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Gitex 2026 : l'Etat prompt à dégainer le portefeuille
Publié dans Les ECO le 08 - 04 - 2026

Près de 1,7 milliard de dirhams. Tel est le montant de l'enveloppe consentie en faveur du numérique par le ministère de la Transition numérique, soit quinze fois plus qu'il y a quatre ans. Au-delà de l'apport financier, l'Etat se porte garant en absorbant les pertes initiales des fonds d'investissement qui s'engageront auprès des startups en phase d'amorçage.
Le coup d'envoi de la quatrième édition du GITEX Africa a été donné, le mardi 7 avril à Marrakech, devant un parterre réunissant instances gouvernementales, décideurs, investisseurs, business angels et porteurs de projets, en présence du chef du gouvernement Aziz Akhannouch et de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni. Trois jours durant, la ville ocre va concentrer l'essentiel de l'agenda numérique africain. D'emblée, le bilan dressé par le chef du gouvernement, à l'ouverture de la grand-messe de la tech, trace les contours de la manière dont l'Etat entend désormais accompagner son écosystème startup.
Le pari de la souveraineté
Quatre années auront suffi à hisser le numérique d'une priorité parmi d'autres au rang de chantier structurant de l'action publique. En témoigne l'enveloppe annuelle qui lui est consacrée, passée de 117 millions de dirhams en 2021 à près de 1,7 milliard en 2024. Une envolée budgétaire assumée dans le cadre de la stratégie «Maroc Digital 2030» et qui, pour rappel, s'appuie sur deux piliers : l'Etat numérique d'un côté, l'économie numérique de l'autre. Le premier axe se manifeste dans une série de chantiers déjà visibles dans le quotidien des usagers. La refonte du portail idarati.ma, la plateforme «mahkamati» en justice, le système «massar» pour l'éducation ou encore le casier judiciaire électronique forment, pris ensemble, l'ossature d'un appareil administratif en pleine mutation. Le second axe se traduit, entre autres, par le contrat-programme 2024-2030 signé avec la filière de l'offshoring. Celui-ci revendique 148.500 emplois créés et plus de 26 milliards de dirhams d'exportations de services à fin 2024, avec un cap fixé à 270.000 postes et 40 milliards de dirhams d'exportations en 2030. Des objectifs qui se heurtent, désormais, à une réalité passée sous silence dans le discours officiel.
«La digitalisation n'a de sens que si elle contribue à améliorer la vie quotidienne des Marocains et à renforcer la compétitivité de notre économie», a souligné Aziz Akhannouch à l'ouverture de la quatrième édition du GITEX Africa 2026.
Sur le terrain de l'intelligence artificielle, le Royaume revendique une progression de quatorze places dans l'indice mondial de préparation des gouvernements à l'IA pour l'année 2025. Deux véhicules d'exécution incarnent désormais cette ambition, l'institut Jazari Root et l'initiative «AI Made in Morocco», pensés pour faire basculer le pays du registre de la planification à celui du déploiement effectif. En érigeant la souveraineté technologique en boussole de la décision publique, l'Exécutif entend «maîtriser la révolution de l'intelligence artificielle plutôt que de la subir».
Capital sous garantie
Talon d'Achille de l'écosystème startup, le financement est au cœur du dispositif dévoilé par la tutelle lors de cette 4e édition. Pour l'année en cours, le ministère de la Transition numérique met sur la table une enveloppe globale de 1,3 milliard de dirhams, répartie entre deux dispositifs, qui aux yeux de la tutelle se veulent "complémentaires". L'offre Venture Capital (VC) destinée aux fonds d'investissement et Venture Builder (VB) qui s'adresse aux porteurs de projets.
De ce fait, l'Etat ne se contente plus d'orienter ou d'inciter. Il prend directement à sa charge une partie du risque que les capital-risqueurs hésitaient jusqu'ici à assumer sur le marché domestique. Ce mécanisme repose sur une garantie moyennant laquelle le ministère s'engage à couvrir les premiers déficits essuyés par les fonds en phase d'amorçage.
