Le frère de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, Mohamed Cheikh, a qualifié de "violation flagrante du droit international" la décision d'interdire à lui et à son père, Ismaili Moulay Salma Ould Sidi Mouloud, l'entrée en territoire algérien. Cette interdiction "met à nu l'Algérie" du point de vue aussi bien juridique qu'humain, a-t-il souligné dans une déclaration à la MAP à son arrivée, mardi, à l'aéroport de Madrid-Barajas en provenance de l'aéroport d'Alger où il a été retenu pendant plus de 20 heures, dans des conditions dégradantes, en compagnie de son père. Mohamed Cheikh, qui préside le Comité d'action pour la libération de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud (CALMS), a indiqué que l'interdiction d'entrée en territoire algérien "leur a été signifiée clairement, mardi matin, par des responsables sécuritaires algériens, sans fournir aucune explication sur cette décision". "Cette décision honteuse de ne pas nous permettre de visiter notre famille dans les camps de Tindouf nous pousse à nous interroger sur le sort de nos frères séquestrés dans ces camps et qui sont à la merci de l'Algérie", a-t-il fait observer. Il a affirmé que leur visite en Algérie n'avait d'autre objectif que de rencontrer l'épouse et les enfants de Mustapha Salma, faisant savoir que les habitants des camps de Tindouf attendaient avec joie cette visite, avant d'être frustrés par cette décision injustifiée des autorités algériennes. Le frère de Mustapha Salma a souligné, en outre, que cette initiative prouve que l'Algérie, "en violation flagrante du droit international, interdit et permet à sa guise l'entrée aux camps de Tindouf et que nos frères Marocains ne se trouvent pas dans des camps de réfugiés mais de séquestration". Il a relevé que cette interdiction ne les découragera pas, soulignant qu'ils ne ménageront aucun effort pour se rendre dans les camps de Tindouf afin de soutenir la famille de Mustapha Salma et s'enquérir de sa situation. Mohamed Cheikh a indiqué, par ailleurs, que le sort de Mustapha Salma demeure inconnu depuis son enlèvement par les milices du polisario, le 21 septembre dernier, en dépit de l'annonce par le "polisario" de sa libération, notant que "notre interdiction d'entrer en territoire algérien démontre également que c'est bel et bien l'Algérie qui séquestre mon frère". Le CALMS avait indiqué, lundi dans un communiqué, qu'il "porte à la connaissance de l'opinion publique internationale et des organisions de défense des droits de l'homme sa décision d'aller à Tindouf en Algérie pour rendre visite à l'épouse et aux enfants de Mustapha Salma". Le comité a exprimé sa "préoccupation quant au sort de Mustapha Salma dont l'état de santé se détériore de jour en jour, et la vie est en danger suite aux blessures dont il a été victime lors de sa poursuite par les milices du +polisario+ qui lui ont tiré dessus". Il a interpellé également toutes les consciences vives pour faire pression sur l'Algérie et le "polisario" afin de libérer Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, permettre à sa famille de le contacter par téléphone et lui rendre visite dans le lieu de sa détention. Le militant Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud avait été enlevé le 21 septembre dernier par les milices du polisario alors qu'il se rendait aux camps de Tindouf pour rejoindre sa famille, au seul motif d'avoir exprimé son opinion favorable à la proposition d'autonomie proposée par le Maroc, en tant que solution crédible et sérieuse pour parvenir à un règlement définitif du conflit artificiel autour du Sahara, rappelle le Comité.