Beaucoup a été dit depuis le coup de sifflet final de la CAN 2025... et ce n'est sans doute pas terminé. Pourtant, cette finale ne se résume pas à un penalty manqué. Elle révèle quelque chose de plus profond sur le football africain, sur la manière dont le Maroc est perçu et sur le rôle que veut réellement jouer la CAF. Sportivement, le Maroc a livré un parcours solide et cohérent. Organisationnellement, notre pays a confirmé qu'il peut accueillir un tournoi de très haut niveau. Humainement, l'équipe a porté tout un peuple avec sérieux et dignité. Cette défaite n'est donc pas un verdict, mais une étape. Pour autant, on ne peut ignorer les conditions dans lesquelles s'est jouée cette finale. Le climat de tension, les contestations répétées et les scènes de nervosité ont donné l'impression d'un match échappant à toute régulation. Le comportement des joueurs sénégalais, très offensif vis-à-vis de l'arbitrage, a transformé le terrain en arène psychologique plus qu'en espace sportif, tandis que les débordements en tribunes rappelaient que l'enjeu dépassait largement les 90 minutes. Le lendemain, la CAF a publié un communiqué condamnant ces débordements et annonçant un examen disciplinaire. Pourtant, elle disposait de leviers pour intervenir à chaud via ses délégués, mais a privilégié, comme souvent, la doctrine consistant à sauver le match d'abord, à sanctionner ensuite. Ce choix a laissé le sentiment d'une autorité trop discrète au moment où une ligne plus ferme était attendue. Et ce n'est pas tout, car cette finale met aussi en lumière un regard souvent biaisé porté sur le Maroc. Quand il gagne, on cherche l'ombre derrière la lumière, et, quand il perd, on y voit la confirmation de procès d'intention. Or, le Maroc n'a pas à s'excuser d'être ambitieux, organisé et fier de son identité plurielle. Le penalty manqué de Brahim Díaz restera marquant, mais il ne doit pas masquer l'essentiel. Un joueur qui assume, une équipe qui se tient droite et un pays qui continue d'avancer. Le Maroc poursuivra sa route en investissant, en formant, en rayonnant parce que sa trajectoire s'inscrit dans une vision de long terme. Et, rappelons-le, l'élégance marocaine n'est pas de la faiblesse, et le respect n'est pas de la naïveté. Meriem Allam / Les Inspirations ECO