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« Le Printemps arabe joue en faveur de la Palestine »
Publié dans Le Soir Echos le 19 - 08 - 2011

Ambassadeur de l'Etat de Palestine au Maroc, Ahmed Soboh explique pour le Soir échos le bien -fondé du projet de reconnaissance de son pays par les Nations Unies. Entretien.
Ahmed Soboh. Ambassadeur de l'Etat palestinien au Maroc
Lasse d'attendre le résultat d'un processus de paix qui s'est avéré stérile, la Palestine a décidé de faire le grand pas, celui de déposer sa candidature à l'ONU afin d'en devenir membre à part entière. Une adhésion qui permettra enfin à l'Etat palestinien de jouir de la reconnaissance de la communauté internationale. Mais, pour y arriver, le combat s'annonce difficile, car les Etats -Unis brandissent d'ores et déjà la menace d'un veto pour empêcher qu'une telle reconnaissance puisse avoir lieu. L'ambassadeur de la Palestine à Rabat, Ahmed Soboh, confie au « Soir échos » qu'il n'est pas question de baisser les bras, expliquant, point par point, les raisons qui font désormais de ce projet d'adhésion une urgence. La Palestine compte énormément sur le soutien des pays arabes et estime que le Printemps arabe aura un impact positif sur son avenir.
Lasse d'attendre le résultat d'un processus de paix qui s'est avéré stérile, la Palestine a décidé de faire le grand pas, celui de déposer sa candidature à l'ONU afin d'en devenir membre à part entière. Une adhésion qui permettra enfin à l'Etat palestinien de jouir de la reconnaissance de la communauté internationale. Mais, pour y arriver, le combat s'annonce difficile, car les Etats -Unis brandissent d'ores et déjà la menace d'un veto pour empêcher qu'une telle reconnaissance puisse avoir lieu. L'ambassadeur de la Palestine à Rabat, Ahmed Soboh, confie au « Soir échos » qu'il n'est pas question de baisser les bras, expliquant, point par point, les raisons qui font désormais de ce projet d'adhésion une urgence. La Palestine compte énormément sur le soutien des pays arabes et estime que le Printemps arabe aura un impact positif sur son avenir.
Mahmoud Abbas soumettra à l'Assemblée générale de l'ONU, le 25 septembre prochain, la candidature officielle la Palestine dans l'espoir d'obtenir le statut de membre à part entière. Comment êtes-vous parvenu à cette décision ?
Nous avons essayé de trouver un compromis avec Israël et nous continuons toujours à le faire. Et ce, dans le but d'arriver à mettre un terme à l'occupation de nos terres par Israël et à concrétiser la solution de création de deux Etats conformément aux décisions émises par les Nations Unies et aux initiatives internationales provenant en particulier des Etats-Unis et de l'Europe. Nous avons multiplié les tentatives tout au long de 19 années de négociations, mais l'actuel gouvernement israélien préfère prendre des initiatives unilatérales. Et cette volonté israélienne vise uniquement à faire avorter le projet de deux Etats en continuant de confisquer des parcelles de terres palestiniennes pour y bâtir des colonies et déchiqueter l'unicité de notre territoire afin de rendre impossible la concrétisation de l'Etat de Palestine. Le président américain Barack Obama est alors arrivé avec de nouvelles idées et un nouveau souffle politique. Ses discours au Caire, à Istanbul, puis dans l'enceinte même de l'ONU, en septembre 2010, traduisent son vœu de voir un Etat palestinien indépendant aboutir au mois de septembre 2011, pour résoudre définitivement le problème de l'occupation israélienne. Malheureusement, le gouvernement d'Israël a poursuivi ses tentatives de retarder cet effort international. Pour protester contre cette situation et y mettre fin, nous avons décidé de nous diriger vers l'ONU.
Le pouvoir israélien parle cependant d'une décision unilatérale de votre part…
La logique veut qu'un peuple soumis à la colonisation étrangère s'adresse à la communauté mondiale et fasse appel à la légitimité et au droit international pour obtenir son indépendance à l'instar des autres pays du globe. Notre initiative n'est pas unilatérale, elle est multilatérale puisque le droit international confère à l'ONU le statut de la plus haute autorité politique multilatérale.
