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Dépenses fiscales : un héritage coûteux aux lourdes conséquences
Publié dans Les ECO le 02 - 02 - 2026

Qualifiées d'angle mort de la politique financière, les dépenses fiscales constitue un système massif et largement hérité du passé. Un stock colossal de mesures anciennes qui pèsent de tout son poids dans le budget public, dans un contexte de contraintes budgétaires renforcées. Marquée par la prédominance des exonérations, la concentration sectorielle et le poids de dispositifs anciens, ces dépenses mobilisent des montants croissants sans réelle remise à plat.
Selon la présentation synthétique du ministère de l'Economie et des Finances, annexée au Projet de loi de finances 2026, le coût des avantages fiscaux accordés par l'Etat s'est établi à 32 milliards de dirhams en 2025, contre 31,5 MMDH un an plus tôt, soit une hausse de plus de 1,7%. Une progression contenue, qui masque toutefois une réalité structurelle : celle d'un dispositif hérité des précédentes lois de finances, difficilement réformable, et dont le poids continue de peser durablement sur les marges budgétaires de l'Etat.
La TVA, principal canal de la dépense fiscale
En 2025, 274 mesures ont été catégorisées comme dépenses fiscales, contre 268 en 2024. Parmi elles, 236 ont fait l'objet d'une évaluation, ce qui représente près de 86% du total. Par ailleurs, 86% des mesures en vigueur ont été adoptées avant 2020, et concentrent à elles seules 91% du coût total constaté en 2025.
Autrement dit, les choix fiscaux d'hier continuent de peser lourdement sur l'effort budgétaire actuel. Les dispositifs introduits récemment demeurent marginaux en nombre, même si certains affichent un coût élevé. Les mesures issues de la Loi de finances 2024 représentent, à elles seules, près de 1,9 MMDH, ce qui renseigne sur le caractère onéreux des nouvelles dérogations.
Dans le détail, et sans surprise, la taxe sur la valeur ajoutée accapare la part du lion. En 2025, les dépenses fiscales qui lui sont associées atteignent 16,3 MMDH, soit un peu plus de la moitié du total. Elles expliquent à elles seules l'essentiel de la hausse observée sur un an, avec une progression de 1,32 MMDH. À l'inverse, les dépenses fiscales liées aux taxes intérieures de consommation (TIC) enregistrent un net recul estimé à 850 MDH, soit -47%.
L'impôt sur le revenu (IR) et la taxe sur les contrats d'assurance (TCA) demeurent des postes significatifs, tandis que l'impôt sur les sociétés (IS) ne représente que 8,6% du coût total. Dans leur forme, les dépenses fiscales restent majoritairement constituées d'exonérations totales, lesquelles représentent 73,1% du coût global, soit 23,4 MMDH, en 2025. Les réductions fiscales arrivent loin derrière avec 18,2%, tandis que les abattements, déductions, taxations forfaitaires ou facilités de trésorerie jouent un rôle marginal.
Cette structuration interroge le degré de ciblage de la politique fiscale, les exonérations totales étant par nature plus rigides, moins conditionnelles et plus difficiles à ajuster que d'autres instruments.
Ménages et entreprises, principaux bénéficiaires
La répartition sectorielle met en évidence une concentration marquée. Trois secteurs absorbent à eux seuls plus de la moitié de la dépense fiscale. Il s'agit en premier lieu de la sécurité et la prévoyance sociale (23,3%), suivi des activités immobilières (17,3%), et du secteur de l'électricité et du gaz (16,4%). L'éducation connaît par ailleurs une progression notable, avec un coût fiscal qui a presque triplé entre 2024 et 2025, traduisant une inflexion plus sociale de certains dispositifs.
La ventilation des dépenses fiscales par type de bénéficiaires fait ressortir que les ménages et les entreprises concentrent l'essentiel des avantages fiscaux. En 2025, les ménages captent 46,5% de la dépense fiscale, dont 14,1% représentés par des salariés, contre 44,8% pour les entreprises, soit plus de 91% à eux deux. Les salariés, les agriculteurs et les promoteurs immobiliers figurent parmi les bénéficiaires les plus significatifs.
Toutefois, un enseignement se dégage. La vocation sociale des dépenses fiscales s'affirme nettement. Durant l'exercice 2025, 52,5% des avantages fiscaux poursuivent un objectif social, contre 46,2% à vocation économique. Les priorités affichées consistent à mobiliser l'épargne intérieure, soutenir le pouvoir d'achat et faciliter l'accès au logement en déployant 5,3 MMDH. Les incitations à vocation culturelle bénéficient de 1,3% de l'ensemble des dépenses fiscales.
Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues et de montée des besoins sociaux, la question n'est plus seulement celle du volume de la dépense fiscale, mais bien celle de sa pertinence, de son ciblage et de son rendement économique et social. Un chantier de gouvernance que les prochaines lois de finances auront de plus en plus de difficulté à contourner.
Maryem Ouazzani / Les Inspirations ECO


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