Ils sont entrés sur la pelouse comme on entre dans l'histoire. Tout au long du match, de son temps additionnel, de ses prolongations et des tirs au but, ils ont tout donné, sans peur, sans excès, mais avec cette intensité dans le regard qu'on reconnaît chez ceux qui savent pourquoi ils sont là. En demi-finale de la CAN, les Lions de l'Atlas ont dompté les Aigles du Nigéria. Pas dans un festival de buts, mais dans un match où chaque geste comptait. Dans une bataille d'endurance mentale, de solidarité organique, de volonté pure. Une leçon de football, oui, mais surtout une leçon de «niaque». Ce n'est pas juste d'envie qu'il s'agit, mais de feu qui brûle même quand il fait froid. C'est cette capacité à aller chercher l'énergie quand il n'en reste plus. C'est ce petit plus qu'on ne voit pas dans les chiffres, mais qui fait basculer les matchs. À présent, cap sur la finale ! Un duel au sommet attendu contre le Sénégal, et donc une autre épreuve, décisive. Mais entre hier et aujourd'hui, il y a quelque chose à retenir et à prendre avec soi, hors des stades. Cette équipe a gagné parce qu'elle y a cru plus fort, plus longtemps. Parce qu'elle a travaillé sans relâche, résisté en bloc, frappé au bon moment, forçant le respect de ses supporters et du monde. Et si on faisait de même ? Dans nos projets, dans nos doutes, dans nos routines, parfois vides de sens ? Et si on prenait exemple sur cette philosophie qui dit : «tu ne gagnes pas forcément parce que tu es le plus talentueux, mais parce que tu n'abandonnes pas». Dimanche, le Maroc aspire à soulever un trophée dûment mérité, mais ce qui est indiscutable, c'est qu'il a déjà gagné quelque chose de plus fort. D'avoir transmis une énergie et une manière d'être au monde. Celle de foncer, même lorsque c'est dur et de rester fidèle à ce que l'on construit. Parce qu'au fond, la «niaque», ce n'est pas une stratégie de vestiaire, c'est une hygiène de vie. Meriem Allam / Les Inspirations ECO