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L'inconséquence algérienne
Publié dans L'observateur du Maroc le 30 - 09 - 2010


Alger a réuni à Tamanrasset les chefs d'Etat-major des pays frontaliers du Sahel, en excluant une nouvelle fois le Maroc. Cette réunion au sommet a eu lieu à un moment très particulier. AQMI a relevé ses activités, comme pour répondre à l'attaque mauritanienne du mois de juillet. En enlevant les otages français du centre du Niger et en les ‘'rapatriant'' au Mali, elle a démontré l'aisance avec laquelle ses hommes peuvent se mouvoir dans cette région. Les origines algériennes d'AQMI sont un marqueur qui peut expliquer que la France soit sa première cible, eu égard au passé des deux pays. Mais il faut être aveugle pour ne pas constater le danger que représente cette base du terrorisme international pour tous les pays de la région et pour l'Europe du Sud. La présence de l'uranium aggrave les risques à n'en pas douter. Aveuglés par leur haine du Maroc, les chefs de la soldatesque algérienne ne veulent pas d'une véritable coopération internationale qui ne peut se concevoir sans un rôle important du Maroc. Alger développe le discours selon lequel il ne faut pas d'intervention étrangère dans la région puisque son armée serait rompue à la lutte contre le terrorisme et que suréquipée, elle serait capable de résoudre le problème. Pourtant les faits têtus comme on le sait sont là. Ce qu'Alger appelle le terrorisme résiduel est toujours là et frappe sur tout le territoire de nos voisins de l'Est. AQMI, génétiquement issue du GIA, puis du GSPC, et donc largement algérienne, comme l'a rappelé le président malien, ne peut être vaincue par les efforts de la seule armée algérienne. Or il y a un paradoxe : l'Algérie qui joue les shérifs, surarmés, n'a pas engagé une seule réelle opération contre AQMI dans le désert du Sahel. La Mauritanie, dont l'armée ne dispose pas des mêmes moyens, a pris ses responsabilités et engagé ses troupes dans des raids visant le démantèlement des camps d'Al Qaïda. L'attitude algérienne ne correspond à aucune vision stratégique ayant de la consistance. Le Maroc, qu'elle veut éloigner, est concerné par l'éradication du phénomène. Il est omniprésent dans le domaine du renseignement et le ministre des Affaires étrangères a salué le rôle joué dans la libération des otages. La France et l'Europe ne peuvent sous-traiter leur sécurité à un Etat qui a des difficultés à assurer celle de ses citoyens sur son propre territoire. La raison voudrait qu'une véritable coopération s'installe pour pacifier une région où des desperados touaregs, des terroristes, des bandes hétéroclites ‘'collaborent'' dans des trafics de tous genres, facilitant l'installation d'une base d'Al Qaïda, déjà protégée par la nature de l'espace. L'inconséquence algérienne est mise à l'index par tous les Etats concernés et non pas uniquement par Rabat, qui ne montre d'ailleurs aucun empressement à aller au charbon. L'étroitesse de vue du pouvoir algérien, obnubilé par une virtuelle compétition avec le Maroc, accroît les risques pour la sécurité de tous. C'est ce que tous les diplomates répètent à l'envi.

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