Après sept années de sécheresse, le Maroc entame 2026 sous de meilleurs auspices hydriques. Mais derrière la reconstitution des réserves des barrages, les inondations illustrent l'exposition accrue aux aléas climatiques. De Ksar El Kébir à Sidi Kacem, vigilance et solidarité restent de mise. L'année 2026 s'annonce comme une année exceptionnelle. D'après le ministre de l'Equipement et de l'Eau, M. Nizar Baraka, le Maroc est finalement sorti de sept années de sécheresse. La politique menée par Feu Sa Majesté le Roi Hassan II à la fin des années 60 n'a cessé de prouver le génie du souverain marocain. Aujourd'hui, le Royaume chérifien dispose de 156 grands barrages avec une capacité supérieure à 20,8 milliards de mètres cubes. Par ailleurs, 16 autres barrages sont en cours de construction, selon une déclaration du ministre en juin 2025 lors d'une conférence-débat organisé par Medias24. À ce jour, le taux de remplissage global des barrages a atteint 61,2 %, avec près de 10 258,8 millions de mètres cubes, selon Maa Dyalna, plateforme d'information publique mise en place par le ministère de l'Equipement et de l'Eau. En effet, le barrage Bouregreg affiche un taux de remplissage de 93,3 %, celui du Tensift atteint 82,5 %, le Sebou s'établit à 79,7 %, le Loukkos à 78,3 %, le Guir-Ziz-Rheris à 58,7 %, le Souss-Massa à 53,7 %, la Moulouya à 52,3 %, l'Oum Er-Rbia à 34,6 %, et enfin le Drâa-Oued Noun à 32 %. Les données traduisent un double sentiment de soulagement et de préoccupation sociale, ravivé par les inondations de Ksar El Kébir et l'alerte en vigueur. La ville de Ksar El Kébir incarne tragiquement cette dualité. Située au nord du Royaume, elle a été confrontée à une montée rapide des eaux de l'oued Loukkos, conjuguée à un cumul pluviométrique dépassant 600 mm depuis septembre, selon l'Agence du bassin hydraulique du Loukkos, provoquant une situation critique. À cela s'est ajoutée la saturation du barrage Oued El Makhazine, dont le volume stocké atteint 672,8 millions de m3, rendant nécessaires des lâchers d'eau contrôlés qui ont accru la pression sur les zones riveraines. Face à cette urgence, les autorités locales et nationales ont déclenché une mobilisation massive depuis une semaine, alliant prévention, évacuation et assistance, suite aux Hautes Instructions de S.M. le Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d'Etat-Major général des Forces Armées Royales (FAR). Lire aussi : Sidi Kacem : Poursuite des évacuations face à la montée des eaux de l'Oued Sebou Evacuations, prévention et solidarité face aux risques Plus de 20.000 personnes ont ainsi été évacuées des quartiers exposés vers des centres d'hébergement sécurisés par les FAR. Les interventions des différentes autorités marocaines, appuyées par une forte solidarité citoyenne, ont permis de limiter les pertes humaines. Parallèlement, des mesures préventives ont été déployées, entre barrières de sable, curage des canaux, pompage renforcé et suspension temporaire de la circulation sur certains axes routiers. Par mesure de précaution, la sécurité des élèves a conduit à la suspension des cours dans plusieurs provinces du nord, dont Ksar El Kébir, Chefchaouen, Tétouan, Al Hoceima et Ouezzane, avec un recours provisoire à l'enseignement à distance. De surcroît, dimanche 1er février dans la province de Sidi Kacem, les autorités ont également privilégié l'anticipation. L'institution de protection sociale « Dar Taliba », située dans la commune rurale d'Al Haouafate, a accueilli environ 75 personnes issues des douars riverains de l'Oued Sebou, notamment Lahmidiyine, Laazib, Souk El Jemaa et Oulad Amrane. Selon son directeur, Idriss Moumen, cette opération est menée en étroite coordination avec les autorités locales, qui ont assuré l'appui logistique nécessaire. Les familles bénéficient d'un hébergement sécurisé, de services de restauration et d'un encadrement sanitaire incluant des consultations médicales et un suivi des personnes vulnérables.