CAF L'annonce des sanctions infligées au Maroc par la Confédération Africaine de Football (CAF) a déclenché une tempête médiatique d'une rare intensité. Très vite, le débat sportif s'est transformé en polémique nationale, où se mêlent colère populaire, attaques ciblées contre des responsables marocains et campagnes numériques douteuses. Mais au-delà de l'émotion, une lecture plus froide et stratégique s'impose : ces sanctions ressemblent moins à une décision souveraine qu'à une fuite en avant d'une instance dépassée par ses propres dysfonctionnements. Une CAF en crise structurelle permanente Depuis plusieurs années, la CAF est confrontée à : * des scandales de gouvernance, * des accusations récurrentes de partialité arbitrale, * une instabilité institutionnelle, * et une crédibilité affaiblie sur la scène internationale. Face à ces failles, l'instance africaine adopte souvent une posture défensive : sanctionner fort pour masquer ses propres insuffisances. Le dossier marocain s'inscrit précisément dans cette logique. Au lieu de traiter le problème à sa racine, transparence, enquêtes rigoureuses, réforme de ses mécanismes disciplinaires, la CAF a opté pour une décision lourde, spectaculaire, mais juridiquement fragile. Des sanctions pensées pour être contestées ? La sévérité des sanctions infligées au Maroc ne peut être analysée indépendamment d'un fait essentiel : la CAF sait pertinemment que la Fédération Royale Marocaine de Football fera appel. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) dispose : * d'une expertise juridique solide, * d'une expérience avérée des contentieux sportifs, * et d'un accès direct aux plus hautes instances arbitrales. En sanctionnant sévèrement le Maroc, la CAF anticipe donc un scénario quasi certain : un recours, puis un transfert du dossier vers le Tribunal Arbitral du Sport. Le TAS comme échappatoire institutionnelle Le recours au Tribunal Arbitral du Sport (TAS) n'est pas anodin. Il permet à la CAF de se décharger politiquement d'un dossier sensible, d'éviter d'assumer pleinement les conséquences de ses décisions, et de transférer la responsabilité finale à une juridiction internationale indépendante. Autrement dit, la CAF semble chercher moins à trancher qu'à se débarrasser du problème. Cette stratégie est révélatrice d'une institution qui ne fait plus confiance à ses propres mécanismes internes. Une fuite en avant aux lourdes conséquences Cette approche comporte pourtant des risques majeurs pour la CAF elle-même : * une remise en cause publique de sa crédibilité juridique, * un précédent dangereux pour d'autres fédérations, * un affaiblissement de son autorité morale. Car chaque fois qu'un dossier africain finit au TAS, c'est un aveu implicite : la justice sportive africaine n'est pas perçue comme suffisante ou équitable. La véritable faiblesse, aujourd'hui, apparaît plutôt du côté d'une CAF qui fuit ses responsabilités en externalisant ses décisions.