Dominant la vallée du Bouregreg du haut de ses 250 mètres, la Tour Mohammed VI s'impose comme la plus haute tour du Maroc et l'une des plus emblématiques d'Afrique. Après huit années de travaux marquées par d'importants défis techniques et financiers, elle entame une ouverture progressive au public. Tour Mohammed VI. Pensée comme un projet à usages mixtes, la tour déploie sur 55 étages une programmation intégrée combinant bureaux, résidences, hôtel et équipements culturels. Les premiers niveaux accueillent les espaces de réception et de services, tandis que les étages intermédiaires sont consacrés au tertiaire et à l'habitat. Les niveaux supérieurs abritent notamment le Waldorf Astoria Rabat-Salé, première implantation de cette enseigne en Afrique. Installé dans les étages supérieurs, cet hôtel cinq étoiles dispose d'une cinquantaine de chambres et suites offrant des vues panoramiques sur le Bouregreg, Rabat, Salé et l'océan Atlantique. Le projet met en avant une intégration de l'artisanat marocain et une offre de services haut de gamme incluant restauration et espaces de bien-être. Les espaces de la Tour Mohammed VI conjuguent raffinement international et inspiration marocaine. L'établissement propose également plusieurs espaces de restauration, dont une table signée par le chef multi-étoilé Alain Ducasse, ainsi que des espaces de réception destinés à une clientèle internationale. « Le Maroc inspire depuis longtemps rêveurs, créateurs et voyageurs par son rythme et sa beauté », souligne Guy Bertaud, directeur général de l'établissement. « Chaque élément de l'hôtel a été conçu pour raconter une histoire de connexion, dans un univers à la fois contemporain et inspiré du patrimoine du pays. » La Brasserie Magnolia- Waldorf Astoria Rabat-Salé. Conçue par l'architecte espagnol Rafael de la Hoz en collaboration avec le Marocain Hakim Benjelloun, la tour se distingue par une silhouette élancée inspirée d'une fusée. Le projet intègre également une forte dimension patrimoniale à travers les matériaux et les finitions intérieures, sous la direction du designer Pierre-Yves Rochon, connu pour plusieurs réalisations dans l'hôtellerie de prestige, notamment à Londres et Paris. Tour Mohamed VI Au-delà de sa dimension architecturale, l'édifice revendique une ambition économique et culturelle. « La vision future de la tour repose sur le développement de secteurs à forte valeur ajoutée, tout en contribuant au rayonnement international de Rabat-Salé », souligne Leila Haddaoui, directrice générale déléguée de O Tower, maître d'ouvrage du projet. Cette ambition est également portée par Othman Benjelloun, président d'O Capital Group, initiateur du projet. « Cette tour n'est pas seulement un gratte-ciel, c'est un symbole du Maroc moderne, tourné vers l'avenir et ouvert sur le monde », affirme-t-il. Une prouesse technique au service d'une ambition culturelle et urbaine Cette ambition se traduit par une programmation riche incluant un observatoire, des espaces d'exposition et un parcours artistique réunissant plusieurs milliers d'œuvres. L'objectif est de faire de la tour un lieu de convergence entre tourisme, culture et affaires. L'édifice se distingue également par son architecture intérieure, pensée comme un parcours artistique. Signée par Pierre-Yves Rochon, elle rassemble près de 7 000 œuvres réalisées par 143 artistes marocains et internationaux. Sculptures, fresques murales, installations monumentales et calligraphies composent un ensemble cohérent consacré à la création contemporaine et au patrimoine. La Tour Mohammed VI abrite au sommet des espaces culturels et panoramiques (l'Observatoire du patrimoine et le Cockpit). Moment fort du parcours, les 50e et 51e étages proposent une expérience immersive. Le premier offre une immersion en réalité augmentée consacrée au patrimoine de Rabat-Salé, tandis que le second, baptisé « Cockpit », explore l'âge d'or de l'astronomie arabo-andalouse à travers l'exposition « Le ciel parle arabe ». Accessible au public à partir de 250 dirhams, la visite guidée de la tour connaît déjà une forte demande. Sur le plan technique, la Tour Mohammed VI constitue une prouesse d'ingénierie. Construite dans un environnement géotechnique complexe, elle repose sur des fondations atteignant 60 mètres et intègre des dispositifs de résistance sismique et au vent. Sa façade sud est équipée de panneaux photovoltaïques, renforçant son efficacité énergétique. L'équipe de la Tour Mohammed VI lors de la conférence de presse tenue lundi 20 avril 2026 à Rabat-Salé. Porté par un consortium international réunissant notamment le groupe belge BESIX et le marocain TGCC, le projet a mobilisé des expertises multiples dans une logique de complémentarité entre savoir-faire international et compétences locales. Initialement estimé à 4 milliards de dirhams, le coût final a atteint 6,5 milliards, en raison des aléas techniques, de la pandémie et de la hausse des matériaux. Un investissement conséquent, aujourd'hui matérialisé par l'aboutissement du projet. Avec cette tour, le Maroc affirme une vision urbaine fondée sur l'innovation, la mixité des usages et le rayonnement culturel.