Hôtellerie de luxe : Virgin prépare une nouvelle adresse exclusive près de Marrakech    Trump annonce des échanges "constructifs" avec l'Iran et suspend des frappes    Espagne : Les Marocains représentent 25% des titulaires de titres de séjour    Sahara: Le président mauritanien tourne le dos du polisario dans ses messages de l'Aïd    Le Sénégal hésiterait à saisir le TAS : un dossier marocain jugé solide    Sami Ouaissa ciblé par un cador turc : un transfert à 10M€ en vue    Marruecos: Chubascos tormentosos y riesgo de granizo (boletín de alerta)    A Moroccan holds the world record with 1,656 online certifications in 12 months?    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    La Fondation Hassan II fête les 10 ans de l'Espace Rivages avec les artistes MRE    Guerre en Iran : le Polisario met en garde ses partisans de ne pas fâcher Trump    Tindouf : grogne contre des nominations jugées «tribales» au sein du Polisario    Massad Boulos et Abdelmadjid Tebboune ont discuté du Sahara occidental    France : Aux municipales, Rachida Dati perd Paris et Karim Bouamrane est réélu à Saint-Ouen    Les Bourses asiatiques plongent minées par la situation au Moyen Orient    Politique monétaire : Bank Al-Maghrib opte pour la continuité    Crédit aux TPME : Bank Al-Maghrib écarte tout effet d'éviction    Ligue des champions : L'AS FAR et la RSB s'offrent une demi-finale de prestige, un finaliste marocain assuré    Foot: Rayane Bounida choisit de jouer pour le Maroc    Coupe de la CAF: L'exploit de l'Olympique de Safi !    Coupe de la CAF: Safi surprend le Wydad et s'invite dans le dernier carré    P&G Alumni : Moncef Belkhayat décrypte les facteurs de croissance de H&S Group (VIDEO)    82 000 centres pour former les seniors en Chine    Samsung rapproche Android et Apple avec le partage AirDrop sur Galaxy S26    Guerra en Irán: el Polisario advierte a sus partidarios de no enfadar a Trump    Aucune maladie épidémique virulente menaçant les forêts d'arganiers à Chtouka Aït Bah    Google modifie les titres des médias avec l'IA et bouscule l'équilibre du web    Elon Musk lance Terafab, un projet titanesque pour redéfinir la puissance de calcul mondiale    Dans le Fujian : Neuf moments marquants d'un voyage au cœur du Sud-Est chinois    France : «La consultation», le stand-up de Dr Oubeidallah à Paris    Une CAN et puis ? Le mythe de la grandeur sénégalaise déconstruit    Les forêts, un patrimoine naturel au coeur du développement durable    L'affaire Saad Lamjarred relancée : des audiences en appel décisives s'ouvrent en France    L'AS FAR bat Pyramids et file en demi-finales de la Ligue des champions de la CAF    Port d'Essaouira : Baisse de 45% des débarquements de pêche à fin février    L'ambassadeur du Maroc empêché accéder à la cour de la Mosquée Hassan II au Sénégal : une source évoque une procédure protocolaire habituelle    Après une absence due au service militaire... le groupe coréen BTS signe un retour en force avec des chiffres records    Accord agricole Maroc-UE : la Commission européenne soutient le système d'étiquetage    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    L'ambassadeur de France Christophe Lecourtier annonce son départ du Maroc    Rabat. SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée "Ahl Fès" et reçoit les voeux en cette heureuse occasion    Pétrole: Les stocks stratégiques commencent à être mis sur le marché    Tanger Med: Mise en échec d'une tentative de trafic de plus de 3,9 tonnes de chira    Mort de Chuck Norris, légende du cinéma d'action    Théâtre : Ouverture des candidatures pour le soutien aux projets culturels et artistiques    SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    «Porte Bagage» triomphe à Bergamo et consacre une nouvelle voix du cinéma marocain    Carte de l'artiste : les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025 examinées    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Carnaval du Brésil
Publié dans L'observateur du Maroc le 19 - 10 - 2018

« Dieu est Brésilien », c'est ce que disent les habitants, fiers de leur paradis. Peut –être que le diable aussi est brésilien ? Raciste, homophobe, misogyne et nostalgique de la dictature militaire, il ne manque que les cornes à Jair Bolsonaro qui est pourtant arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle avec 46,3% des voix. Pendant sa campagne, il a fait tout ce qu'il a pu pour susciter l'indignation de la presse, l'horreur des féministes, la panique de la gauche. Il a failli y laisser sa peau, qu'un militant de l'autre bord a largement entaillée au couteau. Mais comme le diable est malin, sa chambre d'hôpital du candidat lui a servi d'estrade de meeting et les vidéos le montrant en réanimation, puis en rééducation ont constitué d'excellents clips de campagne.
