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Le Maroc de l'engagement
Fête de l'indépendance
Publié dans L'opinion le 17 - 11 - 2012

Le peuple marocain célèbre aujourd'hui, 18 novembre, la fête de l'indépendance. Cette commémoration intervient alors que notre peuple se trouve engagé, sous la conduite éclairée de SM. le Roi Mohammed VI, dans la mise en œuvre du processus de modernisation du pays, s'appuyant en cela sur les différentes réformes engagées aux plans politique, institutionnel, économique et social.
Ainsi, le Maroc indépendant s'apprête aujourd'hui à s'engager dans la voie de la régionalisation pour doter les différentes régions de larges compétences afin de parvenir à atténuer les disparités qui existaient entre différentes régions sur tous les plans.
Dresser un bilan exhaustif et objectif de ces cinquante-sept années d'indépendance nécessite des études et des analyses approfondies, car l'accession à l'indépendance signifiait l'engagement d'une bataille rude et sur tous les plans.
C'est le Grand Jihad. Un combat qui a été souvent couronné de succès, mais a enregistré aussi des échecs.
En tous cas, le Maroc d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui de 1955. De l'étape de la libération engagée par feu Mohammed V en parfaite symbiose avec le peuple, le Maroc a connu celle de l'édification sous le règne de feu S.M Hassan II et aujourd'hui c'est un Maroc nouveau qui est en train d'être bâti par S.M. Mohammed VI : le Maroc de la liberté, de la démocratie, des Droits de l'Homme, de la justice sociale et de la citoyenneté.
Les cinquante-sept années d'indépendance étaient celles du combat pour relever les grands défis auxquels le Maroc devait faire face depuis 1955 : parachever l'intégrité territoriale, établir la démocratie politique, économique et sociale, assurer le développement et le progrès du pays et l'émancipation des citoyens.
La commémoration du 57ème anniversaire de l'Indépendance intervient au moment où notre pays vit une ère nouvelle sous le règne de S.M. le Roi Mohammed VI. Elle intervient aussi au moment où la question de la réalisation du changement et du redressement constitue l'une des aspirations fondamentales du peuple qui désire voir le gouvernement apporter les solutions qui s'imposent aux problèmes dont souffre notre pays
L'indépendance a été acquise au terme d'une longue et âpre lutte, au cours de laquelle des martyrs sont tombés sur le champ d'honneur et de lourds sacrifices ont été consentis par toutes les couches populaires. 57 années après notre accession à l'indépendance, il est de notre devoir de nous demander si les buts visés par la lutte pour l'indépendance ont été réalisés.
En effet, l'indépendance en elle-même n'était pas une fin, mais avant tout un moyen pour assurer le progrès économique et social du pays et pour donner au peuple l'occasion de s'épanouir et de fixer ses choix politiques, économiques et sociaux, à travers des institutions représentatives élues de façon démocratique et jouissant de la crédibilité et de la confiance populaire.
D'ailleurs, la lutte pour l'indépendance qui était intimement liée à celle pour la démocratie et l'intégrité territoriale, ne pouvait se concevoir sans ces deux fondements.
Pour le peuple marocain, la journée du 18 novembre est une occasion de se remémorer les luttes passées et de planifier l'action à venir, sans toutefois oublier le présent.
Pour le Maroc, la lutte pour l'indépendance a revêtu un caractère populaire, enthousiaste et global et a mobilisé l'ensemble des Marocains, riches et pauvres, jeunes et moins jeunes.
Le combat des Marocains, Roi et Peuple, ne se limitait pas à réclamer l'abrogation du traité du Protectorat et le départ du colonisateur, mais visait, outre le recouvrement de l'indépendance politique, l'unification totale du pays que les puissances coloniales avaient dépecé et divisé en une mosaïque de zones d'influence, ainsi que l'instauration de la démocratie conformément aux aspirations de notre peuple, et ce, dans le cadre de la Monarchie constitutionnelle.
Aussi, le combat ne prit-il pas fin avec le retour triomphal d'exil de feu Mohammed V et de la Famille Royale le 16 novembre 1955 et la proclamation solennelle de l'indépendance deux jours plus tard, mais il s'est poursuivi – et il se poursuivra encore – pour la récupération des autres parties du territoire national encore sous domination étrangère et pour la consolidation des fondements de la démocratie politique et économique, seule à même de garantir la liberté, la dignité et le bien-être des Marocains et de maintenir toujours vivaces cet élan et cet enthousiasme dont le peuple marocain a toujours su faire montre, que ce soit à Zelaka, à Oued El Makhazine, à Anoual ou lors de la Marche Verte et dont il détient, seul, le secret.
Cette attitude à rester constamment mobilisé, cet élan et cet enthousiasme pour défendre farouchement, et quel qu'en soit le prix, ses valeurs, ses institutions sacrées et sa liberté, cette générosité d'âme et ce courage légendaire et maintes fois prouvé, cette cohésion et cette faculté à s'unir et à répondre à l'appel du devoir national chaque fois que les circonstances l'exigent, ont fait que le Maroc a toujours pu surmonter les plus grandes difficultés et triompher de ses ennemis les plus farouches, les plus puissants et les plus obstinés.
