L'Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) a officiellement lancé sa nouvelle plateforme numérique baptisée TARKHISS. Pensée comme un levier de modernisation, cette plateforme s'inscrit dans la réforme plus large du système de santé et dans la stratégie nationale de transformation digitale. Elle ambitionne de transformer en profondeur les pratiques réglementaires liées aux médicaments et aux produits de santé. Au cœur du projet : la dématérialisation des procédures. Jusqu'ici souvent jugées longues et opaques, les démarches administratives liées à l'enregistrement ou à l'autorisation des produits de santé devraient désormais gagner en fluidité. TARKHISS promet une gestion entièrement numérique des dossiers, avec traçabilité, suivi en temps réel et réduction des délais de traitement. Lors de son intervention, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui a insisté sur l'enjeu : améliorer l'efficacité administrative tout en offrant davantage de visibilité aux opérateurs. La digitalisation est ainsi présentée comme un outil clé pour renforcer la transparence et répondre aux attentes croissantes du secteur. Au-delà de l'aspect technique, le projet revêt une dimension stratégique. Pour les autorités, il s'agit de consolider la souveraineté sanitaire du Maroc en modernisant son système de régulation. La plateforme s'inscrit dans une dynamique visant à aligner les standards nationaux sur les meilleures pratiques internationales, notamment celles de l'Organisation mondiale de la santé. Le directeur général de l'AMMPS, Samir Ahid, a d'ailleurs mis en avant l'ambition de positionner l'Agence parmi les régulateurs les plus avancés, en s'appuyant sur des processus digitalisés et standardisés. L'intelligence artificielle en appui Autre évolution notable : l'intégration d'outils d'analyse basés sur l'intelligence artificielle. Ces technologies devraient permettre d'optimiser le traitement des dossiers et d'améliorer la prise de décision. Une orientation qui place le Maroc parmi les premiers pays à introduire ce type d'innovation dans la régulation des produits de santé. La plateforme ne sera pas généralisée immédiatement. Une première phase concerne les produits cosmétiques et d'hygiène corporelle, un segment qui regroupe près de 3 500 opérateurs. Les procédures liées à ce secteur notamment la déclaration d'activité, des certificats et des autorisations d'importation, sont désormais entièrement digitalisées. Le déploiement sera ensuite élargi progressivement à l'ensemble des produits de santé et aux médicaments, conformément à la feuille de route de l'AMMPS.