Dans un contexte de reprise économique et de réformes structurelles soutenues, la Loi de finances 2026 s'inscrit dans la continuité. Forte progression des recettes, hausse maîtrisée des dépenses, renforcement de l'investissement public et trajectoire de déficit en amélioration traduisent une stratégie budgétaire visant à consolider la soutenabilité financière tout en accompagnant les priorités économiques et sociales du pays. Le Maroc continue de consolider ses équilibres macroéconomiques tout en misant sur les chantiers de transformation économique et sociale. Et les prévisions des recettes et des dépenses du budget général traduisent cet effort. Des recettes en évolution… Dans la Loi de finances 2026, il est prévu que le total des recettes, hors produits des emprunts à moyen et long terme, atteigne 421,33 milliards de dirhams (MMDH), contre 368,84 MMDH dans la Loi de finances précédente, soit une progression de 14,2%. Cette évolution reflète à la fois la reprise de l'activité économique et l'amélioration du rendement du système fiscal. En effet, dans le détail, les recettes fiscales s'élèveraient à 329,72 MMDH, en hausse de 14,1%. Les impôts directs et taxes assimilées, notamment l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, progresseraient de 17,7%. Toutefois, il s'avère important de souligner que la part de l'IR provenant du secteur privé connaîtrait un recul, passant de 52,9% à 47,4%. Les impôts indirects augmenteraient également de 15%, les droits de timbre de 10%, tandis que les droits de douane reculeraient de 13,6%, dans le cadre d'une politique de soutien à la production nationale et à la compétitivité des entreprises. Quant aux recettes non fiscales, elles atteindraient 45,24 MMDH, en hausse de 15,6%. Cette performance serait portée par l'augmentation de 22% des produits de monopole, d'exploitation et des participations financières de l'Etat. Les revenus du domaine de l'Etat enregistreraient une progression exceptionnelle de 69,1%, alors que les recettes diverses évolueraient de 10%. Ces résultats confirment l'importance croissante de la valorisation du patrimoine public comme levier de financement du budget. ... les dépenses aussi ! En parallèle, les dépenses du budget général, y compris celles relatives à la dette publique, s'établiraient à 591,81 MMDH, en hausse de 6,3%. Les dépenses de fonctionnement atteindraient 347,49 MMDH (+8,3%), traduisant les engagements de l'Etat en matière de services publics. Les dépenses de matériel et diverses augmenteraient de 16,8%, tandis que les dépenses imprévues et dotations progresseraient de 25,9%. Les dépenses du personnel enregistreraient une hausse de 8,4%, liée notamment aux recrutements dans les secteurs de l'éducation, de la santé et de l'administration. En revanche, les charges communes reculeraient de 5,5% et les dépenses relatives aux remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux diminueraient légèrement (-0,4%), contribuant à une meilleure maîtrise globale des finances publiques. Les dépenses d'investissement atteindraient 136,11 MMDH, en hausse de 5,9%, confirmant la priorité accordée aux infrastructures, au développement territorial intégré et aux grands projets structurants. Les charges de la dette publique s'élèveraient à 108,22 MMDH, soit une augmentation modérée de 0,9%, témoignant d'une gestion prudente de l'endettement. L'analyse de la dette montre également sa sensibilité aux conditions financière et de change. Une augmentation de 1 point de base des taux d'intérêt sur le marché intérieur entraînerait un surcoût de 14 MDH, tandis qu'une hausse équivalente sur la dette extérieure générerait un surcoût de 20,4 MDH. De même, une appréciation de 1% de l'euro face au dollar provoquerait une augmentation de 22,2 MDH du service de la dette extérieure, alors qu'une dépréciation de même ampleur entraînerait une baisse de 22,5 MDH. Par ailleurs, les besoins de financement du budget de l'Etat s'élèveraient à environ 171,74 MMDH, en recul de 8,9% par rapport à 2025. Cette amélioration s'inscrit dans une trajectoire de réduction progressive du déficit budgétaire, qui devrait atteindre 3% du PIB en 2026, tandis que la dette du Trésor resterait contenue autour de 65,9% du PIB, un niveau compatible avec la soutenabilité financière. Les dépenses fiscales demeurent un instrument central de la politique économique et sociale. En 2025, 274 mesures fiscales incitatives ont été recensées, dont 236 évaluées à un coût estimé à 32 MMDH, en hausse de 1,7%. Près de 46,5% de ces avantages bénéficient directement aux ménages, 44,8% aux entreprises et 1,9% aux services publics. Les principales priorités de ces dispositifs concernent la mobilisation de l'épargne intérieure (19,3%), le soutien au pouvoir d'achat (18,6%) et la facilitation de l'accès au logement (16,4%), contribuant ainsi à renforcer l'inclusion sociale et la stabilité économique. Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO