Selon AGR, la monnaie marocaine a progressé face aux principales devises durant la semaine du 16 au 20 mars. Un mouvement soutenu par un double effet favorable, alors que les tensions énergétiques et les incertitudes monétaires continuent de remodeler le marché international des changes. Le dirham a bouclé la semaine du 16 au 20 mars sur une séquence de raffermissement que peu d'indicateurs permettent de réduire à un simple mouvement technique. Selon Attijari Global Research, la paire USD/MAD a reculé de 0,40% d'une semaine à l'autre, revenant de 9,43 à 9,39. Le mouvement est loin d'être isolé. L'euro a lui aussi cédé 0,30% face au dirham à 10,7768, tandis que le yen, le dollar canadien, la livre sterling et le franc suisse ont également corrigé. Autrement dit, la monnaie marocaine a progressé contre l'ensemble des principales devises suivies dans la note hebdomadaire d'AGR. Un appui venu du panier et de la liquidité Ce qui retient l'attention, dans la lecture d'AGR, tient à la nature même du soutien apporté au dirham. Le bureau de recherche évoque un double effet favorable. D'un côté, l'effet panier ressort à -0,06% sur l'USD/MAD, sous l'impact de la dépréciation du billet vert à l'international. De l'autre, l'effet liquidité atteint -0,34%, signe d'un allègement des conditions de liquidité sur le marché interbancaire des changes. Résultat, le spread de liquidité USD/MAD s'est resserré de 33,2 points de base pour s'établir à -2,06%. Pour le marché, ce point est loin d'être secondaire. Il indique que la fermeté du dirham ne repose pas uniquement sur la faiblesse du dollar, mais aussi sur un environnement domestique plus favorable à la devise marocaine. Le contexte international a changé de tonalité Cette évolution intervient alors que le marché mondial des changes s'est brutalement reconfiguré autour d'un retour des tensions énergétiques. AGR souligne que la flambée des prix du pétrole, provoquée par les frappes sur des infrastructures au Moyen-Orient et par les tensions autour du détroit d'Ormuz, a ravivé les craintes inflationnistes. Dans ce climat, l'EUR/USD s'est apprécié de 1,51% sur la semaine à 1,1589. La Fed comme la BCE ont maintenu leurs taux inchangés lors de leurs réunions de mars 2026, mais la lecture du marché n'est plus homogène. En zone euro, la remontée des anticipations d'inflation a soutenu l'euro. Aux Etats-Unis, le dollar a perdu une partie de son attrait défensif, malgré l'idée d'une Fed potentiellement plus restrictive, les investisseurs restant préoccupés par les risques pesant sur la croissance américaine. C'est dans ce contexte qu'AGR recommande aux opérateurs de couvrir leurs opérations sur des horizons courts. Une devise marocaine solide depuis le début de l'année La photographie annuelle renforce cette impression de résistance. Dans son tableau de bord, AGR montre que le dirham affiche depuis le début de l'année des gains de 2,89% face au dollar, de 0,60% face à l'euro, de 1,29% face au yen, de 2,64% face au dollar canadien, de 1,67% face à la livre sterling et de 2,76% face au franc suisse. Cette tendance n'efface pas la volatilité du contexte international, mais elle confirme que la devise marocaine conserve une trajectoire globalement ferme dans un univers monétaire plus instable. AGR maintient ses projections à court terme La suite immédiate ne traduit d'ailleurs aucun changement majeur dans le scénario central d'Attijari Global Research. Le bureau maintient ses prévisions pour le couple USD/MAD à 9,32 à un mois, 9,32 à deux mois et 9,29 à trois mois, contre un spot de 9,39. Pour l'EUR/MAD, les niveaux cibles ressortent à 10,93 à un et deux mois, puis 10,90 à trois mois, contre un spot de 10,78. Cette grille repose sur deux hypothèses. D'abord, un consensus de brokers qui continue de situer la paire EUR/USD autour de 1,18 au deuxième trimestre 2026, puis 1,19 au troisième, avant une stabilisation à 1,20 à la fin de l'année. Ensuite, des spreads de liquidité du dirham appelés à se resserrer progressivement sur les prochains mois.