« Les Etats-Unis nous ont mis en garde officiellement et officieusement en nous annonçant leur intention de retarder notre projet ».
Pour renforcer votre candidature, avez-vous obtenu le soutien des pays arabes ?
Ce pas que nous faisons, aujourd'hui, émane, en effet, d'une consultation préalable auprès de nombreux pays, dont une grande partie de la « Ouma » arabe. Pour notre projet, nous nous référons surtout aux décisions émises par les sommets arabes et par les conseils de la Ligue arabe, notamment l'Initiative de la paix proposée au Sommet de la Ligue arabe de Beyrouth en 2002. A l'issue de celle-ci, un comité de suivi avait été constitué réunissant 15 ministres des Affaires étrangères. Le Maroc en est d'ailleurs un des membres les plus actifs. Ce comité a accéléré la cadence de ses réunions au cours des derniers mois afin de coordonner les préparatifs de notre candidature à l'ONU. D'ailleurs, une nouvelle réunion dans ce sens est prévue le 23 de ce mois. A partir de ce comité, s'est constitué un autre encore plus restreint composé de six pays : le Maroc, l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Palestine. Son objectif est de suivre nos écrits adressés aux Nations Unies et coordonner les efforts internationaux pour un soutien mondial à la légitimité de notre demande.
Précisons au passage que la reconnaissance de l'Etat palestinien est acquise depuis 1988, lorsque le peuple palestinien a déclaré à travers son Parlement en exil, que nous appelons le Conseil national palestinien, l'indépendance de la Palestine. Le droit international reconnaît l'existence (légale) de notre territoire occupé, notre peuple dispose d'une reconnaissance arabe, islamique et internationale, et nous avons un gouvernement reconnu par la région et par la communauté mondiale. Nous remplissons tous les critères nécessaires pour avoir le droit à notre indépendance. Nous comptons aussi plus de 100 ambassades de l'Etat palestinien dans différents pays, mais ce que nous voulons, à présent, c'est renforcer cette reconnaissance en nous octroyant le statut de membre à part entière de l'ONU.
A votre projet s'opposent très farouchement les Etats-Unis prêts à brandir le droit de veto. Comment comptez-vous y faire face ?
Les Etats-Unis nous ont mis en garde officiellement et officieusement en nous annonçant leur intention de retarder notre projet. Ce pays a envoyé ses émissaires un peu partout dans le monde pour dissuader nos éventuels alliés de nous apporter leur soutien à notre candidature. Les USA nous ont même menacés de nous priver d'aide. Nous sommes convaincus de la légitimité de notre revendication et il est impossible qu'une personne censée attendre de Netanyahu une initiative de bonne foi. Nous appelons ainsi les pays européens à continuer à nous apporter leur aide comme ils l'ont toujours fait. Nous présenterons notre candidature avec l'espoir que le Conseil de sécurité donnera suite à notre demande dans les plus brefs délais. Les USA nous ont déjà assurés qu'ils utiliseront le droit de veto si nécessaire, mais ils tenteront par d'autres moyens de ne pas y recourir. Le veto a un prix politique à payer, lorsqu'il est exercé, il représente une violation contre un pays. Le veto a été brandi 59 fois depuis 1946 et c'est l'ex URSS qui en a utilisé la majorité (51 fois), tandis que les USA l'ont sorti 6 fois et la Chine 2. A aucun moment, ces veto n'ont été légitimés légalement. Ils ont toujours été brandis pour des raisons politiques.
« Nous n'abandonnerons jamais notre quête et nous réitérerons notre candidature. En parallèle, nous pouvons faire appel à l'Assemblée générale pour devenir un Etat non membre ».
Avez-vous envisagé d'autres alternatives si votre candidature est rejetée ?