Ces mêmes vertus constituent aujourd'hui et constitueront pour toujours les meilleurs atouts du Maroc dans les étapes futures de son combat pour le parachèvement de son intégrité territoriale, la préservation de son indépendance et de sa souveraineté et l'édification d'un avenir prospère.
En accédant à l'indépendance en 1955, le Maroc se trouvait dans une situation dramatique : son territoire démembré et usurpé, son économie ruinée et mise presque exclusivement au service des puissances coloniales, sa culture dénaturée et aliénée. Bref, le Maroc, nouvellement indépendant, devait presque tout recommencer à zéro et entamer la grande bataille, la plus dure. Et c'est ainsi que dès l'accession à l'indépendance en 1955 – considérée d'ailleurs comme imparfaite – le peuple marocain a entrepris un combat acharné pour récupérer ses provinces spoliées. Ce fut d'abord la zone Nord sous occupation espagnole, ensuite Tanger qui avait un statut international, puis Tarfaya en 1958 et Sidi Ifni en 1969.
L'Armée de Libération était parvenue à libérer une grande partie du Sahara marocain, mais l'opération Ecouvillon l'a empêchée d'atteindre son objectif. Mais le Maroc n'a pas pour autant renoncé à la revendication de ses territoires occupés.
Lorsque notre pays a récupéré ses provinces sahariennes qui étaient sous domination espagnole, après la glorieuse Marche Verte et en conformité avec les règles du droit international, l'Algérie s'est dressée contre les droits du Maroc, et lui a livré une guerre par mercenaires interposés.
Dans de cette guerre, le Maroc a remporté une victoire éclatante. En effet, les FAR ont pu neutraliser les agresseurs et aujourd'hui les populations du Sahara vivent en paix et participent en toute quiétude à l'œuvre de développement de ces provinces.
D'ailleurs, pour parvenir à une solution négociée, juste et durable du dossier du Sahara, le Maroc a proposé un plan d'autonomie interne pour les provinces du Sud. Il appartient à l'Algérie de saisir cette opportunité pour prouver sa bonne foi.
Donc, sur le plan du parachèvement de notre intégrité territoriale, le processus engagé depuis 1956 suit son chemin et atteindra les objectifs escomptés grâce à la détermination et à l'esprit de sacrifice dont fait preuve le peuple marocain.
Le combat se poursuivra pour libérer les territoires qui restent encore sous domination étrangère, notamment ceux occupés au Nord par l'Espagne (Sebta, Mellilia et les Iles Jaâfariyine).
Sur le plan économique, ces années d'indépendance ont été marquées par un effort non négligeable pour sortir du sous-développement et pour réaliser le progrès et l'épanouissement des citoyens. Ce combat n'est pas du tout facile, car le Maroc souffre de problèmes structurels et de ceux, hérités, résultant de l'application de certaines options en matière économique et sociale qui ont accentué les disparités sociales et régionales et contribué à la prolifération du chômage, à l'accumulation et l'aggravation de la dette extérieure et à la détérioration du pouvoir d'achat des couches populaires.
Notre pays éprouve aujourd'hui un besoin pressant d'introduire des réformes politiques, économiques et sociales dans les domaines de l'enseignement, de la justice, de l'agriculture, de la santé, de l'habitat, de l'industrie, de la formation des cadres, des finances, de l'administration, etc. Il doit lutter contre le chômage, notamment parmi les lauréats des universités, et combattre les différents fléaux qui rongent la société marocaine.
Le Maroc aurait pu mieux faire. Mais, si on parvient à tirer les leçons du passé et à éviter les erreurs commises au niveau de la gestion des affaires publiques, le Maroc pourra brûler les étapes, car il a tous les atouts pour le faire et dispose de possibilités et de facultés dont sont dépourvus d'autres peuples.
La richesse principale de notre peuple réside dans ses hommes et femmes qui sont capables de réaliser des miracles et dans l'unanimité du peuple autour de son Roi qui a entrepris de grandes réformes et œuvre pour la consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit. L'objectif fondamental demeure la réalisation de l'indépendance économique et culturelle et la sauvegarde de notre indépendance politique par la libération des territoires encore spoliés, le renforcement de la démocratie et l'instauration de la justice sociale.
En établissant la démocratie véritable, on crée, en réalité, toutes les conditions nécessaires à la consolidation de l'indépendance.
La démocratie est le rempart naturel devant le déviationnisme et le roc sur lequel se brisent tous les complots tramés contre le pays. Aussi, en approfondissant la pratique de la démocratie, on donne à l'indépendance son sens profond et sa signification réelle.
C'est la meilleure garantie pour construire l'avenir et relever les défis de la mondialisation et ceux du 21ème siècle.
C'est aussi le cadre dans lequel doit être édifié le Maroc nouveau et moderne, le Maroc des grands chantiers de développement.


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