvelables. Devant la Chambre des représentants, son président Zouhair Chorfi a dressé un état des lieux ambitieux du secteur électrique marocain, entre avancées concrètes, défis structurels et projections stratégiques à l'horizon 2030. Lors d'une réunion tenue à la Chambre des représentants et organisée par la Commission des infrastructures, de l'énergie, des mines, de l'environnement et du développement durable, le président de l'Autorité nationale de régulation de l'électricité (ANRE), Zouhair Chorfi, a présenté le rapport annuel de l'institution pour l'année 2024. Cette séance a été l'occasion d'exposer l'état d'avancement du secteur électrique national, les défis à relever et les grands chantiers menés par l'ANRE dans le cadre de sa mission de régulation. Zouhair Chorfi a rappelé que le secteur électrique bénéficie d'un élan fort, avec pour objectif majeur d'atteindre une part de plus de 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique national à l'horizon 2030. Cette ambition se matérialise par plusieurs projets structurants : développement des énergies renouvelables, unités de dessalement de l'eau de mer alimentées par des énergies vertes, projets industriels de grande envergure (gigafactories) et premiers jalons de la filière de l'hydrogène vert. Cadre réglementaire : les fondations d'un écosystème attractif Pour accompagner cette transition, l'ANRE a mis l'accent sur la consolidation d'un cadre juridique et réglementaire cohérent. L'année 2024 a été marquée par l'adoption de textes réglementaires stratégiques, notamment ceux relatifs aux certificats d'origine et aux compteurs intelligents, afin de renforcer la transparence et faciliter l'intégration de l'électricité verte dans le réseau national. Parmi les principales avancées figure la publication de la capacité d'accueil du système électrique national pour 2025-2029, établie à 9.338 MW. Cette mesure offre aux investisseurs une visibilité claire sur les opportunités de raccordement. De plus, l'ANRE a fixé pour la première fois le tarif d'utilisation du réseau de transport électrique pour la période 2024-2027, fondé sur une méthodologie transparente et objective. Par ailleurs, le président de l'ANRE a insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures pour répondre à l'augmentation de la production renouvelable, notamment décentralisée. Cela passe par le renforcement des moyens de flexibilité, la montée en puissance des réseaux de transport et de distribution, et la mobilisation des investissements privés dans un cadre régulé, transparent et stable. L'ANRE a également approuvé les indicateurs de qualité du réseau de transport et adopté un code de bonne conduite pour garantir l'égalité d'accès au réseau national, prévenir les pratiques discriminatoires et améliorer la qualité du service. Parmi les chantiers encore en cours, Chorfi a évoqué la préparation de la séparation comptable des activités de l'ONEE, la fixation des tarifs d'utilisation des réseaux de distribution et celui de l'excédent d'énergie électrique injectée dans le réseau. Ces réformes visent à clarifier les responsabilités, assurer la soutenabilité financière du système et encourager une participation accrue des opérateurs privés. Un dialogue constructif avec les parlementaires La présentation du rapport a donné lieu à un débat approfondi avec les représentants de la nation, portant sur les enjeux structurels et les orientations stratégiques du secteur. Le président de l'ANRE a conclu en réaffirmant l'engagement de l'institution à accompagner la modernisation du secteur électrique national et à contribuer activement à la réussite de la transition énergétique, en capitalisant sur les potentialités du Royaume et sa vocation à devenir un acteur énergétique de premier plan à l'échelle régionale et internationale.