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La feuille de route de Benkirane
Publié dans Le Soir Echos le 10 - 01 - 2012

Les multiples sorties médiatiques des membres de l'équipe Benkirane renseignent à plus d'un titre sur la mouture finale de la feuille de route 2012-2016. Les idées sont audacieuses et sont en mesure de rompre avecle passé, même sur le registre de l'économie. Reste à les traduire sur le terrain.
Argent mal acquis, rapport de la Cour des comptes, Caisses de retraites et compensation, réforme et équité fiscales… les grands chantiers sont nombreux. Pour réduire au maximum les marges bénéficiaires des promoteurs immobiliers, il y a lieu de mettre en place des coopératives d'habitat qui ont prouvé leur efficacité ailleurs.« Audacieuse » ! Ainsi qualifient jusqu'à présent les premières indiscrétions et sorties médiatiques de quelques membres de l'équipe de Benkirane la mouture finale de la déclaration gouvernementale.Mais qu'entend-on exactement par le terme audace ? Le doute étant permis. Déjà le chef du nouveau gouvernement a annoncé à la suite de la tenue de son premier conseil jeudi dernier que ses troupes peuvent jouir en toute tranquillité desindemnités et avantages matériels accordés par l'Etat.Pour mémoire, Benkirane et ses ministres vont coûter aux caisses de l'Etat plus de 4 milliards de dirhams (toutes charges comprises). Le message est clair, alors même que les Marocains s'attendaient à plus de sacrifices sur ce chapitre. Des attentes qui ne sont en réalité que le reflet des déclarations précédentes, du temps de l'opposition, du parti PJDiste, sous prétexte qu'il ne s'agit là que du gaspillage des deniers publics. Lahbib Choubani, ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, invité d'une émission télévisée diffusée jeudi soir sur Medi 1 TV, a assuré qu'une lutte sans répit sera lancée sur toutes les différentes formes que ce soit de rente ou de l'argent mal acquis. À ce titre, il est utile de le souligner que les pertes provoquées par la corruption et la fraude fiscale pourraient dépasser les 4 % du PIB, selon une étude de la Banque mondiale(cf www.lesoir-echos.com). Ce périmètre de jeu, bien qu'il s'agit là d'un terrain miné, pourrait à lui seul permettre au parti islamique de grignoter quelques points rarissimes de croissance. A condition bien sûr de s'attaquer aux racines du mal, que Abderrahmane Youssoufi les qualifie, alors Premier ministre, de « poches de résistance ». Choubani assure également que tous les dysfonctionnements financiers ou juridiques constatés au niveau des institutions et organismes publics relevés par la Cour des comptes dans ses rapports feront l'objet de poursuites judiciaires. Pour sa part, Abdesslam Seddiki, membre du comité central du PPS, affirme que le programme gouvernemental mettra en avant une réforme consistante de la politique fiscale, prônant davantage l'équité fiscale. Est- ce que cela veut dire que les doléances de la CGEM auront enfin une réponse ? Rien n'est sûr. D'autant plus que la probabilité de revoir à la baisse et l'IS et la TVA reste très faible au vu des contraintes budgétaires. Seule piste en vue reste donc, selon bien d'économistes, de puiser d'autres recettes fiscales dans d'autres niches (produits de luxe, alcools, tabac…).L'expert Driss El Fina conseille à ce titre d'adopter une politique fiscale adaptée à chaque stratégie sectorielle. À titre d'exemple, les charges fiscales supportées par le secteur immobilier s'élèvent à 28 %. S'agissant des transferts de propriété, ils sont taxés à hauteur de 5 % alors que sous d'autres cieux ils ne dépassent pas le 1 %. L'économiste conseille, également, d'opter pour une optimisation du Fisc en révisant de fond en comble et la structure organisationnelle et le mode de fonctionnement de l'administration fiscale. Celle-ci devrait tripler le nombre de ses ressources humaines pour être en phase avec les grandes ambitions affichées.Seddiki lance aussi que les Caisses de retraites et celle de compensation subiront des changements profonds. Comment et par quels moyens ? Attendons donc la déclaration gouvernementale.Par ailleurs, les non- dits sont légion. Nombre de secteurs, représentant d'ailleurs de véritables pans sociaux, n'ont pas été cités, à l'instar du logement et du transport pour ne soulever que ces deux activités.
Les dysfonctionnements financiers ou juridiques constatés au niveau des institutions et organismes publiques(…) feront l'objet de poursuites judiciaires.
Casser les prix du logement
A commencer par le logement. En fait, les islamistes sont attendus sur de grands dossiers, faisant jusqu'à présent le monopole de certains lobbies. En tête de liste figure la grande problématique du foncier tout en sachant que le stock existant est quasiment absorbé. Sans oublier les plans d'aménagements, les procédures d'octroi des autorisations….la politique urbaniste en général.Vient s'ajouter à cet handicap majeur, la question de la marge bénéficiaire. A en croire El Fina, cette marge dépasse dans le meilleur des cas les 50 %. Autre donnée de taille mais qui donne réellement le tournis : l'essentiel du chiffre d'affaires de certains professionnels est tiré de l'investissement en logement social. Alors que ce secteur est censé être à l'abri des vocations proprement lucratives. Dans un pays comme la France , les bénéfices dégagés de ce secteur se situent entre 5 et 10 %. pour réduire donc ces marges exorbitantes, l'expert prône la mise en place des mécanismes du segment des coopératives d'habitat qui ont prouvé leur efficacité ailleurs. Ce dispositif ne représente au Maroc que 1 % de l'investissement global. Au moment où il s'élève à 50 % en Portugal, 20 % en Espagne et plus de 7 % en France.Code de la route revisité
Autre secteur et autres défaillances. Contacté par le Soir échos, le président de la Fédération nationale du transport routier, Abdellilah Hifdi, assure pour sa part que le code de la route suscitant un tollé dans le monde du transport routier sera sans aucun doute revu. Plusieurs modifications devraient y être apportées pour le mettre en phase avec la réalité marocaine. Ne cachant pas ses inquiétudes quant à l'anarchie qui règne dans le domaine du transport routier, le professionnel est on ne peut plus clair : « Y en a marre ! La majorité des entrepreneurs du secteur ont voté pour le PJD, non par conviction mais par souci de changement », se désole-t-il. Il n'a pas occulté sa confiance et ses grands espoirs dans le nouveau exécutif.Hifdi souligne par ailleurs que le bilan de Ghellab ancien ministre a été grosso modo positif surtout du côté infrastructure et équipement. Bien que la logistique et le transport routier restent le parent pauvre du secteur.
Commerce extérieur adossé
Sur un autre chapitre et sans grande surprise, le ministère du Commerce extérieur a été adossé à celui du commerce et de l'industrie. Une telle mesure n'a pas suscité de réelles craintes auprès des observateurs. El Fina pense que cette disposition n'impacte en rien le rendement et l'efficacité d'un tel département. Ce dernier donne l'exemple d'ailleurs de l'Espagne qui s'est contenté sous le règne de Mariano Rajoy de seulement 13 ministères. L'économiste considère aussi que si un département devrait voir le jour ,c'est bel et bien celui des investissements. Car, ajoute-t-il, c'est là que réside la voie de salut pour notre économie en plein déclin.


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