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Résolution 2797 du Conseil de Sécurité : Le monde reconnaît la Marocanité du Sahara [INTEGRAL]
Publié dans L'opinion le 02 - 11 - 2025

Le Conseil de Sécurité a ouvert la voie à une solution historique du conflit du Sahara sur la base de la souveraineté marocaine. Fruit d'une longue bataille diplomatique. Décryptage.
Il y aura un avant et un après le 31 octobre 2025. Rien ne sera plus comme avant. La bataille diplomatique autour du Sahara marocain prend un tournant sans précédent après le vote de la Résolution 2797 par le Conseil de Sécurité. Un texte historique qui rompt définitivement avec les Résolutions précédentes pour peu qu'il consacre clairement et sans équivoque le plan d'autonomie comme base de la solution.

Au nom de la communauté internationale, l'organe le plus important de l'ONU tranche un conflit qui n'a que trop duré en faveur du Maroc. Omar Hilale avait vu juste quand il a prédit quelques mois plus tôt que la commémoration du 50ème anniversaire de la Marche Verte sera l'occasion de célébrer la fin du conflit.

Le verdict onusien a été accueilli par une liesse populaire. Partout au Royaume, les foules ont investi les rues pour célébrer ce moment historique. SM le Roi a pris aussitôt la parole dans un discours adressé à la Nation aussitôt la Résolution adoptée.

"Nous vivons une étape charnière et un tournant décisif dans l'Histoire du Maroc moderne : désormais, il y aura un avant et un après le 31 octobre 2025. Il est venu le temps du Maroc uni qui s'étend de Tanger à Lagouira : celui dont nul ne s'avise de bafouer les droits, ni de transgresser les frontières historiques", s'est félicité le Souverain ajoutant : "Après cinquante ans de sacrifices, nous ouvrons un nouveau chapitre victorieux dans le processus de consécration de la marocanité du Sahara".

L'autonomie, la référence

Le Conseil de Sécurité décrète la fin et trace la voie de règlement d'un des plus vieux conflits hérités de la guerre froide. C'est l'issue d'une longue bataille diplomatique acharnée que le Maroc mène depuis la Marche Verte et particulièrement depuis 26 ans sous la conduite de SM le Roi.

L'option séparatiste est définitivement enterrée. La Résolution 2797 a été adoptée à 11 voix favorables sans opposition. Trois pays se sont abstenus, à savoir la Russie, la Chine et le Pakistan. Isolée, l'Algérie a déserté le vote par impuissance.

Cette victoire n'a pas été facile. Nasser Bourita en a dévoilé les coulisses lors de son passage sur le plateau de 2M. Au début, 6 pays seulement soutenaient le projet de Résolution proposé par les Américains. SM le Roi s'est investi personnellement auprès des chefs d'Etat des pays membres du Conseil pour les convaincre. Résultat : une large majorité de 11 voix favorables. Le Maroc a pu arracher l'abstention russe et chinoise qui n'ont pas opposé leur véto comme l'espérait l'Algérie.
Le texte marque une rupture avec les précédents et appelle à des négociations sur la base de l'initiative marocaine "pour parvenir à un règlement juste, durable et mutuellement acceptable du différend". Les parties prenantes sont clairement citées, à savoir le Maroc, la Mauritanie, le Polisario et l'Algérie qui sont expressément sommées d'entamer des discussions sans conditions préalables. Les discussions devraient avoir lieu aux Etats-Unis. Entre-temps, le mandat de la MINURSO est prolongé d'un an jusqu'au 26 octobre 2026, le temps de parvenir à un deal négocié. Les Casques bleus n'ont plus aucun rôle à jouer sauf l'observation du cessez-le-feu.

De la gestion à la fin du conflit

Grâce à une diplomatie constante et proactive, le Royaume est parvenu en 26 ans à passer de la gestion à la résolution du conflit. Désormais, l'autonomie sous souveraineté marocaine est irréversible. Le Maroc a renversé la table en gagnant l'appui de plus des deux tiers de la communauté internationale (plus de 120 pays), en plus des puissances détentrices du droit de véto.

On peut parler d'une prouesse diplomatique quand on se souvient où nous en étions à la fin des années 90. A l'époque, l'option de référendum était encore sur la table avec les plans de James Baker. Grâce à l'engagement personnel de SM le Roi dans ce dossier, le Maroc a pu écarter l'option référendaire qui ne menait nulle part vu son impraticabilité pour imposer l'alternative de l'autonomie. Le plan marocain a été élaboré dès 2004 avant d'être officiellement présenté trois ans plus tard.

