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Télégramme
Publié dans L'opinion le 16 - 08 - 2012

On les appelle toujours « Dèf Allah », ces gens qui frappent à la porte d'une maison inconnue où ils partagent un repas qui n'a été prévu pour personne.
Ces invités de Dieu qui tombent en panne à Mannesmann ou à Bab Ftouh existent toujours dans la tradition marocaine malgré l'urbanisation sauvage que des paysagistes fantaisistes n'arrivent pas à maîtriser.
Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, à Casablanca, la ghoula disait la cinéaste Farida Belyazid, la tradition de bienvenue à « Dèf Allah » existe toujours.
Un automobiliste venant de Rabat s'est retrouvé sur la route de Aïn Sebaâ avec un pneu crevé. Après avoir rangé son véhicule sur le bas côté de la route périphérique, il trouva refuge auprès d'une famille pour une nuit, dont le frère aîné avait assisté à la scène dramatique du voyageur noyé dans le flot de voitures dont une seule ne s'est pas arrêtée, malgré un signe ostentatoire de détresse.
A l'heure de la société citoyenne et responsable, il est réconfortant d'apprendre que les nôtres n'ont pas perdu leur dimension humaine et leur sens de solidarité dans un « moujtamaâ » menacé par des cadences inquiétantes où le sens de l'urbanité a tendance à disparaître.
Mais une chose est sûre : dans bien des villes et villages, des citoyens continuent à tendre la main à « Dèf Allah », à « Oulad Bab Allah ». stop.
Quelle idée de mettre du halal partout ! Qu'on propose de la viande halal chez Koutoubia ou fel mansouria, c'est concevable. Mais qu'on vende maintenant de la soupe de poisson ou de vermicelle à la sauce tomate en sachet comme on vend la soupe Knor au pistou, avec la mention « Halal »... voilà qui fait sursauter. Du coup, on s'interroge sur un éventuel poisson qui serait haram ! Le requin peut-être à cause de ses morsures mortelles ou le bourri pêché par des pêcheurs du dimanche. Quant au vermicelle, heureusement que celui vendu dans l'épicerie ne précise pas si il est Halal ou haram. Le mot halal n'est pas une marque de fabrique, c'est un choix qui se respecte tout simplement. stop.
C'est un artiste de renommée qui anima autrefois les nuits de la corniche de Casablanca quand la ville disposait de la plus grande piscine d'Afrique, qui découvre subitement la précarité. N'ayant plus de quoi payer un loyer qui l'a foudroyé ces derniers temps, il s'adressa tout bonnement à « Dar Al Ajaza », cet asile de vieux qui se fout de vieux os, dans une atmosphère paisible, croyant qu'on accepte le premier désespéré qui se présente. Mais à la fin du questionnaire d'usage, on lui expliqua que son cas n'était pas acceptable, parce que la maison des vieux ne prenait que des sans famille même s'ils n'ont pas lu Hector Mallot qui a écrit le célèbre « Sans famille ». La directrice de Dar El Ajaza, une femme polie et civilisée, lui a dit, sans détour, que tant qu'il avait encore de la famille, des proches parents, on ne pouvait pas l'inscrire, même pas sur la liste d'attente. Question : qu'a-t-on prévu pour les artistes qui arrivent en fin de carrière sans ressources, un bout de tunnel qui provoque des secousses ? stop.
Quelle idée de conseiller à un diabétique de faire le Ramadan qui donne toujours mal aux dents – voir l'assaut chez les dentistes – quand on s'empiffre de m'hancha et de loukoum version darkoum sans modération. Ainsi, on entend des hommes en blanc dire à un malade qu'il peut jeûner s'il a moins de 3 grammes de glycémie... Aberrant, disent de vrais spécialistes, les premiers de la liste dont il faut suivre les conseils.
Il faut savoir que des gens malades - cancer, diabète ou autres - suivent le rythme du Ramadan comme tout le monde même s'ils mangent et boivent de l'eau du robinet qui n'est pas douteuse comme on l'a dit ces dernières semaines. L'important, aurait ajouté le baron Pierre de Coubertin, « c'est de participer ». Des malades qui se sont piqués à midi, sont presque dans le même état de fatigue et de somnolence, en fin d'après-midi, que le jeûneur qui s'est privé de tout dans la journée.
Ne pas faire le carême n'est pas un crime pour le malade qui fait le Ramadan dans sa teneur spirituelle. Quant au toubib ould Lahbib, il devrait s'abstenir de dire à un malade qui seul en connaît le risque de faire ou de ne pas faire le jeûne pour les jeunes ou les moins jeunes. stop.
Les échos de la vie carcérale. 2,5 milliards de dirhams pour améliorer la vie dans les prisons. Cette enveloppe de taille arrive au moment où des parlementaires ont mis la main dans le cambouis après les alertes publiées dans la presse.
La Délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion a mobilisé un budget de 2,5 milliards de dirhams pour arrêter son plan quinquennal 2012-2016 visant l'amélioration de l'univers carcéral et l'humanisation des conditions de détention.
