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Boycott et surenchère désastreuse
Publié dans Maroc Diplomatique le 05 - 06 - 2018


Par Hassan Alaoui
Voilà donc l'une des premières et non des moindres conséquences de sept semaines ou plus de boycott revendiqué contre Danone Centrale Laitière, Oulmès-Sidi Ali et Afriquia. Si l'on en croit certaines sources officieuses, quelque 885 employés en CDD ( Contrat à durée déterminée), et même plus sans doute, seront ou sont licenciés par Danone, sans que l'on puisse leur trouver une autre issue dans un contexte extrêmement douloureux . Il faut réaliser que chaque personne concernée nourrit en moyenne pas moins de 5 membres de sa famille. Soit 4425 « bouches » au total qui sont dans l'hypothèse de marginalisées et dans la précarité absolue.
On ne compte pas non plus la retombée inquiétante d'une décision froide de la même Centrale laitière de réduire de 30% sa collecte de lait brut auprès de paysans et des petits agriculteurs. Pour la grande majorité d'entre eux, ils ne vivent que de ce commerce fragile. Ils sont quelque 120.000 à écouler leur production et alimenter une grande part du marché. Autant dire que le sort, mais surtout la main noire de l'homme s'abattent sur cette catégorie sociale, victime d'un mouvement que d'aucuns – dans leur aveuglement criminel – croient justifier par des facéties. Le total des victimes de cette décision pourrait atteindre plus de 600.000 personnes.
Si jusqu'à nouvel ordre, les deux autres groupes, Afriquia et les Eaux minérales Oulmès se sont gardés de chiffrer publiquement leurs pertes – considérables apparemment -,ils n'en demeurent pas moins ciblés et discriminés, tandis que leurs concurrents dans le domaine, saisissent l'aubaine pour se faire une meilleure santé ou conquérir des pans bénits d'un marché désormais livré à la règle de la confusion. D'autant plus insaisissable que le gouvernement y perd le pied pour ne pas son latin...
Ils sont nombreux à prendre le train en marche et jubiler même à l'idée que le boycott va enfin réguler le marché au profit des classes démunies, à tout le moins réduire les disparités, estimer à tort ou à raison que l'arme du boycott est le modèle de lutte pour imposer les revendications des citoyens et infléchir le pouvoir, comme aussi les riches. Phénomène mondial inédit, qui a une propension à se répandre comme une traînée de poudre, le boycott est présenté comme « l'arme des sans armes et des pauvres » !
Or, c'est faux ! Abstraction faite de la dimension marchande, contingentée par la spéculation, le boycott peut être l'objet de manipulations et devenir l'arme, dangereuse, à laquelle recourent tous les groupes ou les individus en compétition dans une activité donnée. En ce sens que la concurrence sans merci justifierait presque tous les coups bas. L'espionnage industriel et les guerres commerciales n'en sont que la face émergée d'un immense iceberg où se croisent voire s'affrontent les intérêts.
C'est d'autant plus faux encore, pour ce qui est du Maroc, que ce boycott brutal a d'entrée de jeu ciblé en priorité trois groupes qui ne sont pas les seuls en leur domaine à produire et commercialiser l'eau, le lait et le gazoil. Les prix pratiqués et affichés par leurs concurrents, qualité oblige, ne varient pas énormément d'une marque à l'autre. Et puis, il y a cette implacable donnée constatée sur le terrain dévoyé du boycott : la majorité des boycotteurs de la base ne consomment ni l'eau, ni le gazoil mis en question. Autant dire que la classe ouvrière – si tant est que ce terme puisse avoir encore de nos jours une signification – reste la plus exposée, la plus frappée.
Les 120.000 éleveurs, objets principaux de la très drastique mesure de Centrale Danone, gonfleront le chiffre des chômeurs livrés à la surenchère des boycotteurs, alors que le groupe, en collaboration avec la Fimalait ( Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Lait) et le gouvernement, mettait en place une politique de couverture médicale pour la moitié d'entre eux. Centrale Danone est une multinationale, implantée au Maroc depuis plusieurs décennies, développant un modèle de partenariat unique en son genre, employant des milliers de personnes, directes ou indirectes. Elle veille sur ses marges comme le « lait sur le feu », scrupuleusement ! Elle ne craindrait pas le cas échéant pour son statut comme le feraient et le font déjà les éleveurs auprès desquels elle collecte le lait.
Sur le plan des conséquences, personne ne mesure le désastre économique, social et familial de ce boycott sans nom et sans visage sur cette catégorie d'employés décapités brutalement.


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