Concrètement, un investisseur qui place un ticket dans une jeune pousse sait qu'en cas d'échec, une partie de son capital initial sera absorbée par la puissance publique. Ce filet de sécurité, répandu dans les écosystèmes anglo-saxons, fait son entrée formelle au Maroc à travers un véhicule porté conjointement par le ministère, le Fonds Mohammed VI pour l'investissement et la Caisse de dépôt et de gestion. Neuf fonds ont été retenus à l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt, et leur identité doit être dévoilée au cours du salon.
«Les fonds d'investissement qui viennent investir dans la startup locale ont la garantie que les premières pertes seront couvertes par le ministère», explique Amal El Fallah Seghrouchni. Le second étage du dispositif, piloté par Tamwilcom, s'adresse aux jeunes entreprises en phase d'amorçage. Il combine prises de participation, accompagnement opérationnel et garanties bancaires, avec comme objectif d'enrayer la mortalité précoce qui frappe traditionnellement les jeunes pousses technologiques.
Consolider l'investissement dans le numérique profitera au passage au secteur de l'offshoring, l'un des principaux pourvoyeurs d'emplois qualifiés du Royaume, aujourd'hui exposé à un choc d'automatisation sans précédent. L'irruption de l'intelligence artificielle générative dans les centres de relation client et les fonctions support a déjà déclenché des vagues de licenciements en Inde, aux Philippines et en Europe de l'Est.
Le Maroc, qui a bâti une partie de sa proposition de valeur sur des prestations à forte intensité humaine, n'échappera pas à l'autorisation des tâches cognitives. D'où le pari assumé par la ministre, de faire migrer l'offre nationale vers un «offshoring de nouvelle génération», articulé autour de centres de R&D et d'ingénieurs formés aux technologies de pointe.
Au-delà des seules frontières nationales, c'est bien la dimension continentale qui s'impose aux visiteurs. Onze pays africains font cette année leur entrée au salon, conforté par la présence d'investisseurs venus du Moyen-Orient, d'Europe et d'Asie. L'ambition affichée est de transformer cette concentration ponctuelle de décideurs et de capitaux en flux d'investissement durables, capables d'irriguer aussi bien les jeunes pousses locales que celles des géographies voisines, dans la perspective d'incarner «un hub numérique régional au service de l'Afrique».
Aziz Akhannouch
Chef du gouvernement
«La digitalisation n'a de sens que si elle contribue à améliorer la vie quotidienne des Marocains et à renforcer la compétitivité de notre économie.»
Amal El Fallah Seghrouchni
Ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration
«Les fonds d'investissement qui viennent investir dans la startup locale ont la garantie que les premières pertes seront couvertes par le ministère.»
L'administration bientôt dans la poche du citoyen
C'est l'un des chantiers phares de la réforme administrative en cours, le "wallet national" ayant pour vocation de regrouper dans un seul portefeuille numérique l'ensemble des documents officiels du citoyen. «Il s'agit d'un portefeuille numérique qui va contenir de nombreux documents administratifs, accessible à partir du téléphone», precise Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration.
Permis de conduire, attestation d'assurance, titre foncier, plusieurs conventions ont déjà été signées avec plusieurs administrations pour intégrer progressivement ces pièces au dispositif. Le portefeuille est adossé à une super app permettant d'agréger plusieurs services entre eux, de manière à offrir au citoyen des parcours administratifs unifiés.
L'intelligence artificielle est mobilisée en arrière-plan pour rendre cette panoplie de services accessibles à tous, y compris aux usagers les moins familiers avec les outils numériques, avec des interactions possibles par voix ou via texte. À terme, le pari affiché par la tutelle est celui d'une administration proactive, à même d'anticiper les besoins du citoyen.
Ayoub Ibnoulfassih / Les Inspirations ECO


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