Rappelons que la promiscuité dans des cellules prévues pour 2 et qui abritent plus de 4 personnes, n'arrange pas les choses.
Le rapport note également le lancement des études préliminaires visant la construction de cinq établissements pénitentiaires alternatifs dans les environs de la ville de Rabat, dont la capacité d'accueil ne dépassera pas 1 300 lits chacun, en plus de la mise en place d'un programme visant à mettre fin à l'utilisation des prisons de Aïn Kadouss de Fès, Sat village de Tanger, Boulmharez de Marrakech, Sidi Saïd de Meknès et des prisons locales d'Oujda et Sefrou.
Enfin, le Maroc est l'un des rares pays à l'Est comme à l'Ouest où un chef d'Etat se rend en personne dans une prison pour s'enquérir des conditions d'internement comme on l'a vu à Oukacha dernièrement. Une visite symbolique qui prend toute sa portée en plein mois de privation. stop.
Gerets paie donc ses impôts et pas un pot à Zaghnoun qui offre noun... la suite nous dira s'il paie son billet pour Bruxelles.
Les feuilles de choux d'ici veulent tout savoir avant les gazettes avides de piètres manchettes. stop.
Dix-sept millions de dirhams pour le cimetière modèle de Tanger. Une bonne nouvelle pour la ville du Détroit dont les morts commençaient à être à l'étroit avec les 7 cimetières dans un état peu réjouissant, disent les anciens tanjaouis dont les plus célèbres de Rabat sont le brave tanjaoui du kiosque non loin du Biarritz où Réda Guedira prenait son breakfast de bonne heure avec Ziani de l'UMB, et l'autre tanjaoui dont le café de la Nakaba est toujours ouvert. Quand le syndicat sans reliquat organisait les concerts avec Ould Zahra Blal, notre Satchmo, originaire lui aussi de Lalla Meknabech comme Vigon.
Le cimetière de Tanger qui va disposer d'une enveloppe, nous rappelle qu'il y a toujours un cimetière pour les chiens, les chats et les oiseaux qui ont faussé compagnie à leur maître ou maîtresse. Le cimetière animal de Tanger n'existe pas dans d'autres villes pour préserver la mémoire des défunts qui ne veulent pas mettre fin à leur légende. stop.
Encore des voix non autorisées qui parlent au nom des habitants de la capitale. Comme celles de ceux qui veulent une révision des prix de location du terrain «exploité» par l'American School, un visage du patrimoine de l'Education de Rabat qui existe depuis les années 50, du temps de «La Guinguette» sur l'avenue Madame Gascar, disent les vieux mdinis, le Bowling de Madame Macias, «Le Breguet» du Balima et autre Cocorico, l'ancêtre de Jour et Nuit, dans le quartier du «compartiment fumeurs».
200.000 DH... c'est ce qu'on demande à l'American School comme loyer annuel. Ce qui est stupéfiant pour l'American qui nous rappelle la révolution des sixties avec les groupes de Los Angeles et de New-York. Les mêmes qui veulent ruiner cette école, demandent le départ de REDAL... qui ont confié la gestion des déchets, après la fin des haricots avec Veolia, à une société qui fabrique des bennes... Comme si on pouvait remplacer un prestataire international par un fabricant de bennes qui donnent mauvaise haleine. stop.
Qui a dit que le pays de Cheikh Hamad Ben Khalifa ne s'occupait que de foot, frou frou et enseignes de prestige ?
Le Qatar a décidé d'apporter un soutien financier de 2 milliards de dollars à l'Egypte, en proie à de graves difficultés économiques, a annoncé samedi l'agence officielle égyptienne Mena. L'annonce a été faite à l'issue d'une rencontre au Caire entre le président Mohamed Morsi et l'émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani. Le soutien du Qatar prendra la forme, selon Mena, «d'un dépôt de deux milliards de dollars, auprès de la banque centrale égyptienne», dont les réserves en devises ont fortement diminué depuis la chute du président Hosni Moubarak. stop.
Le militant anti-raciste Mouloud Aounit, décédé le 10 août, l'un des apôtres de la marche des beurs en 1983, où des Maghrébins ont osé lever la tête sous François Mitterrand, sera enterré à Aubervilliers et non à Bobigny, comme on l'avait pensé. Ce militant de choc, ex-élu du Conseil régional de l'Île-de-France, chevalier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite.
Dans la même semaine, on a appris la mort d'un autre polack, au service de la démocratie française, Michel Polac, une lumière de la télé des années 70, symbole de l'insolence intelligente et non pas le bêtisier gratos des Ruquier qui rit avant d'en raconter de fausses drôles. stop.
Syrie. Quand «France 24» ou «I télé» nous montrent un char arrêté par des rebelles, c'est une info bidon à côté des monstruosités commises par Bachar El Fassad qui fait du nez à ses frères arabes. On nous sert du pipeau pour cacher le drame que vivent des populations. stop.


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