Bien loin du fameux cliché «Ton père est un voleur, il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux», la drague au Maroc, c'est une toute autre histoire. Une histoire qui ne rencontre pas toujours le succès voulu. Comme dans presque tous les domaines, il existe différentes catégories qu'il faut savoir distinguer. Dans les lieux publics A l'entrée du ciné, au café, au resto, s'avance vers vous cet inconnu après vous avoir longuement souri et vous adresse deux petits mots avant de s'en aller en vous laissant ou non son numéro. C'est généralement la manière la plus appréciée des dames. Aux mariages Certains voient dans les mariages l'occasion de trouver leur éventuelle future femme. Et comme les invitées ont passé la journée au salon de coiffure à se faire toutes belles et sont simplement radieuses, les « tbarkellah » et compagnie fusent de tous les côtés, ce qui est loin de leur déplaire. Sur les réseaux sociaux Il y a cet ami d'un ami, qui est aussi l'ami d'un ami, à qui vous n'avez pas dû parler plus de deux fois , qui vous ajoute et vous propose de «faire connaissance» puis se met très rapidement à faire des sous-entendus durant la conversation. En parallèle, il y a aussi cet inconnu (que l'on peut mettre dans la même catégorie que l'individu charmant cité plus haut) qui vous harcèle en messagerie instantanée jusqu'à ce que vous décidiez de le bloquer. Au coin de la rue Incontournable ! Toutes ont eut la chance de croiser cet individu charmant (ah, ironie quand tu nous tiens !) qui vous aborde à coup de «kss, kss !» en essayant de faire le joli cœur avec ses airs de Don Juan mais qui au final vous répugne plus qu'autre chose. Il n'y a rien de tel qu'une rencontre comme celle ci pour bien commencer la journée, non ? Répandu partout dans le pays et apprécié de toutes (mais arrête, ironie !), ce type de drague fait quasiment partie du patrimoine. C'est ce dernier point qui suscite le plus de reproches, à tel point que certaines se sont révoltées (ce qui est tout à fait compréhensible) donnant ainsi naissance au mouvement « ni putes, ni soumises ». Mouvement, malheureusement, très vite interdit au Maroc. « On ne peut pas vraiment dire que la plus part des marocains savent y faire avec la gente féminine », Soraya. « C'est déplorable. Ces femmes pourraient être leurs sœurs, leurs cousines et parfois même leurs épouses ou leurs filles ! », Adil. « Il est inacceptable de laisser un groupe de femmes faire entendre leur voix, par contre, laisser des hommes les harceler, les traquer et parfois même les menacer, c'est tout à fait acceptable », Leïla. ( Ghita E. )