Jair Bolsonaro est un diable de première classe, ses provocations dégagent plus de souffre que les tweets d'un Donald Trump. Il est pour la peine de mort évidemment mais il justifie la torture aussi… Il est contre l'égalité homme-femmes mais pas seulement : il ose dire à une ministre qu'elle est « si laide qu'elle ne mérite pas d'être violée !». Il lâche cette horreur dans un pays où la police enregistre une plainte pour viol toutes les onze minutes. Et il dénonce sans trève les foyers monoparentaux «qui fabriquent de l'échec et des délinquants».Il est contre la protection de l'Amazonie et pour la stérilisation des pauvres. Il appelle ses enfants par le code militaire, 01, 02, 03 et déclare que s'il a eu une fille, c'est « dans un moment de faiblesse »… Il avoue qu'il préfèrerait que son fils soit mort « plutôt qu'avec un moustachu ». Son succès électoral est la revanche éclatante du macho latino. Le mythe de l'homme fort reste vivace. Les Brésiliens le démontrent après les Italiens qui plébiscitent Matteo Salvini, les Philippins qui ont élu Rodrigo Duerté et les Américains, Donald Trump.
Jair Bolsonaro est la Providence de la gauche brésilienne qui le présente comme le petit Hitler des Tropiques. L'homme qu'elle aime détester. En fait, il est le seul qui pouvait la ramener au pouvoir. Ses outrances font oublier le discrédit du Parti des Travailleurs plombé par les scandales de l'ère Lula. Fernando Hadad a pris le relais de l'ancien président que les juges ont refusé de libérer. Il a réuni 29,5% des voix au premier tour mais garde une petite chance de l'emporter car le second tour est le 28 octobre, ce qui laisse le temps à Jair Bolsonrao de dire une horreur de trop. Un Brésilien sur trois ne veut à aucun prix qu'il soit Président.
Pour comprendre le phénomène Bolsonaro, il faut réaliser que le Brésil est en état de choc. L'enquête « Lavage express » a envoyé Lula Da Silva en prison pour douze ans. Il a ainsi le temps de se préparer aux 5 procès qui l'attendent. Il ne s'agit pas d'un pot de vins ou de l'emploi fictif d'une épouse : Lavage express est la plus vaste affaire de corruption qui ait secoué l'Amérique latine. L'affaire a touché 50 pays, envoyé derrière les barreaux 300 politiciens et hommes d'affaires brésiliens. Résultat : seuls 13 % des Brésiliens croient encore à la démocratie. Et pour cause : le coût annuel de la corruption est estimé à 50 milliards de dollars ! La corruption et la violence ont tellement entamé l'Etat qu'il n'inspire plus aucune confiance. Quand Jair Bolsonaro propose d'autoriser largement le port d'armes, il reconnait que l'Etat a échoué à désarmer les gangs et que le citoyen doit se défendre seul. Cet article de son programme est l'une des raisons de son succès dans les campagnes abandonnées.
Les Brésiliens s'imaginent que seule l'armée est encore capable de répondre aux défis que les politiciens ont laissé pourrir sur pied, comme elle est seule à oser entrer dans les favélas abandonnées aux narcotrafiquants. L'ancien capitaine Bolsonaro a passé deux fois plus de temps au Congrès que dans sa caserne. Mais personne n'a jamais soupçonné ce politicien de second rang de corruption. Voter pour lui est une façon de manifester le rejet d'une élite qui s'est rendue odieuse. C'est le symptôme d'une crise profonde. Pas seulement un coup de fièvre populiste ou une poussée de « dégagisme ».
Chronique parue le 12 octobre 2018 dans L'Observateur du Maroc et d'Afrique


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.