Une dépression atlantique active traverse le Maroc, engendrant des conditions météorologiques instables sur la façade nord et les massifs montagneux. Face aux risques d'inondations et aux vents violents, les autorités coordonnent leurs interventions sur le terrain. L'alerte rouge a provoqué des évacuations préventives et une surveillance stricte des ouvrages hydrauliques. Le Royaume traverse une séquence météorologique caractérisée par une forte instabilité atmosphérique qui touche l'ensemble de la façade nord-ouest ainsi que les zones de relief. La Direction générale de la météorologie (DGM) a placé plusieurs régions en vigilance orange afin de prévenir les populations des risques liés aux précipitations intenses et aux fortes rafales de vent. Cette situation est due à un affaiblissement du vortex polaire observé par les spécialistes internationaux. Le phénomène amplifie les fluctuations du courant-jet et favorise la descente d'air arctique vers le sud tout en acheminant des masses d'air humides et froides vers le territoire national. Une dépression atlantique positionnée au large des côtes marocaines dirige ainsi un flux perturbé générant des pluies régulières et parfois orageuses sur le Rif, le Tangérois et le Loukkos. Les données techniques confirment la persistance de l'épisode tout au long de la semaine en cours. Des cumuls de précipitations compris entre 50 et 80 mm concernent plusieurs provinces. Les plaines du Saïss et du Gharb reçoivent également des quantités notables oscillant entre 30 et 50 mm tandis que le vent constitue un autre paramètre déterminant, avec des rafales pouvant atteindre 90 km/h sur les côtes méditerranéennes et les plaines atlantiques nord. Les températures enregistrent une baisse sensible et le mercure affiche des valeurs négatives sur les reliefs, favorisant des chutes de neige significatives au-delà de 1.500 mètres d'altitude. L'épaisseur du manteau neigeux pourrait atteindre 60 cm sur les sommets du Moyen Atlas et du Rif, notamment dans les provinces d'Ifrane ou de Boulemane. Une amélioration progressive est entrevue en fin de semaine bien que l'instabilité demeurera présente sur l'extrême nord. Mesures préventives et continuité pédagogique Suite aux bulletins d'alerte et dans un souci de préservation de la sécurité des usagers, les autorités éducatives régionales ont activé des protocoles de suspension des cours dans plusieurs provinces. Les directions provinciales de l'Education nationale de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ont décrété l'arrêt temporaire des enseignements présentiels dans l'ensemble des établissements publics et privés des préfectures de Tanger-Assilah et de M'diq-Fnideq ainsi que dans ceux des provinces de Tétouan et Chefchaouen. La mesure, qui entre en application dès le début de la semaine, pourrait être reconduite, selon l'évolution de la situation météorologique locale et les recommandations des cellules de veille provinciales. Le maintien des élèves à domicile vise à limiter les déplacements dans des zones où le réseau routier pourrait être fragilisé par les ruissellements ou les chutes de neige. La province de Larache connait une suspension étendue sur une durée plus longue pour les établissements situés dans la commune de Ksar El Kébir, allant jusqu'au samedi 7 février. Un dispositif d'enseignement à distance est déployé pour assurer la continuité pédagogique et permettre le rattrapage des séances. La province de Taounate a également annoncé une fermeture des écoles pour trois jours. Le ministère de l'Equipement et de l'Eau signale par ailleurs des perturbations de la circulation, dix-neuf axes routiers demeurant coupés à la circulation. Les équipes techniques sont mobilisées pour le déneigement et le rétablissement du trafic mais la prudence reste de mise sur les routes de montagne et à proximité des cours d'eau en crue. Stratégie de régulation du complexe hydraulique L'intensité des précipitations sur le bassin du Loukkos a engendré une montée rapide des eaux de l'Oued Loukkos et une saturation du barrage Oued El Makhazine. Le taux de remplissage de l'ouvrage hydraulique a atteint sa capacité maximale, imposant une gestion technique rigoureuse de la part des services concernés. Les experts expliquent que la fonction polyvalente de la structure – qui assure à la fois la protection contre les inondations ainsi que l'irrigation agricole et l'approvisionnement en eau potable – empêche un déstockage préventif massif qui risquerait de compromettre les réserves