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Mohammed Badine El Yattioui :"La diplomatie marocaine a géré le conflit du Sahara avec une vision réaliste de l'échiquier international"
Publié dans L'opinion le 08 - 11 - 2025

Spécialiste du dossier du Sahara, Mohammed Badine El Yattioui, Professeur d'Etudes Stratégiques au Collège de Défense (NDC) des Emirats Arabes Unis à Abou Dhabi, livre sa réflexion sur les enjeux futurs du verdict historique du Conseil de Sécurité. Entretien.
-Quelle lecture faites-vous de la stratégie de gestion du conflit du Sahara par la diplomatie marocaine ?
La diplomatie marocaine a su saisir la mutation de la géopolitique mondiale avec un échiquier de plus en plus multipolaire. Le Royaume a pu mettre en avant et souvent imposer sa vision des choses avec des arguments juridiques, historiques et politiques solides.
Le Maroc, grâce à la politique de SM le Roi, a imposé sa vision au sein de la communauté internationale non pas par la force, mais avec des arguments juridiques et politiques. La communauté internationale sait pertinemment que l'option séparatiste est nuisible à la stabilité aussi bien du Maghreb que de la bande sahélo-saharienne. Un nouvel Etat fantoche et failli sans légitimité est forcément un facteur d'instabilité.
Après ce tournant, la politique étrangère du Maroc devrait s'affirmer davantage sur les dossiers africains et euro-méditerranéens avec une diplomatie plus ambitieuse et plus entreprenante. Le Royaume ne manquerait pas de s'imposer encore plus comme un hub entre l'Europe et l'Afrique.
-Maintenant, des négociations devraient avoir lieu entre les parties prenantes. Qui va dicter l'ordre du jour ?

La résolution 2797 est un pas significatif et historique. Nous avons désormais une reconnaissance pleine et entière de la centralité du plan d'autonomie dans le processus politique par le Conseil de Sécurité. Ce qui permettra de clore ce conflit qui n'a que trop duré pour la simple raison que le processus onusien est centré exclusivement sur l'initiative marocaine. Le plan d'autonomie, tel que présenté par le Maroc en avril 2007, est considéré comme la base de la solution par l'organe le plus important des Nations Unies. La résolution écarte définitivement la chimère du référendum d'autodétermination qui n'a jamais été applicable d'un point de vue juridique et pragmatique. Le réalisme a finalement prévalu.

"La résolution écarte définitivement la chimère du référendum d'autodétermination"

-Quels sont les aspects qui peuvent être négociables du point de vue marocain ?

Pour le Maroc, tout sera négociable sauf les attributs de sa souveraineté et les compétences régaliennes comme la sécurité, la politique étrangère et tout ce touche à la souveraineté au sens large. Le reste demeure négociable. On parle de décentralisation et de gestion autonome à travers des assemblées locales. Tout cela fera l'objet d'une discussion politique et juridique. La balle est désormais dans le camp du Polisario qui, pour l'instant, rejette la résolution du Conseil de Sécurité et, par conséquent, le droit international dont il se revendique, pourtant, sans cesse.
-Le Maroc a tendu la main à l'Algérie. La résolution peut-elle ouvrir la voie à la réconciliation maroco-algérienne sous patronage onusien ou américain ?
Il y a une réalité indéniable. Ce qui est certain, c'est que l'Algérie risque d'être en dehors de la légalité internationale si elle s'obstine à soutenir le Polisario au moment où la fuite en avant n'est plus possible. L'escalade est inadmissible pour le Conseil de sécurité qui veut vite clore ce dossier.
Les premières déclarations des responsables algériens montrent qu'ils sont encore confinés dans leur bulle et pas encore disposés à participer à des négociations.
L'Algérie risque de se montre peu coopérative au début. De toute façon, les parties prenantes sont invitées à proposer des idées pour enrichir le débat, mais la marge de manœuvre reste limitée puisque le cadre de la discussion est pour la première fois défini.

-Quelle forme prendra le mandat de la MINURSO ?

Aujourd'hui, la MINURSO est vidée de sa substance conformément à la volonté de l'administration américaine, qui a déjà diminué significativement ses financements vu qu'elle considère que les missions de maintien de la paix ne servent à rien sauf à perdurer les conflits. Donc, la mission aujourd'hui une coquille vide sachant que le Conseil de Sécurité demande un rapport en six mois bien que son mandat soit prolongé d'un an.
Je pense que la mission n'a plus lieu d'être à partir du moment où le plan marocain est reconnu comme la base unique de la solution. C'est la clôture d'un chapitre qui dure depuis 1991.

"La mission des Casques bleus est de toute évidence vidée de sa substance"
-Quel sera le sort du Polisario ?
Le front séparatiste est face à l'impasse avec d'éventuelles scissions au sein de son leadership sur la trajectoire à suivre. Il y en a ceux qui voudront négocier et d'autres qui pourraient se radicaliser davantage. C'est la fin du front tel qu'on le connaît depuis plus de 50 ans. Tout dépend de l'attitude algérienne. Si Alger lâche le Polisario, ce sera son arrêt de mort puisqu'il sera privé de soutien logistique et diplomatique.

"L'Algérie risque d'être en dehors de la légalité internationale si elle s'obstine à soutenir le front au moment où l'escalade n'est plus possible"
-Comment vous lisez l'abstention de la Russie et de la Chine ?
La Russie et la Chine ont des intérêts économiques croissants avec le Maroc qu'ils considèrent comme un hub émergent en Afrique. Ce qui a changé visiblement la donne surtout pour Moscou qui est traditionnellement proche de l'Algérie. C'est le résultat de la politique de diversification des partenaires par le Maroc dès la fin des années 90. C'est ce qui a permis au Royaume d'isoler l'Algérie même auprès de ses alliés historiques. La Chine a agi avec la même logique. Il y a eu donc un tournant grâce à la politique d'ouverture du Maroc qui est parvenu à avoir des leviers d'influence et de négociation auprès de ces partenaires internationales notamment les grandes puissances.
"La communauté internationale sait pertinemment que l'option séparatiste est nuisible à la stabilité de la région"


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