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Marché à terme : quels préalables dans la perspective du 6 avril prochain ?
Publié dans Les ECO le 10 - 02 - 2026

Avec un lancement attendu pour le 6 avril prochain, le marché à terme marocain se prépare à franchir une étape majeure. La première édition de la conférence annuelle de l'APSB, tenue lundi 9 février à Casablanca, a réuni professionnels et autorités autour des enjeux de profondeur, de liquidité et de crédibilité de la Bourse de Casablanca. Deux conclusions majeures se dégagent : la place casablancaise doit, entre autres, adopter une nouvelle culture, plus «anglo-saxonne». Le secteur, lui, gagnerait à revoir son cadre global pour augmenter le nombre d'IPO réalisées chaque année tout en attirant de nouveaux investisseurs.
C'est désormais officiel. Le lancement du marché à terme est fixé au 6 avril prochain. Annonce en a été faite par Nadia Fettah Alaoui, ministre de l'Economie et des Finances, lors de la première édition de la conférence annuelle de l'Association professionnelle des sociétés de bourse (APSB), organisée lundi 9 février à Casablanca, sous le thème «Le marché boursier marocain à l'aube d'une nouvelle ère : quels défis et quelles attentes ?».
Cette échéance marque une étape structurante pour le marché des capitaux marocain, longtemps attendue par les professionnels comme par les investisseurs institutionnels. Elle s'inscrit dans une séquence plus large de réformes visant à renforcer la profondeur du marché, à élargir la palette des instruments disponibles et à rapprocher la place casablancaise des standards internationaux.
Au-delà de cette annonce, la ministre a insisté sur le rôle élargi assigné à la Bourse de Casablanca, appelée à dépasser sa fonction traditionnelle de canal d'investissement pour devenir un véritable outil de transformation économique. Elle doit, selon elle, accompagner la diversification des sources de financement, soutenir l'innovation et favoriser un meilleur partage de la création de valeur entre les acteurs économiques.
Dans cette perspective, la liquidité s'impose comme un facteur clé de durabilité des marchés. Elle conditionne non seulement l'attractivité des titres, mais aussi la capacité du marché à absorber de nouveaux produits, à sécuriser les investisseurs sur le long terme et à accompagner les cycles économiques.
Ce message a donné le ton de cette première édition, largement dominée par les notions de profondeur, de liquidité et de crédibilité.
«2025 a été l'année de la confiance dans le rôle de la Bourse de Casablanca dans le financement de l'économie nationale», a souligné Amine Maamri, président de l'APSB, rappelant que la capitalisation boursière dépasse désormais 1.000 milliards de dirhams, soit plus de 60% du PIB.
Un niveau inédit, porteur d'opportunités, mais qui appelle, selon lui, à franchir une nouvelle étape, notamment en matière de modernisation des outils, de diversification des produits et d'élargissement de la base d'investisseurs, encore trop concentrée. Deux Keynotes ont également marqué ce rendez-vous.
Dans sa première prise de parole publique depuis sa nomination, Nasser Seddiqi, directeur général de la Bourse de Casablanca, a dressé pour sa part un bilan détaillé des trois dernières années : dynamisme des IPO, diversification sectorielle accrue et rôle croissant du Private Equity, à l'origine de six des huit dernières introductions. Il a également rappelé la progression du MASI, le franchissement du seuil symbolique des 1.000 milliards de DH de capitalisation et un ratio de liquidité avoisinant 16%. Parmi les priorités affichées figurent l'élargissement de la base d'investisseurs, le renforcement de l'éducation financière et le lancement d'une étude dédiée à une meilleure connaissance des profils investisseurs.
Dans son allocution Tarik Senhaji, président de l'AMMC, a estimé que «nous sommes au début d'une nouvelle ère pour le marché boursier marocain». Il a souligné la capacité croissante de la place casablancaise à mobiliser l'épargne nationale, portée notamment par la montée en puissance des investisseurs particuliers. Cette dynamique constitue, selon lui, un tournant dans la démocratisation de l'investissement boursier et dans l'ancrage du marché dans l'économie réelle.
Sur le plan des infrastructures post-marché, Mounir Razki, président de Maroclear, a souligné de son côté que la maturité d'un marché se mesure aussi à la robustesse de ses systèmes, à leur modernité et à leur gouvernance. Il a alerté sur les défis liés à la digitalisation et à l'automatisation, évoquant des retards de validation des ordres et appelant à une standardisation accrue des processus.
Attractivité, profondeur et crédibilité de la place casablancaise
Le premier panel a mis en lumière les leviers d'attractivité du marché marocain, dans un environnement international marqué par une intensification de la concurrence entre places financières. Dans ce contexte, la crédibilité réglementaire, la lisibilité de l'information et la profondeur des échanges apparaissent comme des déterminants clés.
Younes Benjelloun, directeur général de CFG Bank, a observé que «nous sommes dans une vague porteuse».
Cependant, a-t-il insisté, «nous ne sommes plus capables aujourd'hui de faire 10 IPO par an comme avant, et c'est un vrai problème. Autre remarque : les IPO ne sont pas toutes utilisées pour des augmentations de capital, alors que la Bourse pourrait être un véritable levier de financement des entreprises cotées». Cette évolution s'accompagne toutefois d'exigences accrues.
«La clarté et la précision de l'information boursière deviennent déterminantes», a-t-il indiqué, rappelant que la transparence est un prérequis à la confiance.
