Un arrêté conjoint des ministères de l'Intérieur et de la Santé modifie les normes applicables aux véhicules de transport de corps. Les nouvelles mesures traduisent une volonté des pouvoirs publics d'encadrer avec respect et dignité les opérations funéraires. Inscriptions religieuses obligatoires, identification des propriétaires, exigences sanitaires… Les opérateurs du secteur funéraire doivent désormais s'adapter à un cadre plus strict et codifié. Le Bulletin officiel n° 7485 du 26 février 2026 a publié un arrêté conjoint signé par le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Santé et de la Protection sociale, modifiant la décision n° 1250.25 du 13 mai 2025 relative aux critères de santé et de sécurité applicables aux opérations d'inhumation, de transport et d'exhumation des corps. Le texte, entré en vigueur dès sa publication, apporte des précisions importantes sur les caractéristiques des véhicules funéraires, avec un double objectif : garantir des conditions sanitaires irréprochables et encadrer strictement la signalétique des véhicules affectés à cette mission sensible. Un cadre sanitaire renforcé L'arrêté conjoint s'inscrit dans le prolongement des efforts des autorités pour encadrer les opérations funéraires, un secteur où les exigences sanitaires doivent être impérativement respectées. La modification porte spécifiquement sur l'article 5 du texte initial, qui détaille les normes auxquelles doivent répondre les véhicules de transport de corps. Désormais, tout véhicule affecté au transport funéraire doit répondre à des critères stricts. La cabine destinée au corps doit être conçue de manière à être facilement nettoyable, une exigence qui vise à garantir des conditions d'hygiène optimales et à prévenir tout risque sanitaire. Cette disposition, bien que technique, est essentielle dans un contexte où le respect des normes d'hygiène est devenu une priorité absolue pour les autorités sanitaires. Les matériaux utilisés, la conception des espaces de conservation et les procédures de nettoyage doivent permettre une désinfection complète et rapide après chaque utilisation. Une exigence qui implique pour les opérateurs un investissement constant dans la qualité et l'entretien de leurs équipements. Des inscriptions obligatoires strictement codifiées L'une des principales innovations du texte concerne les inscriptions qui doivent obligatoirement figurer sur les véhicules funéraires. L'arrêté impose désormais que seules trois mentions spécifiques apparaissent sur les côtés des véhicules, et dans un ordre strictement défini qui ne laisse aucune place à l'interprétation. D'abord, la profession de foi musulmane, qui ancre le véhicule dans sa dimension religieuse ( Il n'y a de dieu que Dieu et Mohammed est son prophète); puis un verset coranique qui rappelle solennellement la condition humaine ( Toute âme goûtera la mort ) puis, la mention civile qui identifie clairement la fonction du véhicule (Transport des défunts ). Cette codification répond à un double objectif. D'une part, elle garantit une uniformité stricte dans la présentation des véhicules funéraires, évitant les dérives ou les fantaisies qui pourraient nuire à la dignité de la mission. D'autre part, elle ancre ces véhicules dans une dimension à la fois religieuse et civile, rappelant à tous, usagers de la route comme familles endeuillées, la nature particulière de leur fonction. Le texte précise également que des informations relatives au propriétaire du véhicule peuvent être ajoutées, mais uniquement sur la porte arrière. Une souplesse bienvenue pour les opérateurs qui souhaitent identifier leur flotte sans contrevenir aux nouvelles règles, mais qui reste strictement encadrée pour éviter tout excès. Des normes techniques inchangées mais rappelées Pour le reste, l'article 5 conserve ses dispositions antérieures. Les exigences relatives à l'équipement de la cabine, aux matériaux utilisés, aux systèmes de réfrigération éventuels et aux procédures de nettoyage restent en vigueur. L'arrêté ne modifie que les aspects liés à la signalétique et à l'identification des véhicules, laissant inchangé le cœur technique du dispositif. Cette stabilité est rassurante pour les professionnels du secteur, qui avaient déjà dû s'adapter aux nouvelles normes introduites en 2025. Elle témoigne d'une volonté des autorités de ne pas multiplier les changements, tout en ajustant le cadre là où des améliorations étaient jugées nécessaires. Les opérateurs peuvent donc se concentrer sur la mise en conformité de leur signalétique, sans avoir à revoir l'ensemble de leurs équipements. Entrée en vigueur immédiate et obligations pour les opérateurs Conformément à l'article 2 de l'arrêté, le texte est entré en vigueur dès sa publication au Bulletin officiel le 26 février 2026. Les opérateurs du secteur funéraire doivent donc s'y conformer sans délai, notamment en ce qui concerne la mise à jour de la signalétique de leurs véhicules. Les propriétaires de véhicules de transport funéraire ont tout intérêt à vérifier la conformité de leurs flottes avec les nouvelles dispositions. Le non-respect des inscriptions obligatoires pourrait, en cas de contrôle, entraîner des sanctions, même si le texte ne précise pas explicitement leur nature. Il appartient aux services compétents de veiller à l'application de ces nouvelles règles. Pour les opérateurs concernés, l'enjeu est à la fois de se mettre en conformité dans les meilleurs délais, mais aussi de communiquer auprès des familles sur le sérieux et le respect avec lesquels leurs défunts sont pris en charge. Une signalétique claire et conforme peut également contribuer à renforcer la confiance des usagers.