Après sept ans de procédures, la justice a définitivement clos l'affaire des présumées malversations à l'Université Mohammed V de Rabat. La Chambre criminelle d'appel a prononcé l'acquittement total de l'ancien président et de l'ensemble des coprévenus, lundi 29 décembre à Rabat. Après une odyssée procédurale s'étendant sur près de sept années, l'affaire de la gestion présumée frauduleuse au sein de l'Université Mohammed V de Rabat a trouvé son épilogue. L'instance d'appel de la capitale, par l'intermédiaire de sa Chambre criminelle spécialisée dans les crimes financiers, a prononcé un verdict retentissant, soldant par un acquittement général les poursuites engagées contre l'ancien président de l'institution universitaire et l'ensemble des coprévenus. Ce dénouement met un terme définitif à une saga judiciaire qui avait captivé l'attention de la sphère publique et académique. L'origine de cette vaste instruction se trouve dans un rapport accablant émanant de la Cour des comptes. Ce document, dont les observations initiales remontent à près de sept ans, avait mis en exergue des irrégularités flagrantes dans l'attribution et l'exécution de marchés publics. Les soupçons portaient notamment sur le détournement de deniers publics et la falsification de documents officiels. Les projets incriminés concernaient des infrastructures majeures, telles que l'édification du siège de la présidence, la construction d'une bibliothèque universitaire et l'aménagement d'un institut d'études hispano-portugaises. Lire aussi : Marrakech : Trois ans de prison pour le cerveau d'une escroquerie au « mercure rouge » L'ampleur des malversations alléguées était chiffrée à un montant global avoisinant le milliard de dirhams. Les griefs soulevés par l'organe de contrôle financier étaient multiples et précis, incluant des paiements anticipés substantiels, des incohérences manifestes entre l'état d'avancement des travaux et les sommes effectivement décaissées, ainsi que des modifications non justifiées des plans initiaux. Ces éléments avaient constitué le socle des poursuites engagées contre une cohorte de mis en cause, parmi lesquels figuraient, outre l'ancien président, des ingénieurs, des entrepreneurs et divers cadres administratifs et techniques. L'aboutissement de cette procédure fut précédé par une audience marathon de huit heures, tenue la semaine dernière, durant laquelle le tribunal s'est livré à un examen exhaustif des débats. Les plaidoiries de la défense, visant à démonter la matérialité des infractions, et les réquisitions du ministère public ont été passées au crible. La décision finale de la Chambre criminelle, rapportée par le quotidien Al-Akhbar dans son édition du mercredi 31 décembre, a donc consacré l'innocence des prévenus, qui comparaissaient libres tout au long du processus. L'acquittement de l'ensemble des parties impliquées marque ainsi la clôture d'un dossier emblématique, mettant en contraste la sévérité des accusations initiales avec l'issue judiciaire définitive.