Depuis lors, le Maroc a mené un travail de pédagogie pour convaincre la communauté internationale. La reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine en 2020 a pesé lourd sur la trajectoire du conflit, suscitant une dynamique internationale. Le Maroc n'a pas hésité ensuite à mener un bras de fer avec les pays récalcitrants comme l'Espagne, la France, l'Allemagne qui ont dû clarifier leurs positions vu leur connaissance de l'Histoire du conflit.

Ce qui reste à négocier

Désormais, l'autonomie est érigée en référence. C'est l'horizon indépassable de la solution. "L'ONU, par la voix du Conseil de Sécurité, affirme pour la première fois qu'il n'y a pas de solution au conflit politique en dehors de l'autonomie dans la souveraineté marocaine", explique Aymeric Chauprade, géopolitologue spécialiste du Maroc. Selon l'expert, le Maroc a pu tout au long de 26 ans engrangé le soutien international au plan d'autonomie à titre bilatéral, l'ONU n'a fait qu'entériner cette réalité.

Maintenant, le Maroc est disposé à détailler son plan d'autonomie dont la version présentée en 2007 sera actualisée. L'idée est simple : le Maroc exerce sa souveraineté et garde les compétences régaliennes tout en permettant aux populations du Sud de gérer leurs affaires librement à travers des organes législatifs exécutifs locaux.

SM le Roi a ouvert la voie au retour des populations de Tindouf à la mère patrie en les appelant à saisir cette occasion historique. "Il n'y a pas de différence entre les personnes rentrées des camps de Tindouf et leurs frères installés dans le reste du territoire national", a insisté le Souverain dans Son discours.

La balle est le camp de l'Algérie et du Polisario qui sont obligés de négocier sur la base de l'autonomie sous peine de violer la légalité internationale. "Le Maroc a gagné la bataille politique mais si l'Algérie, qui s'obstine dans le déni, devra assumer sa responsabilité", fait remarquer Aymeric Chauprade.

Ni vainqueur ni vaincu

Malgré son triomphe, le Maroc ne cède pas à l'ivresse de la victoire considérant qu'il n'y a ni vainqueur ni vaincu. SM le Roi a gardé Sa main tendue aux Algériens et appelé le président Tebboune à un dialogue fraternel. "Un très beau discours sans aucun triomphalisme ni aucune arrogance", conclut M. Chauprade. Au moment où les Etats-Unis œuvrent à un accord de paix, le Royaume reste persuadé que les deux pays n'ont pas besoin de médiation puisqu'ils se connaissent mieux que quiconque peut l'imaginer, comme l'a rappelé Nasser Bourita.

Trois questions à Aymeric Chauprade : "Ce serait intelligent de la part des Algériens de négocier un accord gagnant-gagnant"
* Après le verdict du Conseil de Sécurité, peut-on dire que c'est la fin officielle du conflit ?

- La Résolution 2797 du Conseil de Sécurité est un immense succès pour le Maroc et un tournant historique. Jusqu'à présent, le Maroc avait gagné la bataille des Etats. Par un travail patient et acharné de plus de 25 ans, il avait amené les deux tiers des Etats du monde sur sa position, à savoir la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental dans un cadre d'autonomie. Ce qui est nouveau c'est que cette stratégie est maintenant validée par l'ONU qui abandonne le cadre poussiéreux de la Guerre froide dans lequel ce conflit était gelé depuis des décennies. La majorité est claire et forte et il n'y a aucun veto de la part de l'un ou plusieurs des 5 membres permanents. Maintenant, est-ce à dire que le conflit est terminé ? Le Maroc a gagné la bataille politique mais si l'Algérie s'obstine dans le déni géopolitique et historique, ce n'est pas la responsabilité du Maroc ! Les dirigeants algériens vont devoir prendre leurs responsabilités. Peuvent-ils continuer à soutenir le Polisario et refuser la voix de la sagesse ? Nous le saurons bientôt.


* Le scénario du PKK en Turquie est-il envisageable pour le Polisario ?

