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CESE : L'écrasante majorité des micro et petites entreprises peinent à croître (Rapport)
Publié dans L'opinion le 12 - 11 - 2025

Dans une étude consacrée aux défis des micro, très petites et petites entreprises (micro/TPE/PE), le Conseil économique, social et environnemental (CESE) tire la sonnette d'alarme sur la fragilité d'un secteur pourtant vital pour l'économie nationale. L'institution plaide pour l'adoption d'un "Small Business Act" marocain afin de soutenir la croissance, la modernisation et la résilience de ces structures.
Le Conseil économique, social et environnemental vient de publier une étude approfondie sur « Les défis des micros, très petites et petites entreprises au Maroc : croissance, modernisation et développement », réalisée à la demande de la Chambre des conseillers. Ce rapport dresse un constat préoccupant : les micros et petites entreprises, bien qu'omniprésentes dans le tissu économique, peinent à jouer pleinement leur rôle dans la création de valeur et l'emploi.

Les micros, très petites et petites entreprises représentent plus de 98 % des sociétés formelles dotées de la personnalité morale, et assurent 56 % des emplois déclarés dans le secteur privé. Pourtant, leur contribution au PIB et aux dynamiques productives demeure limitée.

L'étude relève que seulement 0,2 % des micro-entreprises ont réussi à évoluer vers le statut de TPE ou de petite entreprise entre 2017 et 2022, un chiffre révélateur du blocage structurel qui freine leur croissance. En parallèle, les défaillances d'entreprises continuent d'augmenter : 15 658 faillites ont été enregistrées en 2024, dont la quasi-totalité concerne des TPE.

Des freins persistants à la croissance

Le CESE identifie plusieurs facteurs expliquant cette vulnérabilité. D'abord, la faiblesse du capital humain et managérial : beaucoup d'entrepreneurs se lancent par nécessité, sans formation adéquate ni vision stratégique. L'innovation et la digitalisation restent marginales, tandis que la dépendance au marché local limite l'expansion.

L'accès au financement demeure un obstacle majeur. Les dispositifs publics de crédit profitent encore peu aux plus petites structures, et l'accompagnement non financier — conseils, mentorat, encadrement — reste fragmenté et insuffisant. S'y ajoutent les contraintes externes : l'accès restreint aux marchés, la concurrence de l'informel, les lenteurs administratives et surtout les délais de paiement, qui asphyxient la trésorerie de milliers d'entrepreneurs.

Pour un "Small Business Act"

Face à ces constats, le CESE recommande l'instauration d'un "Small Business Act" marocain, inspiré de modèles internationaux, pour établir un cadre juridique et institutionnel favorisant le développement des petites entreprises. Ce texte permettrait de réserver une part des marchés publics à ces structures, d'assurer un accès prioritaire au financement et de simplifier les procédures administratives.

Le Conseil préconise également la création d'une instance nationale indépendante chargée du suivi et de l'évaluation des politiques publiques dédiées aux micro et petites entreprises. Cette structure assurerait la cohérence des interventions entre les différents acteurs — ministères, agences, régions — et garantirait une meilleure visibilité des résultats.

Former, accompagner, alléger

Le renforcement des compétences entrepreneuriales est au cœur des recommandations. Le CESE appelle à élargir l'offre de formation destinée aux porteurs de projets et à intégrer l'éducation entrepreneuriale dans les programmes scolaires et de formation professionnelle.

Sur le plan fiscal, le Conseil plaide pour une évaluation à mi-parcours de la réforme en cours, afin d'alléger la charge pesant sur les plus petites unités et de restaurer la confiance avec l'administration fiscale.

Enfin, l'étude insiste sur la nécessité de réviser les dispositifs d'accompagnement et de financement, en privilégiant une approche intégrée : diagnostic, conseil, financement et suivi post-création.


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