À l'écart des terrains mais au cœur du récit visuel, l'illustrateur et artiste 3D basé à Beyrouth, Ali Alchall, a choisi de revenir sur certains temps forts de la Coupe d'Afrique des nations 2025 à travers une série de créations graphiques diffusées sur ses réseaux sociaux. À partir des matchs de la phase de groupes, l'artiste a mis en images des joueurs, des scènes et des récits qui, selon lui, ont marqué cette édition du tournoi. Dans une publication Instagram accompagnant ses dessins, Ali Alchall explique sa démarche : saisir, par le trait et la composition, des instants emblématiques d'une compétition qu'il suit avec attention. L'AFCON, organisée traditionnellement tous les deux ans, occupe à ses yeux une place singulière dans le paysage du football international, tant par son intensité que par la diversité des histoires qu'elle produit. « J'ai vraiment apprécié cette édition, ce qui m'a donné envie de dessiner certains de mes moments, joueurs et récits préférés issus de la phase de groupes », écrit-il, situant son travail à mi-chemin entre chronique sportive et interprétation artistique.
Les illustrations publiées s'inscrivent dans une esthétique expressive, caractéristique du travail d'Alchall. Spécialisé dans l'illustration, le design graphique et la création 3D, l'artiste revendique une pratique transversale, mobilisant aussi bien le dessin que la modélisation et l'animation pour donner forme à des moments vécus ou observés. Dans le cas de l'AFCON, le sport devient un matériau narratif, traité comme un ensemble de scènes chargées d'émotions, de tensions et de symboles.
Mais cette relecture artistique s'accompagne également d'une prise de position critique. L'artiste dit sa déception face à la décision des instances africaines de faire passer la Coupe d'Afrique des nations à un rythme quadriennal à partir de l'édition postérieure à 2028. Un choix qu'il met en perspective avec l'évolution du football mondial, dominée selon lui par une inflation de compétitions organisées par l'UEFA et la FIFA. Dans son message, Ali Alchall dénonce un déséquilibre croissant : alors que les instances européennes multiplient les tournois et les matchs, principalement pour des raisons économiques, l'AFCON, elle, voit sa fréquence réduite.