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Il y a cinquante ans, De Gaulle échappait à l'attentat du Petit-Clamart
Publié dans L'opinion le 22 - 08 - 2012

Il y a cinquante ans, le mercredi 22 août 1962 au Petit-Clamart, le général Charles de Gaulle échappait de peu aux balles d'un commando de douze partisans de l'Algérie française lors de l'attentat le plus abouti contre le premier président de la Ve République.
Après l'échec du putsch des généraux à Alger en avril 1961, le général de Gaulle, surnommé "la grande Zohra" par l'OAS, sera la cible de dizaines de complots ou d'attentats manqués jusqu'au dernier en mai 1965.
22 août 1962, fin d'après-midi. Le général de Gaulle vient de présider le Conseil des ministres et s'apprête à regagner La Boisserie à Colombey-les-deux-églises (Haute-Marne) pour la fin de ses vacances.
Il quitte l'Elysée à 19h45 pour l'aéroport militaire de Villacoublay où l'attend un hélicoptère qui doit le conduire à Saint-Dizier (Haute-Marne), à 80 km de Colombey.
L'ancien chef de la France Libre et son épouse, Yvonne, sont à l'arrière d'une DS 19 noire banalisée, conduite par un gendarme, Francis Marroux. Devant, à droite du chauffeur, est assis leur gendre et aide du camp du général, le colonel Alain de Boissieu.
Derrière le véhicule présidentiel, roule une seconde DS 19 noire, avec deux "gorilles" (gardes du corps) et un médecin. Deux motards ferment le convoi qui quitte Paris par la porte de Châtillon et s'engage sur la nationale 306 à 90 km/h.
20h10, le convoi s'approche du rond-point du Petit-Clamart (Hauts-de-Seine). Au bord de la route, dans une Simca 1000, un homme agite un journal au passage du cortège. Jean-Marie Bastien-Thiry, polytechnicien, ingénieur militaire, et chef du commando, vient de donner le signal de l'opération "Charlotte Corday".
"C'était tangent", dira le général de Gaulle
Les conjurés, dans une Estafette Renault jaune et un peu plus loin dans une ID 19, tirent des rafales de fusils-mitrailleurs et de pistolets-mitrailleurs en direction de la voiture présidentielle. Au total, 150 balles sont tirées, raconte Jacques Delarue, spécialiste de l'OAS, dans le "Dictionnaire de Gaulle" (Robert Laffont).
"A terre, père", crie Boissieu à de Gaulle. Une vingtaine de balles frappent la DS 19. Plusieurs touchent les roues, d'autres traversent la voiture, certaines à la hauteur des têtes des de Gaulle. Un des motards de l'escorte retrouvera une balle fichée dans son casque. De nombreux impacts seront relevés sur les immeubles et les vitrines des magasins.
Francis Marroux, qui conduisait déjà la DS présidentielle lors de l'attentat manqué à la bombe du 8 septembre 1961 à Pont-sur-Seine (Aube), accélère malgré les pneus crevés et gagne dix minutes plus tard Villacoublay. "C'était tangent", dira le général de Gaulle.
L'enquête progresse très rapidement. Moins d'un mois plus tard, tous les conjurés, présents ou non au Petit-Clamart, sont identifiés, neuf sont arrêtés et six entrent dans la clandestinité, certains pour de longues années. Deux seulement échapperont à la justice.
Arrêté le 17 septembre, Bastien-Thiry comparait avec huit autres conjurés devant la Cour militaire de justice en janvier 1963. Quatre condamnations à mort sont prononcées, dont une par contumace. Deux condamnés sont graciés par le général de Gaulle.
Bastien-Thiry, 35 ans, père de trois petites filles, est passé les armes le 11 mars 1963 à l'aube au Fort d'Ivry. Il reste le dernier fusillé en France.
Le 20 septembre 1962, rappelle Jacques Delarue, le général de Gaulle annonce son intention de modifier la Constitution "pour assurer la continuité de l'Etat" en cas du décès du président de la République.


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