Dans un climat international dominé par la montée des tensions géopolitiques et commerciales, les marchés financiers se replient sur les actifs défensifs, propulsant l'or vers de nouveaux sommets avant une légère phase de consolidation. Après avoir franchi un nouveau sommet historique dans la zone des 4.900 dollars l'once, l'or a légèrement corrigé en séance mercredi. Cette inflexion intervient au terme d'une envolée spectaculaire du métal jaune, porté par une accumulation de facteurs anxiogènes mêlant tensions géopolitiques, crispations commerciales et regain brutal de la volatilité sur les marchés financiers. Valeur refuge par excellence en période d'incertitude, l'or a culminé à 4.888 dollars l'once, affichant une progression de plus de 2,5% en début de séance asiatique. Ce mouvement haussier s'inscrit dans un contexte marqué par la dégradation du climat international, alors que les menaces de surtaxes douanières brandies par le président américain Donald Trump ravivent le spectre d'un nouveau bras de fer commercial entre les Etats-Unis et l'Europe, sur fond de tensions autour du dossier du Groenland. Le léger reflux observé après ce record s'explique avant tout par un facteur technique. Le dollar américain a amorcé un rebond modéré après avoir touché un plus bas de deux semaines, exerçant mécaniquement une pression sur l'or, coté en billets verts. Pour autant, le marché ne montre aucun signe de retournement de tendance. La structure reste favorable aux acheteurs, les corrections apparaissant limitées et rapidement absorbées. Dans ce climat d'aversion au risque, les marchés actions asiatiques sont restés sous pression, tandis que le pétrole évoluait à la baisse. À l'inverse, l'appétit pour les actifs défensifs demeure intact, confirmant que l'or continue de jouer pleinement son rôle de baromètre de l'incertitude mondiale. Sami Nemli / Les Inspirations ECO