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La crise « no pasara »
Publié dans Le Soir Echos le 20 - 05 - 2011

Dans une Espagne minée par les retombées de la crise, des milliers de manifestants ont envahi la place de la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Les « indignés » entendent ainsi s'inviter aux élections locales du 22 mai prochain. Le point sur le printemps social espagnol.
Dans une Espagne minée par les retombées de la crise, des milliers de manifestants ont envahi la place de la Puerta del Sol, au cœur de Madrid. Les « indignés » entendent ainsi s'inviter aux élections locales du 22 mai prochain. Le point sur le printemps social espagnol.
C'est un cri d'indignation et de ras-le-bol général que poussent les manifestants de la place Puerta del Sol à Madrid. Décidés à faire entendre leurs voix, les manifestants n'hésitent pas à camper sur la place une fois la nuit tombée. De grandes bâches bleues ont été déployées, pour abriter les protestataires, et la place grouille de monde. Impressionnés par l'ampleur du mouvement, certains observateurs sont allés jusqu'à comparer la place madrilène à la place Tahrir en Egypte. Non seulement la capitale madrilène se soulève, mais ce sont aussi d'autres villes espagnoles, comme Valence, et les communautés espagnoles d'autres capitales européennes, comme Paris et Londres, qui relaient le mouvement.
Le mouvement, qui a débuté le 15 mai, se propage de jour en jour. A l'instar du printemps arabe, le mouvement a germé sur les réseaux sociaux. A l'origine deux groupes, « Democracia Real Ya » et « Juventud Sin Futuro », ont lancé des appels à manifester dimanche, rejoints ensuite par de nombreuses associations et syndicats. La première, Democracia Real Ya (Une vraie démocratie maintenant), donne le ton en affichant sur sa page d'accueil le slogan évocateur : « Nous ne sommes pas de la marchandise aux mains des politiques et des banquiers ». A l'origine, cette plate-forme s'est formée pour demander une réforme de la loi sur les partis qui, selon elle, défavorise les partis minoritaires, puis les revendications ont pris de l'ampleur, dans le domaine social. « Nous, les chômeurs, les mal rémunérés, les précaires, les jeunes…nous voulons le changement et un futur digne. Nous n'en pouvons plus de ces réformes antisociales qui nous laissent au chômage, des banques qui ont provoqué la crise et qui augmentent les hypothèques », affirment-ils sur leur site internet. Née au sein de l'Université, la seconde formation, Juventud sin futuro (Jeunesse sans futur), dresse le portrait des maux qui touchent une jeunesse précaire : « Sans maison, sans travail, sans retraite», voire même «sans peur ». Leurs demandes de réformes foisonnent, visant principalement le secteur «laboral».
Au cœur de l'indignation, les retombées de la crise qui frappent de plein fouet les Espagnols. Les chiffres en disent long : le taux de chômage a grimpé à 20%, atteignant le pic des 45% chez les jeunes. Dans les manifestations, la jeunesse est représentée en force, mais les fonctionnaires, touchés par la réduction des dépenses publiques, et bien d'autres ont rejoint la grogne sociale. « C'est une honte qu'à cause de politiques qui nous « dé-gouvernent » et des banquiers escrocs, nous vivions une telle situation, que va devoir vivre toute une génération », témoigne Francisco, 40 ans.
Le printemps social espagnol pointe du doigt les politiques. La réponse des politiques à la crise est inadéquate, voire inexistante, estiment les manifestants. Les banderoles affichent ainsi « Ne votez pas pour eux », affirmant avec force « Nous avons le droit de nous indigner ». Alors, face au mouvement, les politiciens ne savent pas sur quel pied danser, d'autant plus que la protestation s'invite à quelques jours à peine d'une échéance électorale. A l'approche des élections locales du 22 mai, nombre d'élus se sentent pris de court par le mouvement. En conséquence, le rassemblement a risqué d'être interdit par la commission électorale provinciale, qui a estimé qu'il risquait « de perturber la campagne », mais les manifestants n'entendent pas cesser de battre la pavé. Une indignation pacifique, qui n'appelle qu'à être entendue par les politiques.
Contactée par Le Soir Echos, une jeune Espagnole nous donne à vif ses impressions sur le mouvement des indignés. Patricia, étudiante en sciences politiques, manifeste depuis dimanche. « La mobilisation a été totalement spontanée. Dimanche, des appels avaient été lancés par Democracia Real Ya et Juventud sin futuro, mais après, le mouvement s'est poursuivi spontanément. Des jeunes ont décidé de camper sur la place. Ils ont envoyé des forces de l'ordre pour les déloger mais la mobilisation était totale. Chaque nuit, les personnes qui campent s'organisent. Nous organisons des assemblées et des commissions pour informer mais aussi pour donner l'alerte, si la police vient. Actuellement, une commission interne essaye de regrouper les propositions pour le Congrès des députés. Nous espérons que nous tiendrons jusqu'à dimanche, jour des élections. Nous n'attendons rien en réalité de ce scrutin, personne dans les principaux partis politiques ne propose de véritable alternative concernant la crise. Mais nous voulons que les problèmes soient posés, et que les politiques écoutent la voix des citoyens. Les médias disent que nous sommes anti-système, mais c'est faux. Nous sommes des gens normaux, des familles, des jeunes sans futur. Notre mouvement n'est pas radical et il n'y a pas de vandalisme. Nous demandons juste le changement et que notre voix soit entendue ».


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