Sous la pression d'une incertitude commerciale américaine ravivée, le dollar recule et réoriente les flux vers l'euro, tandis que les taux se détendent dans les pays développés. Dans ce paysage, le Maroc se distingue par une tension hebdomadaire du 10 ans et une prime de risque en légère hausse, signe d'arbitrages plus sélectifs sur les émergents. Le marché des devises ouvre mars avec un message clair : la politique commerciale américaine pèse sur le prix du risque. Dans son Foreign Rates Weekly, BKGR relève un repli du dollar. Entre-temps, l'indice DXY termine la semaine en baisse de 0,14%, après l'annonce d'une surtaxe uniforme de 15% sur les importations, sur fond de décision de la Cour suprême défavorable au sentiment de marché. Un euro porté par la réallocation des flux La hausse de l'EUR/USD, +0,20%, s'explique d'abord par la faiblesse du billet vert et par des anticipations d'assouplissement monétaire plus marqué aux Etats-Unis. BKGR observe qu'un regain de stabilité en zone euro encourage une diversification hors actifs américains, malgré une conjoncture encore fragile. La livre sterling suit la même mécanique. Elle recule de 0,08% face à l'euro mais s'apprécie de 0,12% face au dollar, un mouvement davantage dicté par les flux globaux que par une dynamique domestique. Sur les places actions, l'écart de performance depuis le début de l'année est net. Le CAC 40 affiche +5,29% et le FTSE 100 +7,54%, quand le S&P 500 progresse de 0,93% et le Dow Jones de 2,95%. Les swaps confirment des niveaux élevés, le 10 ans USD ressort à 3,54 et le 10 ans EUR à 2,60. Marché monétaire, des repères toujours élevés Sur les taux courts, BKGR pointe un EURIBOR 3M à 2,01% et un TERM SOFR 3M à 3,89%, avec des spreads 3M ressortant à -1,91 et -3,67 points de base. Les niveaux à 10 ans donnent le ton, autour de 3,97% aux Etats-Unis et 2,66% sur l'Allemagne. Entre le 23 février et le 2 mars, les rendements reculent sur plusieurs signatures majeures, de 6,21 points de base aux Etats Unis à 1,17 point de base en Italie, tandis que le Royaume-Uni progresse de 2,45 points de base à 4,34%. Le Maroc évolue à contresens sur la semaine. Le 10 ans ressort à 2,939% avec +17,4 points de base, alors que la variation en glissement annuel reste à -22,8 points de base. Le MASI recule à 18 140,55 points, soit -3,75%, quand le Brésil et la Turquie affichent des progressions à deux chiffres. Sur le risque souverain, le taux directeur marocain reste à 2,25% et le CDS 5 ans s'établit à 78,13 points, en hausse de 9 points de base depuis le début de l'année. Eurobonds, la prime en devises se lit sur la courbe Sur le secondaire africain, les Eurobonds du Maroc donnent une lecture directe du coût de financement en devises. L'échéance en euro de mars 2026, coupon 1,375%, affiche 3,38% de rendement. La souche de septembre 2030, coupon 2%, ressort à 3,70%, puis la ligne de novembre 2031, coupon 1,5%, à 3,89%. En dollar, l'échéance de décembre 2042, coupon 5,5%, se traite sur un rendement de 6,02%. Au total, la note de BKGR décrit un marché dominé par un facteur unique, la lisibilité de la politique américaine. Tant que l'incertitude persiste, la faiblesse du dollar peut continuer à favoriser l'euro et à déplacer les primes de risque sur les actifs émergents, y compris marocains.