en cas de sécheresse ultérieure. La gestion des ressources en eau impose donc un équilibre constant entre la sécurité des populations en aval et la préservation du stock hydrique national. La configuration actuelle résulte de l'apport simultané et abondant des affluents qui alimentent la retenue car les débits entrants dépassent les capacités de stockage résiduelles. L'administration du barrage procède donc à des lâchers d'eau contrôlés par vagues successives. La manœuvre technique vise à éviter un déversement incontrôlé par-dessus le barrage ou un fonctionnement en déversoir libre car un tel scénario provoquerait des ondes de crue bien plus volumineuses et rapides. Les évacuations maîtrisées permettent de réguler le débit en aval bien que cela maintienne un niveau élevé dans le lit de la rivière traversant la ville de Ksar El Kébir. La coordination entre la gestion du barrage et les autorités locales permet d'anticiper les hausses de niveau et d'organiser les mesures de protection des zones riveraines exposées aux débordements. Déploiement opérationnel des secours et sécurité Les institutions sécuritaires et les services de secours sont pleinement mobilisés pour porter assistance aux populations affectées et sécuriser les biens dans les zones sinistrées. Les Forces armées royales ont déployé des unités de génie militaire et des moyens nautiques adaptés pour intervenir dans les quartiers inondés de Ksar El Kébir et des douars environnants. Des canots de sauvetage naviguent dans les rues inondées pour évacuer les résidents bloqués dans les habitations. Les opérations se déroulent avec précision, les soldats n'hésitant pas à progresser à pied dans l'eau pour pousser les embarcations vers la terre ferme et acheminer les sinistrés vers les points de rassemblement sécurisés. La Protection civile et la Direction générale de la sûreté nationale renforcent le dispositif sur le terrain. Des centres d'hébergement, équipés de tentes imperméables et de services de première nécessité, ont été aménagés pour accueillir les familles évacuées, notamment dans les stades de Ksar El Kébir. La présence policière a été intensifiée afin de prévenir toute atteinte à l'ordre public et de sécuriser les commerces ainsi que les habitations temporairement vacantes. À noter que les autorités locales ont démenti les rumeurs de pillage. Appuyées par les bénévoles, elles poursuivent les actions de sensibilisation auprès des citoyens résidant dans les zones à risque en les incitant à respecter les consignes d'évacuation. D'autres interventions ont également eu lieu dans la province de Taounate où des habitations menacées d'effondrement par l'érosion des sols ont été évacuées préventivement. Vigilance rouge et aggravation des prévisions À l'heure où nous mettions sous presse, la Direction générale de la météorologie a émis un bulletin d'alerte actualisé, rehaussant le niveau de vigilance d'orange à rouge, pour plusieurs provinces du Nord. Les prévisions font désormais état de précipitations exceptionnelles, comprises entre 100 et 150 mm, attendues le mercredi 4 février. Cette alerte maximale concerne les provinces de Chefchaouen, M'diq-Fnideq, Tétouan, Tanger-Assilah, Ouezzane, Larache et Fahs-Anjra. Parallèlement, les estimations des rafales de vent ont été revues à la hausse, pouvant atteindre 100 km/h sur une grande partie du pays à partir de mardi soir. Cette évolution confirme la nécessité des mesures d'urgence déjà déployées par les autorités. Alerte, vagues dangereuses sur le littoral ! Un communiqué de la météorologie maritime annonce une forte agitation de la mer touchant les côtes marocaines à partir du mardi 3 février 2026. Des vagues de direction ouest à nord-ouest affecteront le littoral atlantique entre Tanger et Safi, avec des hauteurs significatives dépassant 6 mètres et des périodes de 12 à 14 secondes. Le détroit de Gibraltar sera également concerné par des vagues supérieures à 5 mètres, rendant la navigation très risquée. Cette situation sera accompagnée de marées hautes oscillant entre 3 et 4 mètres à certaines heures de la journée. Par ailleurs, des vents forts à localement violents de secteur ouest à sud-ouest souffleront dès la nuit de mardi à mercredi. Ces conditions météorologiques toucheront aussi les côtes méditerranéennes. Les autorités appellent ainsi à la vigilance, notamment pour les activités maritimes et côtières. Une amélioration progressive est prévue à partir de la matinée du dimanche 8 février 2026. Mehdi Idrissi / Les Inspirations ECO