- Il est difficile de dire ce que le Polisario va devenir. Il peut choisir une voie réaliste consistant à abandonner directement son objectif illusoire de construction d'un petit Etat faussement souverain car dans les mains d'Alger, au profit d'une sorte d'organe de négociation des intérêts des populations sahraouies des camps qui ne sont pas encore intégrées dans la province autonome du Sahara marocain. Mais je pense que son sort sera décidé à Alger. Soit Alger va continuer à l'utiliser comme un outil de « perturbation » géopolitique, soit il va le « débrancher » purement et simplement au profit d'un « deal » avec Rabat permettant à l'Algérie d'obtenir, par exemple, des facilités d'accès sur l'océan Atlantique. Vous parlez du PKK, ce qui est vrai c'est que les exemples abondent dans l'Histoire mondiale de mouvements politiques d'abord adeptes de la violence et du terrorisme et qui se sont transformés en organes de négociation.

* La Résolution peut-elle ouvrir la voie à la réconciliation maroco-algérienne sous parrainage américain ?

- J'ai trouvé le discours de Sa Majesté Mohammed VI très beau, sans aucun triomphalisme ni aucune arrogance. Beaucoup de hauteur et de simplicité. Le Roi tend la main à l'Algérie, et il s'adresse au président Tebboune comme à un frère. C'est élégant et intelligent car si l'on veut être constructif, il faut aider l'adversaire à ne pas perdre la face plutôt que le piétiner dans son échec. L'Algérie a perdu le combat politique. Le Maroc lui tend la main. Ce serait intelligent de la part des Algériens de négocier un accord gagnant-gagnant pour les deux pays et de tourner la page du conflit du Sahara. Mais « est-ce possible » compte-tenu de la nature même du régime algérien, de la psychologie et de l'idéologie de ses dirigeants et de la fragilité interne aussi du régime algérien ?

Trois questions à Mohamed Badine El Yattioui : "Pour le Maroc, il y a des aspects négociables sauf les attributs de sa souveraineté"
* Quelle lecture faites-vous de la Résolution du Conseil de Sécurité ?

- C'est un pas significatif et historique. Nous avons désormais une reconnaissance pleine et entière de la centralité du plan d'autonomie par le Conseil de Sécurité. Ce qui permettra de clore un conflit qui n'a que trop duré pour la simple raison que le processus politique est cerné exclusivement dans le cadre de l'initiative marocaine.

Le plan d'autonomie tel que présenté par le Maroc en 2007 est désormais considéré comme la base de la solution par l'organe le plus important des Nations Unies. La Résolution écarte définitivement la chimère du référendum d'autodétermination qui n'a jamais été applicable d'un point de vue juridique et pragmatique. Le réalisme a finalement prévalu.

* Concernant les négociations, quels sont les aspects qui seront négociables du point de vue marocain ?

- Pour le Maroc, tout sera négociable sauf les attributs de sa souveraineté et les compétences régaliennes comme la sécurité, la politique étrangère et tout ce touche à la souveraineté au sens large. Le reste demeure négociable. On parle de décentralisation et de gestion autonome à travers des assemblées locales. Tout cela fera l'objet d'une discussion politique et juridique. La balle est désormais dans le camp du Polisario qui, pour l'instant, rejette la Résolution du Conseil de Sécurité et, par conséquent, le droit international dont il se revendique sans cesse.


* Quelle forme prendra le mandat de la MINURSO et quel sera le sort du Polisario ?
- Aujourd'hui, la MINURSO est vidée de sa substance conformément à la volonté de l'Administration américaine. C'est une coquille vide car le Conseil de Sécurité demande un rapport en six mois bien que son mandat soit prolongé d'un an. Je pense que la mission n'a plus lieu d'être à partir du moment où le plan marocain est reconnu comme la base unique de la solution. C'est la clôture d'un chapitre qui dure depuis 1991. Le front séparatiste se retrouve maintenant dans une situation inextricable avec d'éventuelles scissions au sein du mouvement sur la trajectoire à suivre. Il y en aura ceux qui voudront négocier et d'autres qui pourraient se radicaliser davantage.

C'est la fin du front tel qu'on la connaît depuis plus de 50 ans. Tout dépend de l'attitude algérienne. Si Alger lâche le Polisario, ce sera son arrêt de mort du moment qu'il sera privé de soutien logistique et diplomatique. Dans le cas inverse, l'Algérie risquerait d'être en dehors de la légalité internationale si elle continue de soutenir le front au moment où l'escalade n'est plus possible.


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