Dans le sillage des incidents ayant émaillé la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN Maroc 2025) entre le Maroc et le Sénégal, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) poursuit son suivi rapproché, à la fois judiciaire et institutionnel. Dans un communiqué publié ce mercredi 8 avril 2026, l'institution insiste sur son rôle de veille, « dans le cadre de ses prérogatives en matière de droits de l'Homme », couvrant aussi bien les faits survenus lors du match que « les récits et discours, notamment dans les espaces numériques, avant comme après ladite finale », note le communiqué. Faits et décisions judiciaires La finale la CAN 2025 avait été marquée par des débordements : intrusion de supporters sénégalais sur la pelouse, jets de projectiles et heurts avec les forces de l'ordre, donnant lieu à des interpellations. À l'issue du procès en première instance devant le tribunal de Rabat, 18 ressortissants sénégalais ainsi qu'un Franco-Algérien ont été poursuivis et condamnés pour une série d'infractions liées à ces violences. Parmi les chefs d'accusation retenus figurent notamment l'« intrusion non autorisée sur la pelouse par usage de la force », la participation à des actes de violence et de dégradation d'équipements sportifs, le jet de projectiles ayant causé des dommages, ainsi que des violences à l'encontre des forces publiques. Procès : veille et suivi Le CNDH indique par ailleurs dans son communiqué avoir procédé à l'observation du procès en première instance de ces 19 prévenus. Aujourd'hui, il « poursuit le suivi des procès en appel devant la cour d'appel de Rabat, avec une attention particulière portée aux garanties d'un procès équitable », insiste la même source. Dans ce cadre, le Conseil précise fonder son observation sur « le respect effectif des garanties du procès équitable », citant les audiences publiques, la présomption d'innocence et l'effectivité des droits de la défense. Il souligne, en particulier, l'importance de l'accès à un avocat ainsi qu'aux services de traduction et d'interprétariat pour les prévenus étrangers. Monitoring indépendant Au-delà des audiences, l'institution assure avoir déployé un dispositif de suivi dans les lieux de détention. « Une équipe du CNDH, accompagnée d'un médecin spécialiste, s'est rendue dans les prisons locales d'Al Arjat 1 et Al Arjat 2 à Salé », affirme-t-on auprès du CNDH. Sur place, des entretiens ont été menés avec les détenus « sans la présence de l'administration pénitentiaire », précise le communiqué. Le Conseil relève que les personnes incarcérées « n'ont formulé aucune allégation relative à une atteinte à leurs droits lors de ces échanges ». L'équipe a également rencontré les responsables administratifs et le personnel médical, tout en procédant à l'examen des dossiers et à une observation directe des conditions de détention, dans une logique de vérification indépendante. Coordination africaine Dans une dimension plus large, Amina Bouayach, présidente du CNDH a échangé avec son homologue sénégalaise en marge de l'Assemblée générale du Réseau africain des institutions nationales des droits de l'Homme, tenue en février 2026 au Cameroun. « Une rencontre au cours de laquelle elle a tenu informée la partie sénégalaise des actions entreprises par le Conseil, conformément à ses attributions nationales », ajoute le communiqué. Une double démarche de la part du CNDH afin de garantir le respect des droits fondamentaux des personnes poursuivies, tout en assurant une lecture apaisée et encadrée d'événements sportifs ayant suscité de fortes tensions, sur le terrain comme dans l'espace public et numérique.