Nous espérons que les USA ne feront pas appel au droit de veto, et même s'ils le font, nous n'abandonnerons jamais notre quête et nous réitérerons notre candidature. En parallèle, nous pouvons faire appel à l'Assemblée générale pour devenir un Etat non membre. Notre territoire sera ainsi reconnu comme appartenant à la Palestine, mais soumis à l'occupation israélienne. Nous pourrions grâce à ce statut d'Etat non membre adhérer à tous les organismes des Nations Unies (OMC, OMS, UNESCO…). D'ici là, nous espérons que ne reviendrons pas bredouilles de l'ONU. Nous aurons, pour cela, grand besoin des pays arabes frères, de leurs réseaux relationnels afin que nous puissions décrocher un statut auprès de l'ONU. En tout cas, la politique n'a jamais été une vérité universelle. Preuve en est Mandela qui, au début, était la bête noire des USA et de la Grande-Bretagne avant de se transformer en héros international. Nous disons, à présent, à Obama , que nous ne faisons qu'exhausser votre vœu datant de septembre dernier. Si vous ne pouvez pas nous aider, ne nous mettez pas des obstacles sur notre chemin !. Un plan de partage de 1947 voté par la résolution 181 de l'Assemblée générale de l'ONU est l'unique référence qui a permis à Israël de se proclamer Etat. Cette même résolution confère le même droit à la Palestine, mais nous n'en avons jamais réellement bénéficié.
Alors que vous comptez énormément sur l'appui des pays arabes, est-ce le Printemps arabe ne risque-t-il pas de mettre en péril votre ambition ?
Le Printemps arabe pourrait représenter un problème, mais à court terme seulement, le temps que durera l'instabilité. En fin de compte, ce Printemps arabe ne peut qu'avoir un impact positif sur les peuples arabes et inéluctablement sur la Palestine. Les responsables israéliens ne font pas preuve de sagesse, parce qu'ils n'ont pas réfléchi aux conséquences futures du Printemps arabe. Si Israël veut continuer à vivre en toute sûreté et sécurité avec l'ensemble de ses voisins, sa reconnaissance du droit palestinien en sera le chemin le plus court. L'instabilité d'Israël ne joue pas en sa faveur, malgré son alliance avec les USA. Israël demeure un Etat au Moyen-Orient et non du Moyen-Orient. Il ne pourra en faire partie que lorsqu'il sera reconnu officiellement par ses voisins et cela ne se fera que lorsque la Palestine sera indépendante et souveraine sur son propre territoire. Je suis réellement étonné de l'absence de visionnaires politiques israéliens.
Le conflit Hamas-Fatah et l'instabilité économique de la Palestine ne pourraient-ils pas également représenter une embûche à votre volonté de devenir membre de l'ONU ?
Nous sommes sur le chemin de l'unicité grâce à un compromis signé par les parties en conflit. Nous sommes tous soumis à la même occupation et nous sommes tous convaincus de la nécessité de fédérer nos efforts pour un même objectif. Ensuite, ce sont les élections qui décideront. Lorsque le Hamas avait remporté les élections, nous l'avions reconnu sans équivoque. Et nous appelons, à présent le Hamas, dès que nous aurions bouclé le processus de réforme et la constitution du gouvernement de transition, à reconstruire Gaza et tenir des élections qui restent le moyen le plus démocratique d'assurer la meilleure gestion de notre avenir. Que le Hamas ou que le Fatah remporte les élections ne change en rien le fait que nous sommes tous palestiniens nourris d'un projet commun : l'indépendance de la Palestine avec pour capitale Al Qods Acharif.
Au point de vue économique, nous comptons énormément sur les aides internationales. Cela ne veut pas dire que notre économie est faible, mais plutôt qu'elle est soumise à l'occupation. L'infrastructure et le capital palestiniens sont suffisants pour subvenir aux besoins du peuple. Mais nous souffrons du monopole qu'exerce Israël sur les frontières et les réseaux d'échanges commerciaux, empêchant ainsi notre économie de prendre son essor. Nous avons consenti de gros efforts pour pouvoir devenir membres observateurs auprès de l'OMC. Nous sommes sur le point d'y arriver. Si notre projet de septembre prochain se concrétise, nous aurions gagné notre accès à ce forum commercial international et par la même occasion nous pourrions faire pression sur le plan économique. Il est indéniable, qu'au moment où le monde se transforme en village, la population palestinienne de plus de 11 millions d'habitants reste otage de l'occupation israélienne.


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