La maîtrise des risques, le renforcement continu du cadre réglementaire et la qualité de la communication financière sont appelés à jouer un rôle central dans la consolidation de cette dynamique. Un diagnostic partagé par Richard Metcalfe, Head of Regulatory Affairs à la World Federation of Exchanges, qui a qualifié l'évolution du Maroc comme hub financier africain «d'impressionnante».
À l'international, le Royaume est désormais perçu comme un «leading finance country in Africa», bénéficiant d'«un plan clair et d'un momentum réel». Cette reconnaissance reste néanmoins conditionnée à la capacité du marché à maintenir un rythme soutenu de réformes et à renforcer sa liquidité.
Du côté des investisseurs institutionnels, Myriam Oualha Deblanc, fondatrice de ProFin Partners, a rappelé que la performance ne suffit pas sans visibilité, consistance et crédibilité. Si la stabilité macroéconomique du Maroc est unanimement reconnue, elle a pointé un angle mort stratégique : la langue. «L'anglais demeure la langue des marchés financiers internationaux», plaidant pour une communication plus anglo-saxonne afin de capter davantage de capitaux étrangers et d'élargir la base d'investisseurs internationaux.
Enfin, sur le plan des classements internationaux, Jean-Maurice Ladure, Managing Director, Global head of Index Management Research à MSCI, a rappelé que le reclassement du Maroc, actuellement en marché Frontier, reste envisageable, mais conditionné à un processus long et exigeant, pouvant s'étaler jusqu'à deux ans, sans garantie automatique de succès. Un chantier structurant, mais encore semé de contraintes techniques et opérationnelles.
Nouveaux produits, infrastructures et modernisation du marché
Le second panel s'est résolument tourné vers l'avenir, en abordant les nouveaux produits et infrastructures appelés à renforcer la liquidité et la sophistication du marché. Dans un contexte de transformation accélérée, l'enjeu est de proposer une offre complète, cohérente et alignée sur les standards internationaux.
Bassil Zekri, responsable du département des marchés à l'Autorité marocaine du marché des capitaux, a rappelé que les récentes avancées réglementaires ne doivent pas être lues isolément, mais en tant que composantes d'une offre globale cohérente du marché des capitaux. L'objectif est de créer un écosystème capable d'absorber de nouveaux produits tout en maîtrisant les risques.
Ahmed Arharbi, directeur exécutif des opérations marchés, est revenu sur la logique de structuration des infrastructures, notamment la mise en place de la Chambre de compensation. Celle-ci constitue un jalon essentiel pour la sécurisation des transactions, la robustesse opérationnelle et l'alignement avec les meilleures pratiques internationales.
Enfin, Youssef Benhaddouch, consultant indépendant, et Karim Allouache (Caceis) ont insisté sur le rôle structurant des prêts-emprunts de titres, condition indispensable à un marché actif. Ces mécanismes permettent de lutter contre la raréfaction artificielle des titres, d'améliorer la formation des prix et de soutenir durablement la liquidité.
Nadia Fettah Alaoui
Ministre de l'Economie et des Finances
«La Bourse doit devenir un véritable outil de transformation économique. Le Maroc bénéficie aujourd'hui d'une forte visibilité internationale, confirmée par son retour dans l'Investment Grade. Nous entrons dans une phase où il ne s'agit plus uniquement d'investir, mais de diversifier les sources de financement et de mieux partager la création de valeur. La liquidité reste essentielle, car c'est elle qui fait vivre les titres dans la durée. Les pouvoirs publics sont pleinement engagés pour accompagner cette dynamique.»
Tarik Senhaji
Président de l'AMMC
«Nous sommes au début d'une nouvelle ère pour le marché boursier marocain. La place casablancaise a démontré sa capacité à mobiliser l'épargne nationale, et la montée en puissance des investisseurs particuliers constitue une avancée majeure. Cela impose un niveau élevé de clarté et de précision de l'information boursière, ainsi qu'un cadre réglementaire solide. La maîtrise des risques et la confiance des investisseurs restent des piliers essentiels.»
Amine Maamri
Président de l'APSB
«Cette première conférence marque le lancement d'un rendez-vous structurant pour notre marché. 2025 a été l'année de la confiance dans le rôle de la Bourse de Casablanca, avec une capitalisation représentant 60% du PIB. Mais la performance ne suffit pas. La liquidité reste un enjeu majeur, et nous devons franchir une nouvelle étape en modernisant nos outils. Cette conférence se veut un espace d'échange et de propositions concrètes au service du marché des capitaux.»
Brahim Benjelloun-Touimi
Président du conseil d'administration de la Bourse de Casablanca
«Le défi central est celui d'une transformation durable du marché. La liquidité ne se décrète pas, elle se construit. Dans ce processus, le rôle de l'intermédiaire boursier est fondamental. Il est l'architecte de la liquidité et doit continuer à se développer pour accompagner la modernisation du marché, renforcer la confiance et soutenir l'attractivité de la place casablancaise. Son rôle est plus large que celui d'un simple canal d'investissement. Il doit désormais s'imposer comme un outil structurant de transformation économique, capable d'accompagner la diversification des sources de financement et le partage de la création de valeur. Dans cette phase, il n'est plus seulement question d'investissement, mais bien de durabilité des marchés, la liquidité demeurant un facteur clé pour faire vivre les titres dans la durée».
Abdelhafid marzak / Les Inspirations ECO


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